‹ Lettres de M. OlierChapitre 197 sur 226 · A MADAME TRONSON, AU PÉRAY · texte numérisé non relu

A MADAME TRONSON, AU PÉRAY

Il la presse de prendre du repos et de se conserver pour Dieu a qui elle appartient.

[Octobre 1650.]

Ma très honorée fille en Jésus-Christ Notre-Seigneur,

Je vous prie au nom du Fils de Dieu de vouloir user du temps qu’il vous donne à la campagne pour re-

(1) Sur l’autographe.

mettre un peu ce pauvre corps qui appartient à Jésus- Christ. Si vous avez le soin de conserver votre petite chapelle parce qu’elle appartient à Dieu, souvenez-vous que votre corps est le temple du Saint-Esprit qu’il vous confie et qu’il commet à votre soin, non pas pour en user comme d’une chose vôtre, mais d’une chose qui est sienne. Je serais bien aise qu’en ce temps de vacances vous fissiez comme nos petits frères du séminaire, et que vous voulussiez dormir plus qu’à l’ordinaire pour rafraîchir et tempérer votre sang, que je sais qui est fort échauffé. Vous seriez ainsi en état de reprendre vos exercices avec plus de vigueur, au jour de la Toussaint ou de la Saint-Martin. Peu de temps comme celui-là obvierait à beaucoup de langueur que je prévois sur vous, si vous ne prévenez le mal. Soyez donc, je vous prie, huit heures au lit par pénitence, et vous mortifiez dans la peine que ce conseil et prière vous donnent. Je crois que vous ne refuserez pas cela à Jésus-Christ Notre-Seigneur qui vous demande ce soin pour lui. Vous ne le refuserez non plus à la dévotion qui souffre et souffrira de votre infirmité. Et ne le refusez pas enfin à celui qui au nom de l’un et de l’autre vous le demande avec le cœur que Jésus- Christ Notre-Seigneur nous donne; qui est, comme vous savez, tout vôtre, et qui veut être en son Dieu pour jamais, Madame et très chère en Notre-Seigneur,

Votre très humble et très obligé serviteur.

Olier.

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