‹ Lettres de M. OlierChapitre 199 sur 226 · A LA MÊME, AU PERAY · texte numérisé non relu

A LA MÊME, AU PERAY

Il la console sur quelque nouvelle afniction et l’exliorte à s’unir à

Jésus-Christ qui a voulu souffrir l’attaque du démon, au désert,

pour nous mériter la force de bien user des tentations.

[Fin novembre 1650.]

Ma très chère fille en Notre-Seigneur,

Je me vois obligé de partir pour aller voir Mmo la Princesse qui est à l’extrémité, à laquelle je ne peux et ne dois refuser ce juste devoir en son dernier besoin, surtout après m’en avoir fait avertir (2). Je ne sais si j oserai vous demander M. de Saint-Perrier (3) pour quelques jours, pour l’employer en quelque service de Notre-Seigneur, au cas que cela n’incommode point monsieur l’abbé, votre frère.

M. de Bretonvilliers me dit hier ce que je croyais bien sur votre sujet. J’eusse désiré avoir l’occasion de vous témoigner combien je suis fâché des rencontres de votre affliction, et néanmoins combien je révère Dieu qui permet au malin cet exercice qui, malgré lui, sera la purgation de votre cœur, la force de votre vertu et 1 établissement parfait de Nctre-Seigneur en vous. Allez toujours croissant en la retraite intérieure en Dieu où toutes ces attaques et ces agitations vous rappellent. Dites à Dieu souvent, avec Jésus-Christ au désert, qui

(1) Sur l'autographe.

(2) On trouvera plus loin quelques détails sur la mort de la princesse douairière.

(3) M. de Saint-Perrier, dont il est encore parlé ailleurs, faisait sans doute fonction de chapelain ou de vicaire au Péray.La présence de M. Antoine de Sève lui permettait de s’absenter pour quelques jours.

doit être votre vertu et votre modèle tout ensemble : Expectabam eum qui salvum me fecil ü pusillunimitcite spirilus et tempestate. Adorez beaucoup l’état du Fils de Dieu livré aux puissances malignes, usant de ces assauts à votre décharge et pour vous mériter la force et la grâce d’en user saintement. J’eusse désiré vous donner une ouverture pour monsieur votre fils, je ne pensais pas vous tant écrire.

Olier.

LETTRE CLXXVIÏI (1).

PROBABLEMENT A MADAME DE ROCHECHOUART , PRIEURE DU COUVENT DE SAINT-DOMINIQUE, A MONTARGIS (2) .

II forme le souhait que la vie de Notre-Seigneur règne pleinement dans le cœur de toutes les religieuses de sa communauté et que tout esprit contraire en soit banni.

[il décembre 1650.]

Qui a Jésus a tout.

Madame très chère et très honorée en Notre- Seigneur,

Je ne puis assez vous témoigner la paix et la joie de

(1) Sur l'autographe que la CCXXIL des imprimées reproduisait en

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