A UNE DE SES FILLES SPIRITUELLES
II lui parle de la manière de s’occuper utilement en la fête des saints.
[Vers la même époque (3).]
Ma très chère fille.
Ce serait une chose bien sainte pour vous, et que
(1) C’est un fragment de la précédente que l’éditeur de 1672 y avait joint à raison de la similitude des matières traitées, la dévotion envers les saints, et aussi peut-être parce que chaque lettre eût été un peu courte. Mais il est aisé de voir que M. Olitr, dans cette partie, ne parle plus à la
même personne. ....
(2 et 3) Probablement Mme de Saujon avec laquelle M. Olier était alors
je souhaiterais fort pour votre âme, que, dans les jours des saints, votre cœur s’ouvrît à eux, afin que vous fussiez en communion avec eux de leur dévotion , et de leur vie intérieure et divine. Ne savez-vous pas qu’après la jouissance de Dieu en Jésus-Christ, la communion des saints est le plus grand bonheur que l’on puisse posséder dans le ciel, et que Dieu veut bien que les siens commencent cette communion sur la terre? Qu’il est doux, pendant le cours de l’année, d’aller se plonger de saint en saint, dans ces douces et heureuses fontaines de grâce!
Que c’est une chose sainte de goûter en chacun leur esprit et leur vie , d’entrer en leurs opérations intérieures, et dans leur occupation envers Dieu, envers Jésus, envers Marie et envers tous les saints, et d’entrer dans tous les devoirs de sainteté qu’ils rendent à Dieu, et dan s tous les actes de piété qu’fis exercent envers 1 Église ! Je vous appelle là, en attendant que je vous en sollicite de vive voix, ce qui m’est une consolation non pareille. Toutes les choses que je vous dixai me seront autant d exhortations pour moi-même. Car je me sens toujours le premier appelé à ce que je vous demande : et il me semble que je n’ai point fait mon devoir, ni satisfait à toute mon obligation, quand vous n êtes pas participante en esprit de ce que je dois à Dieu et à son Église.
en rapports journaliers. La dernière phrase surtout convient parfaitement à celte dame.
La date assignée n est qu’approximative et peut être antérieure de quelques mois à la date réelle.
LETTRE CXGV (1).
A MADAME TRONSON
En attendant qu'il puisse l’entretenir de vive voix il Int souhaite d'être anéantie en elle-même et revêtue de Jésus-Christ.
[De Paris, 17 juillet 1651 (2).]
Qui a Jésus a tout.
Ma très chère et très honorée fille en Notre- Seigneur,
Je vous remercie des bontés que vous avez de nous écrire et nous faire savoir de votre intérieur, pour lequel je ne cesserai point de prier afin qu’il plaise à Dieu vous faire la grâce de vous fortifier, pour faire le saint usage qu’il vous demande dans vos peines. Yous m’en direz mercredi le détail à loisir, ne voyant pas que personne doive venir que vous, qui puisse vous dérober le temps que vous me demandez (3). Soyez en attendant anéantie devant Dieu avec saint Alexis, et priez la bonté de Dieu qu’il consomme et absorbe en lui ce qui peut être propre en vous, et qui peut donner lieu au malin de vous faire la guerre. Jésus revête, s’il lui plaît, votre fond et qu il
(1) Sur l’autographe.
(2) C'est le jour de la fête de saint Alexis, dont M. Olier propose l'exemple à Mme Tronson : cette fête, en 1651, tombait un lundi.
(3) Les Mémoires deM. Olier parlent de cet entretien sous la date du 19 juillet 1651, et nous apprennent qu’il eut pour objet de calmer la trop grande application que cette bonne mère donnait aux aflaires de sa famille, ce qui l’empêchait d’user parfaitement des grâces de choix que Notre-Seigneur lui faisait.
ne laisse aucun accès à sa malignité pour troubler votre paix et votre joie.
Je suis en Notre-Seigneur et maître, ma très chère fille, votre très humble et très obéissant serviteur.
Olier.