SON ORAISON
Son oraison était continuelle ; il s’élevait incessamment à Dieu dans toutes ses actions, et il ne pouvait souffrir la conduite de ceux qui, sous prétexte de s’être un peu recueillis le matin, passent le reste du jour, sans presque penser à Dieu.
Quelque continuelle que fût son application à Notre- Seigneur, il ne laissait pas pour cela d’y donner un temps réglé tous les jours. Depuis qu’il eut fait profession particulière de servir Dieu, il n’omit jamais de faire une heure d’oraison tous les matins, quelques affaires qu’il eût. Trois ou quatre ans après il y en ajouta une demi-heure le soir; et dans la suite il se trouva si attiré à ce saint exercice , que ne se contentant pas d’y employer réglément deux heures tous les jours, il y consacrait encore aux grandes fêtes tout le temps que les autres obligations indispensables lui laissaient de libre. Et son amour pour l’oraison alla jusqu’à ce point, que les jours de repos et de récréation n’étaient pour lui que des jours de prière. On l’a vu ordinairement dans ses pèlerinages, qui ont été très fréquents, passer les huit et dix heures du jour, à genoux, et immobile aux pieds des autels.
Enfin le jour lui paraissant trop court pour cette aimable occupation, il y donnait très souvent une grande partie de la nuit, et môme les nuits entières.
LA YIE DE M. OLÏER.
qu’il passait devant le très saint sacrement de l’autel. 11 faisait tous les ans les exercices spirituels, et il était si soigneux de ne rien perdre de ces jours de salut, que n ayant pu les faire pendant deux années à cause des travaux continuels des missions, la troisième année il fit trois retraites de dix jours en six semaines de temps. Et il en usait de même pour les oraisons oïdinaires, les faisant fidèlement dans un autre temps si des affaires pressantes l’avaient empêché d’y vaquer aux heures qu’il y avait destinées.