‹ Lettres de M. OlierChapitre 33 sur 226 · SA MANIÈRE DE CONDUIRE LES AMES · texte numérisé non relu

SA MANIÈRE DE CONDUIRE LES AMES

Cette défiance de son propre esprit était récompensée d’une discrétion et d’une prudence toute céleste dans la conduite des âmes : sa lumière était admirable pour discerner les desseins de Dieu sur elles, pour leur marquer au juste les voies dans lesquelles elles devaient marcher, et pour leur découvrir tout ce qui pouvait mettre obstacle à leur avancement.

Il prenait si bien son temps pour les avis qu’il avait A donner, que ses paroles portaient toujours leur coup et n’étaient jamais sans effet. Souvent même par un don extraordinaire de Dieu il a pénétré le fond des cœurs et a déclaré à des personnes qui le consultaient des pensées qu’elles avaient eues, quoiqu’elles fussent fort singulières, et qu’elles ne les eussent communiquées à qui que ce fût.

Une jeune demoiselle (1) qui s’était résolue par son conseil d’entrer aux Carmélites, étant allée au Cours (2), fut extrêmement ébranlée dans sa résolution, le démon lui ayant mis dans l’esprit qu’elle pourrait bien se sauver dans le monde. Dès le lendemain matin M. Olier, à qui Dieu avait fait connaître sa tentation, lui dit sans qu’elle lui parlât de rien : Ma fille, il n’est pas question si vous vous sauverez aussi bien dans le monde que dans les Carmélites, il s agit d’accomplir la volonté de Dieu. Ce qui fit une si grande impression de grâce sur ce cœur ébranlé, que dès le lendemain,

(1) MueMarthe du Vigean, qui mourut au Carmel le de 42 ans et de religion 18.

(2) Le Cours-la-Reine.

25 avril 1G05, âgée

sans balancer davantage, elle entra dans cette maison religieuse.

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