‹ Lettres de M. OlierChapitre 35 sur 226 · SON ESPRIT DE PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

SON ESPRIT DE PAUVRETÉ

Bien qu’il eut des revenus considérables il n’en usait pour soi qu’avec une extrême réserve : il quitta dès l’année 1634 son train et son carrosse, et ne garda pas même un cheval. Il allait souvent en charrette jusqu’au lieu de ses missions, et il ne faisait point de difficulté de passer ainsi dans les lieux où il était le plus connu et où il y avait le plus de monde.

Pour le maniement de ses biens et le soin de sa personne, il s’en reposait sur un autre, et recevait ce qu’on lui donnait, sans rien demander. Son esprit de

pauvreté ne s’étendait pas seulement sur ce qui le regardait en particulier, mais encore sur sa communauté.

Il lui a été facile d’engager des plus riches de Paris à donner à son séminaire des sommes considérables, mais jamais il ne l’a fait : et il était si éloigné de le faire, qu’une personne qui avait de grands biens et qui les voulait employer à de bonnes œuvres, lui en offrant une partie pour sa communauté, il lui conseilla de différer, et d’attendre que Dieu manifestât davantage sa volonté là-dessus. Il ne se lassait point de dire à ses ecclésiastiques que souvent on travaillait trop pour agrandir et enrichir les communautés, et trop peu pour les sanctifier : et qu’ainsi on les ruine en les voulant établir. Car Dieu permet , disait-il, que puisqu’on veut de la terre et de Cor , on en ait : mais il retire son esprit , qui est le plus grand trésor qu’on puisse avoir , et même quelquefois il permet que tout périsse, au lieu que si on songeait dans les maisons à y établir Jésus-Christ, Jésus- Christ y établirait tout le reste.

Page 1