‹ Lettres de M. OlierChapitre 37 sur 226 · DE SES AUTRES VERTUS · texte numérisé non relu

DE SES AUTRES VERTUS

J’aurais encore beaucoup de choses à dire sur sa mortification, sur sa douceur, sur sa patience, sur l’amour qu’il avait pour la croix, et sur quantité d’autres vertus qu’il a pratiquées dans un degré très éminent : mais les lois d’un abrégé ne me permettent pas de rien dire davantage, et je crois aussi que ce que j’ai dit suffit pour faire connaître l’étendue de sa grâce et l’éminence de sa perfection. Celui qui fera réflexion sur ce qu’il lira dans cette vie et qui considérera que depuis que M. Olier s’est donné au service de Notre-Seigneur, il n’a jamais cessé de soutfrir, avec une patience infatigable, mille sortes de peines et de travaux pour la gloire de Dieu, et qu’il a passé sa vie dans les exercices les plus rigoureux de la pénitence ; qu’il a été dans une abnégation universelle de soi-mème, et dans une mort continuelle à toutes les créatures, pour ne vivre qu’à Dieu ; qu’il a enduré avec une résignation parfaite et une fidélité toujours constante des maladies très fréquentes et très longues , des persécutions étranges de la part d’une infinité de personnes, des peines inexplicables de la part de Dieu pendant plus

de huit ans, et qu’au milieu de tant d’obstacles il est venu à bout de réformer le faubourg de Saint-Germain, et d’en faire d’un cloaque d’horreur une paroisse très réglée, de former en ce même temps une grande communauté d’ecclésiastiques, d’établir en France plusieurs séminaires, et d’envoyer des missionnaires jusque dans le nouveau monde, et cela en très peu d’années : celui, dis-je, qui fera quelque attention à ces choses conclura aisément que Dieu a donné à M. Olier des grâces extraordinaires, et que ce saint prêtre a possédé l’esprit de Jésus-Christ dans un degré très éminent.

C’est pourquoi je ne m’étendrai pas davantage : j’avertirai seulement le lecteur qu’on n’a rien avancé dans ce récit touchant ce grand serviteur de Dieu, dont on n’ait été informé par des personnes très dignes de foi, qui sont encore vivantes, ou qui n’ait été tiré des mémoires qu’a laissés un ecclésiastique, qui a passé une partie de sa vie avec lui, et qui a été témoin de la plupart de ses actions.

On a dit peu de chose des écrits de M. Olier, parce qu’ils sont entre les mains de toutes les personnes spirituelles, et que l’onction qu’ils portent dans les cœurs fait assez voir que ce sont des productions de l’esprit de Dieu, de même que les ouvrages d’A Kempis, de Blosius, de saint François de Sales et de M. de Dernières : nous les conseillons à tous ceux qui se veulent établir dans la solidité des vertus chrétiennes.

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