LETTRE V
AÜ CUEF DE LA JUSTICE DU LIEU, il lui porte plainte contre le fermier île l’abbaye de pebrac.
[Pébrac, juillet 1634 (2).]
Monsieur, je suis attaqué dans l’abbaye par un fermier qui mécontente tous messieurs les religieux et qui use de grandes supercheries contre moi, duquel, Monsieur, si je reçois la loi, je ne puis plus m’assurer d’au-
(2) Le concordat d’union fut signé à Pébrac, le 24 juin 1634, entre M. Olier et l’abbé de Cbancelade ; mais le fermier de l’abbaye, qui n’eût pas trouvé sous la réforme les avantages dont il jouissait dans l’état actuel, prévint l’esprit des religieux contre le traité. C’est pour se plaindre de sa conduite déloyale que M. Olier écrivit au juge du lieu la lettre suivante dont la date approximative est donnée par celle du traité. ( Vie deM. Olier, t. I, p. 109.)
cune voie pour gagner mes religieux, ni être maître en l’abbaye. J’espère que M. du Treuil ou M. Morin (1) vous doit faire entendre le sujet de plainte que j’ai contre lui, qui m’oblige d’avoir recours à vous, Monsieur, comme à une justice plus prompte, étant une affaire qui mérite accélération. Je suis si peu entendu aux. affaires que je n’ose vous parler du particulier, me contentant, Monsieur, de me présenter à vous pour en recevoir la justice et vous supplier de trouver bon que je vous offre seulement ce que ma condition m’apprend, qui sont les sacrifices et chétives prières d’un très humble serviteur.
Olier.
LETTRE YI (2).
A UN RELIGIEUX DES ENVIRONS Qu’lL AVAIT PRIS POUR GUIDE DE SA CONSCIENCE.
il s'excuse de partir et de «imiter l’Auvergne sans le voir auparavant.
[Pébrac, vers la lin de septembre 1634.]
Mon révérend Père,
Vous pouvez penser quelle privation ce me peut être de me voir obligé de retourner à Paris sans avoir le
(1) Parmi ceux qui déposèrent en 1698 au procès de la canonisation de la vénérable mère Agnès, on remarque Jean Morin, bourgeois de Langeac et sieur d’Aubiat, chez lequel logeait M. Olier en 1634, lorsqu’il allait à Langeac visiter la mère Agnès. Cette circonstance permet bien de soupçonner que c’est encore à ce charitable bourgeois qu’il recourut quand il eut besoin de se faire recommander auprès du juge dont dépendait son affaire. ( Vie de la mère Agnès, édit, de 1863, t. II, p. 259.)
(2) Sur l’autographe, qui n’a ni date, ni signature, ni suscription. « Cette
bien de vous voir et vous plonger mon intérieur dans le vôtre. C’était ce qui me portait avec le plus de joie à passer un temps notable auprès de vous pour me fortifier en Notre-Seigneur et me corriger de mes fautes. Ce sera, s’il plait à Dieu, pour un autre temps, car j’espère de revenir au printemps en ces quartiers où Notre-Seigneur m’ouvre une grande porte pour le servir. Recommandez, en attendant, mon corps et mon âme à Notre-Seigneur.