LETTRE XXXVI
II lui écrit sur ie directeur qu’il lui avait donné et auquel elle ne pouvait prendre confiance (2).
[11 mars 1639.]
Qui a Jésus a tout.
Ma très chère fille ,
Je ne puis vous celer les sentiments que je ressens pour ce qui vous regarde et les désirs que j’ai de votre perfection. Il faut, ma très chère fille, continuer et croître de jour en jour en pureté vers Dieu et en simplicité, ne désirant purement que lui plaire et, dans l’exécution de vos œuvres unies à Jésus-Christ, ne vous attendre à aucune tendresse pour les exécuter, mais à la seule foi. Vivez ainsi et ne doutez de rien, au contraire attendez tout de Dieu.
Ma très chère fille , si vous avez quelques besoins pressants, écrivez au R. P. Chauveau, car ayant communiqué à notre Père général (3), il m’a dit que cela serait bien, non seulement pour vous, mais pour toute la maison, m’ordonnant toutefois de ne vous point délaisser, mais quelquefois par an de vous écrire. Et ce qui fait voir la providence divine dans le choix de ce saint personnage, c’est que madame votre princesse (4) l’approuve fort et le désire, m ayant
(1) Sur l’autographe. •
(2) Il s’agit toujours deM. Basseline, théologal de Vannes, dont il a été parlé plus haut (1. XXXI, note 2).
(3) Le père de Condren, général de l’Oratoire.
4) Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevrault, que M. Oiier avait visitée en revenant de Bretagne. (Vie de 31. Oiier. t. I, p. 220.)
aussi prié de vous servir autant que je pourrais; ce que je ferai, très chère fille, autant que je vivrai, ne pouvant être davantage à créature que notre Tout me donne à vous, qui suis de tout le cœur tout vôtre.
Olier.
Priez aussi souvent pour votre pauvre père qu’il le fait pour sa très chère fille; ce sera tous les jours de ma vie qui sera toujours pleine de consolation en votre souvenir.
A Paris ce 41e mars 1G39.