PROBABLEMENT A LA SOEUR DE YAULDRAY
Il l’exhorte à se rapprocher cordialement de celles de ses sœnrs qui ont pu lui causer de la peine et s’excuse de l’avoir lai-méme inquiétée, en voulant, pour son bien, la placer sous uu autre directeur.
[Paris, premiers mois de 1639.]
Ma très chère fille,
Je suis chargé, de la part de M. M. (3), de vous demander pardon de tout ce qui s’est pu passer de différend
(1) Elle faisait partie de la CCXXIVe parmi les imprimées.
(2) L’autre partie de la CCXXIV0 était adressée à la mère de Bressand, et Ton ne voit pas pourquoi deux lettres si différentes par leur teneur ont été unies ensemble. Autant celle-ci convient bien à la sœur de Vauldray, qui se trouvait dans une communauté divisée, autant elle convient mal à la mère de Bressand dont toutes les sœurs vivaient dans la plus parfaite union.
(3) Ces abréviations données par l’éditeur de 1672 semblent indiqura des religieuses de la Régripière avec qui la sœur de Vauldray aurait été en opposition de vues sur quelques points. Les Mémoires de M. Olier, parlant des deux partis qui s’étaient formés dans ce monastère, à la suite de la première visite qu’il y fit, disent que Mme de la Troche se trouvait à la tête de celui qui n’avait pas accepté la réforme et la sœur de Vauldray à la tête des quatorze religieuses qui l’avaient embrassée. ( Vie de M. Olier , t. 1, p. 322 et suiv.)
entre vous. Elles sont, grâces à Dieu, clans toutes les dispositions de bien faire qu’on saurait désirer. Elles ont cru la réconciliation nécessaire, et m’ont donné la commission de les remettre dans leur première intelligence avec vous. C’est de quoi je vous conjure, ma très chere tille : comme aussi de leur témoigner un cœur aussi chrétien, que Jésus-Christ vous l’adonné, et quelles croient que vous l’avez. Très chère fille, répondez à l’estime que Dieu a répandue de votre conversion. Vivez simplement et uniquement avec Jésus, et ne vous convertissez plus vers les créatures, ni vers vous-même, par aucune vue d’amour-propre, qui vous fasse gauchir dans le simple regard que vous devez avoir de votre amour.
Mais, ma pauvre fille, si je vous demande pardon pour les autres, je vous conjure aussi de m’accorder celui que je vous demande pour moi-même. Je sais que je vous ai inquiétée, et que j’ai été cause que Jésus-Christ, que je désire être l’unique objet de vos pensées et de vos affections, ait été privé de plusieurs réflexions que vous auriez faites sur lui, qui désire être votre unique tout. Mais pardonnez à celui qui ne sait comment faire pour l’avancement de sa très chère fille, dont il désire la perfection de tout son cœur. Tl craint de ne la pouvoir assister soigneusement, et il lui veut substituer une personne qui en prenne le soin qu’il doit. D’autre part elle s’afflige qu’on la quitte. Très chère fille, que puis-je faire? Mettez-vous en ma place : dites-moi sincèrement ce que vous feriez. Mandez-moi cordialement ce que je puis faire, très chère fille, et, croyez-moi, je le ferai. Il faut faire pour vous tout ce qui se peut, et vous savez bien que je le désire. Croyezmoi pour l’éternité votre, etc.