A MM. DE L’ASSEMBLÉE DES ECCLÉSIASTIQUES DU I*UY
Il désire et espère les rejoindre bientôt avec M. Meyster, se jugeant
tout à fait incapable de la dignité épiscopale.] Conseils pour [la
réception de ceux qui veulent être de leur Compagnie.
[21 octobre 1639.]
Qui a Jésus a tout.
Messieurs,
Je me sens beaucoup redevable à la miséricorde de
ou de la mort déplorable ou de la chute scandaleuse d une personne connue.
(1) On ignore quelle est la personne que M. Olier désigne par son tempérament mélancolique.
(2) M. Faillon (Fie de M. Olier , t. I, p. 134] reproduit huit sortes de cachets dont on retrouve des empreintes sur plusieurs lettres autographes de M. Olier. C’est avec l’un de ces cachets, qu’il confiait transitoirement au Père maître des récollets, que la mère de Bressand devait fermer la lettre destinée à Mllc de Clisson, si, après l’avoir lue, elle jugeait à propos de la lui remettre.
(3) Sur l’autographe. ,
(4) On a vu (lettre XIVe) que, pendant ses missions d Auvergne, M. Oliei
Dieu de me donner part à votre charité et aux biens qu’elle fait. C’est avec peine que j’en entends parler et que je ne suis pas témoin et présent à l’ouvrage. Je prie Notre-Seigneur qu’il m’en veuille rendre digne et qu’il me fasse cette miséricorde dans le temps qu’il voudra, lequel je ne crois pas être fort éloigné, car nous avons ici M. Meyster qui conserve toujours sa ferveur pour vos quartiers, lequel, après quelque mission que l’on a arrêtée, fait état de vous aller visiter pour travailler dans votre diocèse; auquel j’espère que Dieu me fera la grâce de tenir compagnie, n’ayant point d’autre obligation de demeurer, que lui; ni d autre intention que d’achever quelques missions que notre directeur prétend nous faire rachever de compagnie (1).
avait formé au Puy une compagnie d’ecclésiastiques sur le modèle de celle de Saint-Lazare. Dès qu’ils eurent appris sa nomination à la coadjutorerie de Chàlons, ces messieurs s étaient empressés de lui en exprimer leur joie et l’avaient en même temps consulté sur un point du règlement de Saint-Lazare.
(1) M. Olier parle ainsi des missions que les disciples du père de Condren avaient commencées avec M. Meyster dans le diocèse d’Amiens et qu’ils allaient continuer dans celui de Chartres. Il ne sera pas sans utilité poui 1 intelligence des lettres qui vont suivre d’indiquer les paroisses où se porta successivement, après avoir pris un peu de repos, celle fervente troupe d’ouvriers évangéliques. M. du Ferrier donne à entendre que l'on fit d abord la mission à Maule, aujourd’hui du diocèse de Versailles, etdans lecanlon deMeulan. Il y avait là des scandales à réparer et, conformément à la maxime du père de Condren, les missionnaires allaient d’abord dans les lieux où le besoin était plus grand. Ils demeurèrent à Maule jusqu à la fin de 1 année 1639 et ils y reçurent une lettre que le père de Conclien leur écrivit le 2 1 décembre et où il leur disait : « Quant au lieu où vous devez aller, il me semble que le mieux est de suivre la dévotion des peuples qui vous appelleront, sinon la nécessité que vous reconnaîtrez en quelque lieu. On m’a parlé de Houdan, au delà de Maule, où vous êtes désnes. » (Lelties, édit. Pin, 211). 11 est probable qu’en même temps qu’ils evangeliserent Houdan, quelques-uns d’entre eux firent la mission dans les paroisses voisines. La lettre qui va suivre, et que M. Olier écrivit le
La dignité dont vous me parlez dans la vôtre ne pourra pas me retirer de ma première vocation; bien éloigné des grands talents nécessaires pour l’autre et qui surpassent de beaucoup notre capacité. Je prie Notre-Seigneur qu’il me fasse la grâce de me tenir au nombre de ses moindres petits serviteurs, dans ce saint emploi, et qu’il ne souffre pas que je l’oblige à m’en chasser.
Je vous prie me mander quelles sont les qualités de M. Chappon, duquel vous me parlez dans la vôtre, et me dire cordialement, comme entre confrères, si vous le jugez capable de charge d’âmes; si sa vertu
18 janvier 1640, de la mission de Longnes, le donne bien à entendre. C’est aussi dans les premiers mois de 1640 que les missionnaires allèrent à Marines, aujourd’hui chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Pontoise. M. du Ferrier dit qu’ils y faisaient la mission lorsque Labadie demanda au père de Condren d’aller travailler avec eux, ce que cet homme de Dieu, qui avait reconnu les illusions auxquelles cet esprit chimérique s’abandonnait déjà, lui refusa (Rapin, t. I, p. 538). C’est à Marines, au témoignage de M. de Bretonvilliers , que Notre-Seigneur, pour fortifier M. Olier dans les peines accablantes auxquelles son âme était dès lors livrée, vint en lui sous la forme d’un enfant de feu (Mém. autogr. de M. de Bret. sur M. Olier, t. V, vers la fin). Mais la principale mission de cette année fut celle de Mantes, qui dura plusieurs mois et ne finit que vers la mi-août. Le père de Condren y était attendu, mais il écrivit, le 31 mai, que ses occupations présentes ne lui permettaient pas encore ce voyage. Pendant son séjour à Mantes, M. Amelole, supérieur de la mission, députa trois de ses prêtres, les pères de Mouchi et d’Arcy, de l'Oratoire, et M. de Sainte-Marie, auprès de l’archevêque de Rouen, François de Harlay, alors dans son château de Gaillon. Le prélat les accueillit avec beaucoup de faveur et fit délivrer dans les formes, sous la date du f 8 août, des lettres de recommandation fort honorables à leur société. (Lettres ms. du père Amelote.) Il se fit sans doute encore quelques autres missions durant cette première campagne, mais elles n’eurent pas l’importance de celles qui viennent d’être mentionnées. Après les avoir terminées, les missionnaires rentrèrent à Paris et se retirèrent à Saint-Maur des Fossés, où ils vécurent en communauté jusqu’à la Septuagésime de l’année suivante, époque où ils reprirent leurs missions dans le diocèse de Chartres. (Vie de M. Olier, t. I, p. 235.)
est à l’épreuve pour l’exposer à cet emploi, car je pourrais lui procurer occupation si vous l’en jugiez digne, et sans ce témoignage je ne le voudrais faire, craignant d’en rendre compte devant Dieu (t). Pour le recevoir en votre Compagnie cela dépend de votre conduite, Messieurs, mais l’ordre de Saint-Lazare est de ne recevoir aucun religieux, étant une assemblée d’ecclésiastiques qui, d’un même esprit, recherchent d’honorer le sacerdoce du Fils de Dieu sans se partager dans d’autres voies.
Je prie Notre-Seigneur nous vouloir revêtir de son esprit de prêtre pour honorer son Père par toute l’étendue du sacerdoce, par louanges, sacrifices, adorations, vœux, oblations, service du prochain, employant toute la puissance qu’il nous a mise dans les mains pour le servir saintement et son image. Demandez pour moi, Messieurs, qu’il me donne part aux saintes qualités nécessaires à ces divines fonctions, entre autres, grande reverence pour Dieu, grand amour du prochain , grand anéantissement de moimême et une mort entière pour ce monde ; sans quoi je n oserai jamais me dire prêtre, ni. Messieurs, votre très humble et très indigne confrère.
Olier.
A Paris, le 21 octobre 1G39.
(1) Comme abbé de Pébrac, M. Olier avait la nomination à plusieurs cures et c est dans l’une d’elles qu’il aurait pu procurer de l’occupation a ecclésiastique dont il parle en cet endroit et qui n’est pas connu. Ce qu’ajoute M. Olier, au sujet de sa réception dans V assemblée de ceux à qui il écrit, donne lieu de penser qu’il était religieux, ou du moins qu’il 1 avait ete.