‹ Lettres de M. OlierChapitre 91 sur 226 · LETTRE LXVI · texte numérisé non relu

LETTRE LXVI

A LA MÊME SUPÉRIEURE

Il lai parle rte son voyage de Paris et la prie de transmettre la sœur

de Vauldray quelques recommandations relativement à la comma*

nauie de la RCgripière.

[Fin novembre 1641 (2).]

Qui a Jésus a tout.

Depuis la présente écrite, j’ai quitté Chartres pou r m’en venir à Paris (3). En passant par Rochefort (4) , j’y gouvernai à loisir notre sœur de Clisson, et la laissai en assez bonne disposition pour le mépris du monde et l’abandon à Dieu. Elle entrera bientôt à Montmartre, qui est une abbaye proche Paris, avec sa demoiselle, pour la soulager dans son infirmité (5).

J’ai vu en cette ville Mmo de Fontevrault, qui a été extrêmement réjouie d’apprendre les bonnes dispo sitions de ses filles auxquelles elle doit écrire. Elle m ’a

niées, où il serait difficile de la reconnaître, l'éditeur en ayant retranché toutes les particularités.

(1) Sur l’autographe.

(2) Cette lettre fut envoyée en môme temps que la précédente et lui fait suite quoique écrite d’un lieu différent et quelques jours après .

(3) M. Olier ne donne pas les raisons de son prompt départ de Chartres, mais il est très probable que ce fut sur une lettre que M. Picoté, son directeur, lui écrivit pour l'engager à venir conférer avec lui et avec MM. de Foix et du Ferrier, sur la proposition que leur faisait Mma de Villeneuve de s établir à Vaugirard, pour y commencer un séminaire. On voit , en elïet, à la fin de cette lettre, que M. Olier se disposait à se mettre en retraite, ce qui eut lieu dans les premiers jours de décembre 164 1. ( Vie de 31. Olier, t. I, p. 331.)

(4) Il s’agit de Rochefort près de Dourdan (Seine-et-Oise). Cette ville est située sur l'ancienne route de Chartres à Paris.

(5) L abbaye des bénédictines de Montmartre était alors très florissante sous la conduite de Marie de Beauvilliers, qui en était abbesse ; si M lle de Clisson y entra, du moins elle n'y fit pas profession, ainsi qu’on l’a déjà dit plus haut. (P. 132, note.)

témoigné que je n’avais qu’à lui bailler un mémoire pour toutes les choses qu’il fallait faire en cette maison, et qu’elle Teffectuerait de point en point. C’est pourquoi je serais bien aise que vous écriviez à notre s œur de Vauldray, qu’elle voie devant Dieu ce qu’elle pense être plus expédient à la gloire de Notre-Seigneur et de son Père, et qu’elle me le mande au long, et je le proposerai à Madame, et même ce qu’elle pense pour le choix des officières, qu’elle estime, devant Dieu et s éparée de tout esprit particulier, devoir servir fidèlement notre bon Maître. Je pense même qu’il vaudra mieux qu’elle vous l’écrive et vous me l’enverrez. Je doute de lui écrire ceci de peur que ma lettre ne soit vue; c’est pourquoi vous verrez de confier ceci bien sûrement. Cette lettre a été décachetée par moi pour y ajouter ces mots.

J ’ai trouvé bien de la besogne dans notre petite t roupe; car ou Dieu ou le diable semble vouloir éloigner un sujet de cette Compagnie, qui semble vouloir être ou très utile ou très nuisible, selon les diverses faces dont on le voit. Priez beaucoup pour ce sujet et en silence. Recommandez beaucoup cette affaire à Notre-Seigneur, puisqu’elle est sienne (1).

(1) M. Faillon (Vie de M. Olier, t. I, p. 326), après avoir cité ce passage, ajoute que peut-être M. Olier a voulu indiquer M. de Foix. Il est vrai que M. du Ferrier rapporte que cet abbé, à son retour de la Régripière, témoigna à M. Amelote et aux autres 1 inutilité de leur séjour de Chartres, et que ce discours fut improuvé par la Compagnie; mais la suite du récit de M. du Ferrier ne confirme pas celte supposition et fait bien plutôt croire qu’il s’agissait deM. Amelote qui, en effet, se trouva destiné à une autre œuvre. « J'étais en souci, dit M. du Ferrier, de la division en tre nous qui me semblait prochaine dès que M. Amelote reviendrait à Paris. Dans cette peine je m’en allai dans la chapelle de Notre-Dame de sous terre, qui est un des plus saints lieux du monde. Devant cette image dédiée à la sacrée mère de Dieu par les Gaulois... je demandai son secours

J’entrerai en retraite s’il plait à Notre-Seigneur, en peu de jours (1).

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