‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 15 sur 80 · LETTRE X · texte numérisé non relu

LETTRE X

Sur les Visites et les Audiences.

T Orsque vous ne pouvez éviter les A> visites, tâchez d'adoucir votre cœur pour les recevoir plus tranquillement dans Tordre de Disu , comme une croix qui vous sanctifie, et qui soulage les autres, en vous taisant souffrir. On dit d'un grand serviteur de Dieu de ce siècle , que sur la fin de sa vie , sa charité étant arrivée à

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son comble , il se regardoit comme une victime dévouée à l'utilité publique; qu*il se livroit dans cet esprit avec complaisance à tont le monde , et que, ne faisant Tnauvais visage à personne , il se faisoit l'esclave volontaire de chacun poar Famour de celui qui , étant le maître absolu de tous , s'est fait le serviteur de tous. C'est ce maître dont nous apprenons dans l'Evangile , qu'étant pressé par une foule de peuple qui s'approchoit à Penvi de sa personne sacrée , souffroit avec tant de bonté les empressements indiscrets de ce pauvre peuple , et qui disoit : Je sens qu'il est sorti de moi une vertu secrète qui porte ai'ec elle la guéri son.

Une personne bien chrétienne , qui recevroit avec un visage serein et un cœur tranquille tous ceux qui viendroient îa chercher pour leurs intérêts, pratiqueroit une vertu qui guériroit l'esprit de bien des gens , et qui , en les édifiant, les consoleroit dans leurs maux, du moins par la bonté extérieure avec laquelle on paroîtroit y entrer en les écoutant. Un malheureux est à demi- guéri quand on l'écoute : et on est trop heureux quand on neut faire plaisir à un cœur qui souffre.

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