‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 17 sur 80 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

Sur les distractions dans la prière.

VOtre état est bon : aimez Pamour ; chassez la crainte servile : et la crainte .filiale demeure avec la charité : vous vous servirez de la crainte de l'enfer au besoin, lorsque les grandes tentations le dem.anderont.

Il faut que je réponde à l'article de

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vos distractions. Il est vraiqu^il n'y a pas un moment de perdu au temps de la prière , et qu^eile ne doit être remplie que des désirs du Ciel , et des actes fervents de toutes les vertus , pour répondre au torrent des bienfaits de Dieu , à l'obligation que nous avons de le louer sans cesse j et pour satisfaire aux besoins immenses et journaliers de notre ame et de notre corps. Je comprends , Madame , qu'une de vos sensibles peines , c'est l'instabilité de vos pensées ^ la volubilité de votre imagination , et l'accablement nouveau de vos affaires qui viennent vous troubler dans les moments que vous les voulez éloigner. Mais sachez que l'intention sincère de prier , lorsque vous vous mettez effectivement en état de le faire y. soit mentalement , soit vocalement , est une espèce d'attention continuelle qui ne cesse point d'être une vraie prière , par les distractions involontaires. L'intention de prier subsiste , tant qu'elle n'est pas révoquée , ou par une intention contraire, ou par des distractions volontaires , ou par d'autres actes contraires à la prière. Il est vrai que l'attention actuelle de l'esprit et de l'élévation continuelle du cœur à Dieu y ou aux choses de Dieu , est la prière parfaite , et qu'il faut la désirer.

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Mais l'intention de prier, jointe aux soins d'éloigner toutes les pensées contraires quand on s'en apperçoit , et la fidélité à demeurer en la présence de Dieu au lieu de l'oraison , quand on fait ce qu'on peut pour s'unir à Dieu , et qu'on rejette toute autre sorte d'occupation contraire, jusqu'à ce que le temps , destiné à la prière soit accompli , c'est une espèce d'attention moins parfaite, mais qui suffit. Quoiqu'il faille tendre à l'attention actuelle , qui est la plus parfaite , il est constant néanmoins que l'imbéciUlfé de la vie présente ne nous permet pas d'espérer une si forte application à Dieu, que rien ï\e l'interrompe , et ne la traverse. Pendant ces intervalles de distractions involontaires et pénibles , on prie encore^ parce que Pintention , la volonté , l'atten^ îion de la. première espèce , que les théologiens appellent virtusUe , subsiste toujours , puisqu'en vertu de cette première intention , on demeure immobile dans ce qu'on fait, sans s'en détourner volontairement. Cette première et forte attention fait rentrer souvent l'âme dans son divin commerce avec Dieu , la fait gémir dans son instabilité , et rentrer dans ses premières méditations , dans les afFec- JtioBSjeî lui redonne, souvent une nouveilç

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force contre" toutes les importunités , et l'enjflamme des plus vifs mouvements de foi y d'espérance , de charité , d'humililëj etc. Les foiblesses même où la malheureuse nécessité de notre exil présent nou^ fait tomber malgré nous , fournissent souvent à notre ame un nouveau sujet de gémissement et de souffrance ; et ce déplaisir sensible de nous voir séparés de Dieu contre notre gré, est une oraison fort agréable à Dieu, par les actes d'humilité et de soumission qu'il nous fait pratiquer.

Cessez donc , Madame , de regarder le temps comme perdu ; vous ne laisserez pas de prier véritablement , de frapper continuellement à la porte du Père de miséricorde. Tant que vous ns consentirez pas à ces distractions, l'entraînement involontaire de votre imagination , ni l'égarement de vos pensées n'interrompront point le mérite de votre oraison : elle sera toujours un sacrifice de louange, tant que vous ne révoquerez point votre première intention , ou que vous ne tomberez point dans ces négligences , dans ces immodesties si grandes, qu'elles équivalent une renonciation formelle , une indolence , ou un mépris , ou tint dégoût marqué, tel que celui de vos

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courtisans , que vous voyez tous les jours dans la chapelle de Versailles : ils perdent l'intention qu'ils ont peut - être eue de prier, parleur immodestie groisiere, par la liberté de parler et de regarder dans le temps de la messe , et ils profanent le lieu saint , et changent en offense de Dieu , et en scandale le sacriiice de propitiation.

Je vous dirai encore plus pour votre consolation , puisque Dieu vous a bien élevée par sa grâce au-dessus de Tintelligence de ceux dont je vais parler, et qu'il vous a donné une charité plus vive et plus agissante.

Les chrétiens simples , mais fidèles et innocents , qui vont à l'église avec une foi humble et avec l'amour de nos mystères ; qui se tiennent en la présence de Dieu avec respect; qui s'unissent aux ministres de l'église dans l'action de la messe ; qui adorent à leur manière la majesté cachée de Dieu ; qui regardent nos cérémonies avec religion; qui aiment et révèrent les vérités impénétrables qu'elles représentent ; qui disent leur chapelet dans une langue qu'ils n'entendent pas , pour demander à Dieu leurs besoins^ le louer , le remercier de ses bienfaits ; qui chassent avec soin les distractions ;

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'ces gens-Ià , dont le cœur n^est distrait pan aucune passion mondaine , font une prière d'autant plus à estimer , qu'elle est p us humble , plus modeste , plus sévère et plus facile à continuer.

Je reviens , Madame , à ce qui vous regarde. Vos distractions ne détruisent:

point votre méditation , quoiqu'il faille en gémir , et par là en faire un sujet de prière. Faites ce que St. Augustin sug- ■gère , lorsque vous serez le plus accablée de pensées étrangères : tenez- vous devant Dieu comme un pauvre, comme un mendiant, accablé de besoins : soupirez, gémissez comme lui : levez les yeux de votre cœur à Dieu : il acceptera votre bonne volonté , et entendra merveilleusement cette prière. Sr. Ambroise ne condamne que les distractions du cœuc 'attaché au monde par les ardeurs de la vanité, de la volupté, de la cupidité:

elles sont incompatibles avec la prière : car elles naissent des passions qui font les distractions volontaires et les séparations funestes de l'ame avec Dieu. Heureuses les âmes que Dieu a prévenues pan sa grâce , et en qui il laisse l'amour des choses célestes ! heureuse celle quirecom- "mence , à tout mcnlent , un commerce

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secret avec lui, lors même qu'elle ne pense pas à lui !

Souvenez- vous , Madame , que , seloa îe langage unanime des saints pères , une bonne vie et l'abondance de bonnes oeuvres est une admirable et continuelle prière , qui parvient toujours aux oreilles de Dieu. Penser à Dieu , agir pour lui j c'est prier. Une courte invocation suffit pour satisfaire à votre dévotion pour la Ste. Vierge : vous la pouvez réitérer tous les jours en un moment. Dans. vos besoins particuliers , adressez-vous aux saints : Teglise les invoque tous les jours; c^e tîa pratique ancienne de tous les chrétiens : les saints , dans l'Apocarîypse , présentent à l'Agneau le parfum des prières des fidèles : ils ne sont pas vrais médiateurs , mais nos intercesseurs auprès. de notre unique médiateur. Voici ce qu'en a défini le concile de Trente : Les saints qui régnent avec J. C. , offrent à Dieu leurs prières pour les hommes : // est bon. et utile de les invoquer d'une manière sup^ pliante y et de recourir à leur secours pour nous obtenir de Dieu ses bienjaits par son Fils notre rédempteur.

Vous faites bien d'abandonner à Dieu îa manière de votre mort : m.ais demandez-lui avec l'église ^ et souvent et ins*

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tamment , qu'elle ne soit pas imprévue^ et la persésréience finale dans sa grâce et dans son amour : c'est le don par excellence : le concile de Trente l'appelle le grand don , et celui qui distingue \qs élus des répouvés.

Vous avez les dévotions de l'église :

les particulières sont souvent mêlées dé beaucoup d'abus : les plus régulières ne sont pas nécessaires , ni commandées dès qu'elles sont particulières : on fait à Saint- Su Ipice certaines choses qui ne se pratiquent pas à Saint-Lazare : Saint-Cyr a des usages que les carmélites n'ont point. Mais il faut approuver dans les autres ce qui est bon et louable , et y participée par l'union de la charité , selon cette parole de St. Augustin : P ai part ^ par la société de mon amour y à ce qui vous appartient zn propre par votre travail.

Quand à votre purgatoire , il sera abré-gé par vos pénitences sacramentales , par les souffrances de votre état , par les satisfactions de J. C. que vous offrirez à Dieu 5 et peut-être par de longues infirmités, jointes à vos bonnes œuvres. Le saint concile de Trente définit sur les indulgences que la puissance de les accorder a été donnée à l'église par J. C. , et q^ue l'usage en est salutaire : il ajoute

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que cet usage doit être retenu avec modération ^ de peur que la discipline ecclésiastique ne soit énervée par une excessive facilité. Contentez-vous de gagner celles que i'église vous accorde , sans mépriser celles qui sont données aux lieux particuliers. Mais faites plus de cas de la contrition et de la bonne vie , sans quoi les indulgences sont inutiles : laissez faire les bonnes âmes qui sont autour de vous ; elles ne peuvent avoir vos pratiques, et vous ne pouvez avoir les leurs : le service de l'église y de i'état y du roi , de Saint-Cyr , certaines Jurandes œuvres que vous seule pouvez faire, voilà , Madame, votre dévotion : 3ie prenez jamais le change : que vos .amies en suivent d'autres : c*est leur partage ; n'y entrez pas.

Vos filles sont estimables de porter un respect extérieur , jusques dans les moindres choses , au lieu consacré particulièrement au sacrifice , et sanctifié par la présence même de Dieu en l'eucharistie ? vous ferez bien de les maintenir dans ce respect. Mais il vous est sans doute permis d^ f?ire ce que vous y avez fait jusqu'à présent en esprit de confiance : je vous conseille cependant de prendre votre bpuiilon à la porte de votre tribune?^

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on derrière votre rideau ^ aiin que les foibles en soient plus édifiés.

Je suis ravi de vous voir éprise de cette vive et sensible dévotion pour J. C. Rien , en toute la religion , ne lui est comparable : J. C. est le commencement et la fin, l'alpha et Tomega de notre ^alut : iln'y a que lui sous le ciel au nom duquel nous devions être sauvés.

Ouvrez tous les jours ce grand livre : sa doctrine , sa vie , ses mystères sont ides abymes où les petits trouvent des appuis salutaires pour marcher ; et les géants , des profondeurs qu'il faut admirer et respecter. Un bon enfant , comme vous, doit savoir à merveille le testament de son père, l'exécuter fidèlement, et n'omettre aucune de ses volontés , ni par négligence , ni p^r oubli : relisez-le tous les jours : c'est là votre grâce et votre attrait. N'en doutez pas , Madame : laissez à Samuel et à Heli de coucher dans le temple ; pour vous , contentez - vous de le visiter : sortez-en plus forte et plus animée pour le travail : gagnez à Dieu beaucoup d'ames ; soutenez les gens de bien , animez les tiedes ; consolez les pauvres et les affligés ; défendez la vérité , autant que vous la connoissez ; 'opposez-vous aux méchants. Vous serelz

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grande devant lui , si vous devenez petite pour lui. Je vous vois déjà croître en humilité : ayez courage, vous irez plus loin.

Il vous conduira à la perfection : iî achèvera en vous ce qu'il a commencé ; et vous serez , avant votre mort , une chrétienne forte , courageuse , riche en bonnes œuvres. Vous avez beaucoup de foi et de simplicité dans la foi ; mais il faut qu'elle croisse encore : la défense que vous lui prêtez contre les nouveautés , la fera croître considérablement : considérez, pour réprimer les pensées d'orgueil qui naissent de votre état , considérez que vous n'êtes que ce que vous êtes devant Dieu , que de vous - même vous êtes moins que rien , puisque devant cette majesté toutes les créatures ensemble sont comme si elles n^étoient pas.

Ménagez votre santé, Madame : vous en avez besoin : elle est plus déiicate que jamais ; et quoique vous soyez , ditesvous , bien-aise d'être flattée sur cela ; je îie crains point de vous le dire instamment, ménagez-vous ; obéissez aveuglément. Voyez comme je compte sur votre obéissance : je vous dis en termes d'auioriié tout ce qui me vient dans l'esprit

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pour votre satisfaction. Je vous prescris des pratiques , qui paroîtroient à d'autres qu'à vous dégénérer en formules»

en petitesses , et en détails trop précis t mais Vobeissance vous vaut mieux que le sacrifice : et j'ai me mieux vous conduire sûrement et simplement ^ que de vous écrire de beaux discours.

LETTRE XIIL

Sur les tentations de V orgueil,

GArdez - vous bien, Madame, de laisser les choses bonnes ou inno*centes^ à cause des retours importuns de complaisance dont vous vous sentirez attaquée : ne supprimez jamais y par exemple , une lettre utile que vous avez écrite à bonne intention ^ par égard pour la société. N'interrompez jamais un dis^ cours commencé, quand il est innocent en lui même : ne vous abstenez pas même d'en commencer quelqu'un par la seule nécessité de la société, quoique vous prévoyiez les attaques de votre ennemi. Il seroitbien content, s'il pouvoit au moins vous rendre inquiète , gênée , scrupuleuse , incommode j dure à ceux que

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Dieu veut sanctifier et soutenir par vous dans des choses innocentes. II seroit fort satisfait de ses artifices : car nous n^ignorons pas ses pensées , disoit St. Paul ; et il lui importe peu que ce soit par le vice ou par les vertus , pourvu qu^il nous jette dans quetque excès , et qu'il nous rende le service de Dieu odieux ou impraticable, •d^ns l'état que la providence nous a choisi. C'est pour cela qu'il se transforme quelquefois en ange de lumière ; il nous présente beaucoup plus de bien à faire que Dieu n'en veut et que notre vocation n'en demande. Méprisez-le , Madame :

Vest tout ce qu'il mérite. Relisez vos lettres : il peut y avoir des fautes : l'on y peut trouver à ajouter ou à retrancher : écrivez - les avec esprit , selon les talents que Dieu vous a donnés^ mais ■sans satisfaction : ce n'est pas là , ce me semble, votre vice. Parlez innocemment 5 librement , spirituellement : votre état le demande ; je vous dirois autre chose, si vous étiez dans une autre vocation. Mais je ne crois pas me tromper : et j'e^pere qu'en méprisant le démon de la vanité qui vous attaque , sans rien laisser •des choses qui se présentent à faire , à 'd'ire ou à écrire , par égard pour ses importunités , vous deviendrez plus libre et

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plus forte contre lui , que par les retranchements que vous me proposez. Encore une fois, Madame , moquez-vous de lui ; qu'il règne sur îes orgueilleux; il en est le roi , comme dit Job. Pour vous , vous serez sous un meilleur maître , vous serez humble au milieu de toutes les attaques du tentateur ; ,vous sentirez les retours des complaisances ^ vous n'y consentirez pas , eu du moins vous n'y donnerez pas une volonté pleine et entière. Vous serez quelquefois surprise , mais jamais entièrement livrée. N. S. ne disoit pas : prenez garde de sentir de la vanité dans vos bonnes œuvres ; il connoissoit trop l'artifice de nos ennemis et les tentations humaines des enfants d'Adam ; mais , prenez garde de faire vos bonnes œuvres devant les hommes pour en être regardé : , autrement vous nen recevre\ point la ré^ compense de votre père qui est dans le ciel'. Quand vous appercevrez les compliments de l'orgueil, repoussez-les doucement ^ en disant , non : selon l'avis de St. François de Sales. Un grand saint , ëtant un Jour en chaire, fut saisi d'une violente complaisance de vanité, et en mêmetemps futfrappéd'unepenséequel'ennemi apparemment suggéroit, de descendre de chaire ; mais il connut l'artifice , q\

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lui répondit: Je ne suis point monté pour V amour de toi ; je ne descendrai point. Vous s'^ntez présentement les violentes attaques de l'orgueil ; parce que vous n'y consentez plus , comme vous le faisiez autrefois : cet orgueil même vous humilie, et vous sentez mieux le besoin continuel que vous avez de la grâce. Je me réjouirai de ce bon effet , et je vous dirai ce qui fut répondu à un grand apôtre , qui demandoit avec instance d'être délivré d'une tentation qne Dieu permettoit , dv* peur , comme il le dit lui-même , que la grandeur de ses révélations ne lui cau^ât de l'orgueil : ayant piie plusieurs lois le Seigneur, afin que cette ange de satan se retirât de lui , il lui fut répondu : Ma grâce vous suffit ; car la vertu se perfec^ lionne dans lafoihlesse. Ne vous découragez donc point : j'espère que la tentation même servira à votre avancement.

Le silence n'est pas pour vous : faites voir que la vertu est gaie , libre , innocente dans ses discours , et ingénieuse à louer Dieu et à édifier le prochain. Oui, Madame , vous avez reçu le St. Esprit : n'en doutez pas ;il aidera votre foiblesse, et vous conduira à la perfection : il vous rendra parfaitement humble , charitable , pieuse ; vous vous trouverez , dans un

an , bien différente de ce que vous êtes. Croyez-vous que l^ouvrage de J, C. ne s'achèvera pas en vous ? L'ouvrage des hommes se finit tous les jours : les œuvres du dén)on, ditTerrullien, s'accomplissent:

et vous n'espéreriez pas que le grand ouvrier , qui est en vous , mettra la dernière main à ce qu'il a commencé ? Je vous conseille fort de vous présenter et de vous offrir à lui , et que ce soit là une de vos grandes dispositions en tout , principalement à Poraison , à la communion^ au saint sacrifice ; humblement recueillie, pleine de confiance , laissez- vous polir ^ purifier , perfectionner , selon les mouvements du Î5t. Esprit. C'est trop de quatre heures de prières de suite avec ce qui suit l'après-midi. Contentv^z-vous, les jours de communion , de vous préparer par votre méditation du matin , et de la messe où vous communiez , et d'une autre pour actions de grâces.

Je reviens à vous dire , que vous ne devez pas prendre sur le repos nécessaire à vorre santé, ni sur la tranquillité de votre ame. Ne m'épargnez jamais , Madame î vous ne pouvez me faire un plus grand plaisir , que de me mettre en œuvre pour votre service : je ne puis vous dire combien votre salut m'est précieuse ,

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combien je me sens chargé de votre ame^ avec quelle liberté je prétends vous dire tout ce qui vous regarde. Je vous assure, que , quoique je ne sois pas apôtre ( ce qui m*afflige beaucoup ) devant être leur successeur , je sens cependant que je donnerois ma vie pour votre sanctification : jugez , après cela , si j'y plaindrois mon temps.

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