LETTRE XIV
Conseils particuliers,
QUand vous craindrez de faire voi .confessions par coutume , vous vous précautionnerez par un recueillement particulier. Rien n'est plus utile que la fréquente-revue de nous-mêmes. L'amour de J. C. crucifié m'est une preuve certaine du progrès de votre foi. Il vaut mieux prier que lire , aux temps d'offices dans r'eglise : si on lit pendant la messe , ce doit être en priant. Laissez tourner votre cœur librement aux actions de grâces :
Dieu en demande beaucoup de vous.
Que les douceurs de la piété vous fortifient,pour en soutenir lesamertumes î J'ai été ravi de voir la manière dont vous avez
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reçu le refus du petit gouvernement ( de Niort poLU'M. de Villette ). Quand vous vous sentirez attirée au - dedans , et occupée de quelque besoin particulier , ou pénétrée de quelque mystère , laissez votre méditation ordinaire. L'amour pour la pauvreté est excellente : tâchez de A70US retrancher pour les pauvres ce que vous pourrez. J^approuve très-fort votre occupation de la mort : elle s'avance vers vous : rien n'est si sage que de vous y préparer. Votre fidélité à recourir à Dieu dans l'amertume , et à soutenir les renversements et les contradictions , fera votre salut : comotez que vous en aurez plus besoin que jamais , à m.esure que vous approcherez de la mort. Chassez loin de vous toute aigreur d'esprit dans la tristesse : retenez vos jugements ^ vos résolutions et vos paroles.
La sensibiliré pour les pauvres , et ce que vous marquez en un endroit de votre oblation à Dieu pour partager leur misère dans toute son étendue , vous reconnoissant coupable des péchés qui ont attiré sur eux sa colère , est une pratique excel- ' lente à continuer en ce temps. Votre disposition par rapport aux confesseurs pour être soutenue par eux , et le res-
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pect que vous avez pour leur ministère ^ viennent d'en haut. C'est un grand secret pour éviter bien des péchés , au temps de la tristesse , que le silence , la lecture et la prière.
Que je suis aise quand vous me dîtes que vous faites tout tristement ; mais que vous ne désirez que Dieu , malgré toutes vos misères ! vous ne travaillez pas inutilement , depuis le temps que vous marquez : vous voyez mieux que jamais vos défauts : le désir de les vaincre est grand et sincère : travaillez-y avec confiance et avec courage : retenez vos jugements dans vos tristesses et dans vos peines ; détournez - vous aussi - tôt , et allez à Dieu , qui ne manquera pas de vous fortifier. Gardez- vous de vous fermer à ceux qui vous conduisent à Dieu : il vaudroit mieux les quitter et en prendre d'autres : la confiance est nulle, si elle n'est sans bornes : autant qu'il m'est donné de vous connoître , vous avez un très grand besoin d'une conduite simple , cordiale et soumise ; ne changez jamais cette conduite, quand vous changerez de conducteur. Il n'y a rien en mon pouvoir que je ne voulusse faire pour votre satisfaction , et pour vous procurer la paix et ia consolation du St. £sprit ; c'est le fond
A Mad. de Maintenon. éi
(de mon cœur : mon zèle ne finira , s'il plaît à Dieu , jamais : il se fera un bonheur du vôtre , et je le porterai dans l'éternité.
Dieu vous pardonnera votre vivacité ; mais ne vous pardonnez jamais le dépit, l'inégalité , la vanité , les jugements peu favorables , les paroles contre la charité , l'impatience volontaire. Si vous aviez fait tort à votre prochain en quelque discours , réparez-le toujours , demandez-en pardon à Dieu , et vous en confessez.
Dieu ne retirera pas sa miséricorde de dessus vous , si vous ne vous retirez pas de la prière. O que votre état en a besoin ! vous ne monterez pas au sommet de la sainte Montagne , sans l'effort de vos prières. Vos redditions sont très-bien: je n'y vois rien à ajouter. Courage ! elForcez-vous d'entrer par la porte étroite : peu y entrent : Il est plus aise â un cha^ meau , etc. je frémis à ces paroles : sî l'homme \qs avoit prononcées, je les croirois hyperboliques ; mais c'est Dieu 3 qui n'exagère jamais.
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