Tome IX, (15) I
ÎÎ6 Let. deM. l*Ev. de Chapitres
sans envie , sans agitation , sans intérêt ^ sans a-f/eur, sans faux empressement , sans mauvi^is soupçons , sans joie maliL,ne. O ! que voLfs avez besoin d'être fidelle à vos anciennes pratiques y prières , lectures , examens, présence de Dieu , Saciifice de la Messe , autant que les occupations dont Dieu vous a chargée, vous le permetient ! Que vous devez être fidelle aux bonnes œuvres de votre état! que sera-ce, si Dieu vous juge sur cette règle : Qu' ai>e\-iyOus pu faire à ma vigne , et qu ai'e^-voiis fait ?
Queî'e reconnoissance ne devez - vous pas à Dieu de vous avoir fait digne d'un tel ministère ! quelle marque de confiance et de prédilection î Dieu met entre vos mains ies~ intérêts de l'Eglise, de l'état , îe salut d'un grand roi qui tient à tout , celui des princes qui doivent régner après lui , et une infinivé d'autres œuvres importantes : le roi ne vous traite pas seulement comme sa première sujette , mais com.me son amie , sa confidente , et son épouse, puisqu'il vous confie les choses
les plus précieuses de son royaume
FilJe de S ion ! réjouisse-^^-rous ^ soye-{ raAe au Seigneur votre Dieu , parce qui! vous a donné le Docteur de la justice.
Bénissez le Seigneur qui a fait pour
A Mad. de Matntenon. 1S7
VOTis tant de choses admirables. Si vous' idoutiez des victoires que Tobéissance vous a fait remporter , vous seriez ingrate an don de Dieu. Tenez- vous , madame , sous le joug de Tobéissance : vous la devez au roi : vous la devez aux ministres de J. C. auxquels la providence vous a soumise : au premier, comme à votre seigneur et maître ; aux autres , comme à vos guides , et aux envoyés de Dieu qui tiennent sa place pour vous conduire au chemin du Ciel. Qnandils vous parlent au nom de J. C. , si vous les écoutez, vous écoutez J. C. : si vous leur obéissez , vous obéissez à J. C. Quand je voui exhorte à cette vertu , je sais que je parle selon votre cœur , et je n'ignore pas que c'est là toujours votre attrait. Dieu , voulant vous faire mère d'une grande comrhunauté , vous a fait goûter et sentir les trésors immenses de l'obéissance , afia que vous fussiez en état de la recommander plus fortement à vos filles , et que vous en fissiez comme le fondement de votre institut. Soyez donc toujours une fille obéissante , vous que la providence a fait comme la mère et la maîtresse des autres. Tant que vous serez sincère à dira toutes vos peines, elles se' tourneront à la fin à votre profit : c'est ce qui fait que
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je ne suis point embarassé sur vous ,' lors même que je vous vois triste et embarrassée ; car je suis toujours sûr que le fond ne change pas : vous avez été un moment triste et découragée , mais je ne crains point que vous échappiez h l'obéissance : il me semble que Notte- Seigneur vous a liée, et que vous ne pouvez plus aller ailleurs. Je sens en vous ime si grande docilité , que vos petites peines et tristesses ne la sauroient afFoiblir : je ne crains pas que vous me désobéissiez , tant que je ne vous demanderai rien que pour votre salut : je ne veux pourtant pas abuser de m.on pouvoir ; je serai plus réservé : je vous demande aussi , madame , de ne me plus épargner dans vos besoins. Pauly Cephas est à rousy vous êtes à /. C et par J. C. â Dieu, Je voudrois que vous connussiez à quel point je desirerois me sacrifier pour votre salut , et combien tous vos intérêts , petits et grands , me sont chers devant N. S. Allez donc avec un nouveau courage et de nouvelles forces travailler à la vigne du Seigneur qui vous est confiée : donnezvous toute aux peines , aux embarras de votre état... Non-seulement votre ame est votre vigne ; mais le roi est votre vi^ne: ia paix de l'état est votre vigne : rintérêt
A Mad. de Maintenon. 189
de TEgiise est votre vigne : la France est une vigne : Saint - Cyr est une vigne : allez donc avec courage por^ rer le poids du jour et de la chaleur i îe maître de la vigne vous promet une récompense. Je vous enverrai un de ces jours , madame , l'instruction que vous demandez sur îa confession. Plus vous purifierez votre ame , plus concevrez de douleur des fautes journalières que votre fragilité et la contagion du monde vous feront commettre comme malgré vous % vous gémirez de vous voir encore si sensible et si attachée à îa terre, si peu maîtresse de votre vivacité et de vos passions , si aisée à vous laisser entraînei: par les objets sensibles , si souvent amusée par des imaginations , si dissipée dans vos prières , si dure dans la réception des sacrements , trop orgueilleuse dans la prospérité ^ trop abatue dans Padversité , bien féconde en pieuses résolutions , pas assez courageuse quand il en faut venir aux effets.
Après avoir humblement confessé de sem.blables fautes , quoiqu'avec une douleur qui ne v^ns paroît pas encore assez parfaite , comme je suppose qu'il n'y aura jamais en tout cela rien d'important ou de pleinement volontaire, ajoutez
j9oLet de m. l'Ev. de Chartres.
quelque chose de la vie passée dont vous ayez une véritable contrition ; ce qui sera la matière du sacrement : vous verrez que votre contrition croissant s''étendra à la fin sur les moindres choses , et que vous vous trouverez bientôt dans l'état de Ste. Paule , qui, au rapport de St. Jérôme , versoit tant de larmes sur les moindres fautes qu'elle a voit faites, qu'on l'eût crue coupable des plus grands crimes i quand il l'averiissoit de ne pas se livre» ainsi à la douleur et aux larmes , elle lui répondoit : yy 11 faut réparer les ris immon dérés de ma vie passée par des larmes » abondantes ; il faut expier les joies py excessives du temps passé par des affiic- >? tiens sensibles ; il faut détruire ce w visage que j^ai pris tant de plaisir à 9) parer contre le commandement de >> Dieu ". Usez sobrement , madame , de ce que je vous écris ici : que cela serve à exciter la tendresse de votre contrition etâe votre amoiir ; mais nullement à aller au delà des choses dont nous somm.es convenus. Quand il me paroîtra que Dieu demandera de vous de plus grandes austérités , je vous le dirai tout simplement comme à un enfant de grâce dont Dieu me charge. Il n'est pas temps de détruiror .votre santé ; conservez-la pour la gloire
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de Dieu ef pour !e salut de celui à qui il vous a donnée.