‹ Lettres de Madame de Maintenon (volume 2)Chapitre 66 sur 80 · LETTRE LXVII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVII

Sur le ^alut du Roi,

VOTRE place, madame , est une place de foi et de patience. Le monde a attendu le sauveur pendant quatre mille ans : le salut et la perfection des parti-» culiers doivent être opérés avec une attçnte persévérante. Vous recueillerez avec joie ce que vous semez avec tristesse. Ste. Monique pleura long-temps les égarements de St. Augustin , dont elle obtint enfin la conversion : il a fait la joie et la

A Mad. de Maintenon. iSj

gloire de l'Eglise par la sainteté éminente de sa vie , et par la perfection de sa charité. Je ne puis croire , madame , qu'un homme de tant de prières , à qui Dieu a donné une amie si fidelle et si chrétienne , comme par un miracle , ne devienne à la fin un homme nouveau , tel que vous ne le reconnoîtrez plus : ne vous découragez donc pas : travaillez en paix , avec circonspection , mais sans relâche , à cette excellente œuvre que Dieu vous a confiée : Dieu n'exige de vous , que ce qui dépend de vous : c'est à lui à donner le succès. Vos prières et vos souffrances sont écrites dans le livre de vie. Quand vous êtes accablée, dites doucement à Dieu au fond de votre cœur , que vous êtes trop heureuse de pouvoir offrir quelque chose à celui qui vous a tout donné: je ne cesse, madame , de le prier, que vous ayant sanctifiée il sanctifie enfin le roi.

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î84 Let. de m. l'Ev. de Chartres

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