LETTRE LXX
A T occasion des malheurs de TEtat,
J'Écrirai , madame , à M. le Nonce ce que vous me chargez de lui faire savc^ir» Je suis ravi de la dévotion que vous avez
A Mad. de Maintenon. 191
pour la précieuse relique de la Ste.
Croix, où J. C. a opéré notre salut : elle vient de l'amour et de la reconnoissance que vous avez pour celui qui est notre unique espérance. Humilions-nous , madame , sous la puissante main de Dieu , afin qu'il nous relevé au temps de sa visite : déchargeons-nous sur lui de toutes nos inquiétudes , parce qu'il aura soin de nous après un peu de souffrance : le Dieu de toute grâce qui nous a appelés à son éternelle gloire par J. C. , nous perfectionnera , et nous rendra fermes et inébranlables. Que savons-nous, s'il ne dirige pas les grands événements qui nous abattent, afin de nous rendre plus chrétiens , plus amis de la paix , plus équitables? nous serons moins puissants , mais nous serons moins enviés et plus tranquilles : nous serons plus humbles , plus modérés, pins enclins à prier: nous ne dirons pa^ : C^est la force de notre bras qui a fait cette merveille , qui nous a sauves : nous dirows : C'est le hra^ du Tout-Puissant qui nous a délivrés de nos ennemis. Je voudrois comme vous , madame , un Jubilé universel : je le marquerai à M. le Nonce. Dieu seul peut retirer l'Europe des maux extrêmes oii elle est réduite : îl est bien juste de recourir à lui , comme