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retiré ; et du collège des Lombards , oit il gouverna les prêtres Irlandois avec tant de \ele que le pape Ven félicita y et que r ambassadeur d'Angleterre alla Ven remer^ cier de la part de son maître.
Une lumière si éclatante , disoit M.
ITronson , doit être placée sur un chandelier éminent. Me, de Guise qu^il diri^ geoit, demanda pour lui Vévêché de Sée-{, Dieu le destinoit à une plus grande place. On lui proposa de permuter son abbaye avec Vévêché de la Roche de. Mais il ai'" moit les travaux de son état , et en crai^ gnoit les honneurs.
Me. de Maintenon le connut par Tabbé Gobe lin. Il fut appelé à Saint- Cyr pour des retraites et des confessions extraordinaires. Il refusa long-temps , craignant Pair de la. cour y et pensant que cette maison en étoit infectée. M, Tronson Vy détermina. Là commencèrent T estime , V amitié ^ la confiance de Me, de Maintenon , pour F abbé des AîaraiSj qui, avant de F avoir approfondie y la regardoit comme une mondaine , €t qui r honora depuis comme une sainte.
En 1690, il fut nommé au siège de Char* très , toujours fort brigué ^ à cause du voi* sinage qui semble donner droit à Vévêque d^être courtisan. Ne pouvant avoir des bulles^ à cause de nos brçuilkries avec Rome^
DE M. DE Chartres. r%
il fit des missions dans tout son diocèse^ Il jetales fondemens de petits séminaires qii'il établit depuis , et qu'il entretint à ses dépens.
En \6^i.^il fut sacré évêque à Saint-Cyr^ avec beaucoup d* éclat et de pompe. EtVan-' née suivante , par autorité du saint-siége^ il soumit cette maison encore séculière à la règle de St.Augustin.Ses soins infatigables le portèrent au plus haut point de perfection par des constitutions pleines de r esprit de Dieu ^ par des exhortations continuelles , par des entretiens fréquents sur les devoirs de la vie monastique , par son application à en bannir les livres dange^ reux et les personnes suspectes.
En 1693 ? '^ abandonna les revenus de son évêché aux pauvres de son diocèse , qui souffroient beaucoup de la disette des grains. Toute sa vaisselle d'argent consistait en une cuilliere et une fourchette : et il les vendit. Il forma une société de per^ sonnes charitables qui donnèrent de grands secours aux pauvres de la campagne.
Ces travaux apostoliques épuisèrent sa santé. Il pria plusieurs fois le roi de lui permettre de quitter une place qu il ne pou* voit plus remplir. Tous ses amis s^y oppo" serent. Ils savaient quel bien faisait sa pré» stnce seule.
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Quelque temps après , le qui éiis me parut tn t'rance ; hérésie quon ne peut décrire sans péril de se tromper ; d'autant plus dangereuse , qu'en éloignant de la perfec-^ tion 5 elle promet d en approcher ; qui change V esprit en matière , en lui étant la li^ herté d^agir ; qui laisse la prière aux âmes imparfaites , et se repait de chimères et de sentimens. Il condamna Me. Guy on y sans craindre les ennemis que sonT^ele luiferoit^ et M. de Cambray^ sans être retenu par son ancienne amitié pour lui : ses ordonnances détrompèrent quelques quietistes.
Il sollicita r érection de Cévèché de Blois 41UX dépens de celui de Chartres, Le roi voulut l'en dédommager en lui donnant la charge de conseiller d état d'église. Le saint prélat la refusa , disant quelle le détourne^ roit de la conduite de son diocèse. Il refusa , par le même principe , la no^ mination au cardinalat. Il pria le roi de conférer cet honneur à un homme plus propre que lui à soutenir la dignité de la, pourpre , ft à jouer un rôle dans ces intrigues dont la cour de Rome est le centre.
Lorsque le fameux cas de conscience scandalisa toute r église y il s^élei/a contre cet écrit avec une fermeté apostolique . Le pape fut charmé de son ordonnance ^ et I en fit remercier par ses nonces, Plusieurs eïêques
HE M. DE Chartres. j$
^/î suivirent les principes dans les leurs i ^jaelques uns y reni'oyerent leurs diocésains dans leurs mandements. U électeur de Colo* gne et l'arc hei'e que de Malines la firent tra- Juire en latin et la donnèrent en entier à leurs peuples , avouant qu ils ne poupoient leur rien offrir de meilleur. Enfin^ Clément XI r adopta dans sa bulle.
La nouvelle théologie du P ,Juenlu parut, M, de Chartres la trouva si dangereuse , que malgré la foiblesse de sa santé ^ maU grêles ennemis dont il allait être assailli , il travailla sans relâche à cette belle ordon-^ nance^ que tous les théologiens regardèrent, comme un chef-d'œuvre. Il honorait les Jésuites , mais il ne dépendit jamais d^eux. Il ai moi t M de cardinal de Nouilles : mais sans égard à son inclination^ ils^ éleva con-tre la protection que ce prélat accordoit aux Jansénistes, Dans les guerres de V église , il regardoit la neutralité comme une trahi^^ son contre elle. Il eut rougi d^ être le specta-* teur oisif et muet des ravages que les héré" tiques y f ai soient par leurs coi aie s et par leur résistance.
Sa vie étoit aussi pure que sa doctrine,' Il faisait chaque jour une demi- heure d'o^ raison : tous les matins il lisoit et méditait la sainte écriture. Sa conversation roulait toujours sur des choses de piété ^ et jamais
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homme ne dit moins de paroles oiseuses, H faisoittous les ans une retraite de huit jours avec son clergé. Ses lettres au roi^auxprin" ces , aux papes , au roi d'Espagne , étaient dignes des premiers siècles de V église. Il faisoittous les jours la prière avec ses do-^ mestiques : sa maison étoit aussi réglée qiHun couvent : Un y eut pas so\iffert un homme oisif. Il prêchoit souvent Jl ne plal-^ soit pas ; il converti s soi t. Il couroit de bonne œuvre en bonne œuvre. îldonnoit exactement audience : et les plus importuns ne pouvoient réussir à exciter en lui un mou-» rement d'impatience ou d'ennui. En voya^ ge y il éc ri voit , il étudioit , ilprioit.
Son \ele , en ne consultant pas sesfor'» ces , les ajfbiblit ; de sorte qu on peut dire avec vérité , qu'il s^est consommée pour la défense de la foi et pour le salut des âmes. Il demanda pour toute grâce à Aie. de Maintenon , que le roi lui permit de se choisir un successeur , qui pût , disoit-il^ réparer les fautes qu' il avoit faites , et soutenir le bien auquel il avoit contribué. On lui donna pour coadjuteurM. l'Abbé de Montiers de Mérinville , 5072 neveu.
Ses infirmités augmentèrent avec Page.
Il vit approcher le dernier moment sans effroi. Sapatience, sadouceur, sa résignation ravissoient tout ce qui étoit autour de son
Ut.
Ut. Il reçut le St. Viatique des mains de son neveu , en présence de tout le clergé de sa cathédrale^avec les sentiments de la plus éminente foi. Il fit à son chapitre un dis" cours touchant sur les soins dus aux pauvres 5 sur leur union apec leur evique , sur les fautes qiCil ai' oit commises , sur la reconnoissance qu^ilconserpoit de leur amitié pour lui. Tous les assistants fondoient en pleurs. Il souffrit avec une constance inaltérable , les douleurs aiguës dont il fut déchiré. Il reçut r Extrême-Onction avec une entière connoissance^ il répétoit souvent ces paroles de V Apôtre : Quenons vivions , ou que nous mourions , nous appartenons au Seigneur. // mourut le ^6 septembre 1709. ^ cette nouvelle^ M. de la Chetardie dit : fy U Eglise perd un excellent ouvrier , >^ il étoit propre à être à la tête des evê- >5 ques , sans orgueil , et à s^ opposer aux r nouveautés ^sans emportement'^-^ . Vabbé Bonnet y son confesseur ^ assura qu il av oit toujours vécu dans une parfaite innocence de mœurs. Son corps fut porté solennelle^ I ment à son séminaire de Beaulieu , comme il Vav oit or donné; et son cœur à Saint- Cyr, \ par M. r abbé de la Vieuxville , avec cette \ épitaphe : Hic jacet Cor iil. et rev. D. D. Pauli de GODET DES MARAIS , Carnulensis Episcopi , qui P^egiae huic Domuî Tome IX, fijj B
î8 ÉLOGE HIST ORIQUE, etc.
primus cledit legem vîtes et disciplina. Obiit Carnuîi , VI. Kal. Oct an. 1709. sstatis LXIÏ. R. I. P. Il fut amèrement pleuré par Me. de Maintenon , qu*il ai^oit conduite à un degré de perfection qu'on croiroit incompatible avec tant de gran~ deur , si Von ne voyoit aujourd'hui Ici femme de V Europe la plus grande en itrs aussi la plus sainte.