LETTRE CXXIII
^99* à Mtirli , ce 22 août»
'Ai montré votre grande lettre au roî,
Monfeigneur. Elle eft très propre à faire tous les bons effets que vous defirez. Il eft bien réfolu d'aquiter le vœu du feu roi, La mort fubite de Me. d'Efpinoia furpris : <& c'eft tout. On fe défait des idées triftes 3e plutôt qu'on peut. Et j'ai vu plus de gens réfolus à fe faire faigner de tems en ïems , qu'à faire une bonne confefïîon.
Le roi n'a rien répondu fur les cha* moines de St. Ruf. Mais je crois voir en atout qu'il reçoit toujours ce qui vient de Vous avec refpeft & déférence.
Le petit mot fur ce que vous vous ren*
DE MAiNTENON, 149
fermez dans votre diocèfe , mais que Die» me demande de parler de tout , l'accoutu* mera à me voir faire ce perfonnage» Depuis notre dernier éclairciflement , il reçoit tout avec moins de répugnance. Je fai, Monfeigneur , que vous devez travailler lundi avec le roi : & j'avois compté de ne pas partir fi matin qu'à mon ordinaire, afin d'avoir l'honneur de vous voir. Mai* puifque l'heure vous eft indifférente t Venez à St Cyr quand il vous plaira.
Le roi aura de la peine à décider contre Votre opinion dans ce qui regarde let nouveaux - convertis. Cependant la plus générale eft de les forcer d'afFifter à la meiTe. Penfez-y bien encore. On prétend que M. de Meaux revient à cet avis.
J'ai bien eu -de la peine à trouver ce moment pour vous écrire. Le roi me garde à vue : & je ne vois plus qui que ce foit.
Que ne donnerois - je pas , pour que M. le doyen vit votre billet ? Il feroit aguerri pour bien pis que des afperges. Je fuis ravie de vous voir un peu de gaieté au xnillieu de vos embarras cou*
150 Lettres de M a d.