LETTRE CXXXIX
à St. Cyr, ce 10 février.
'Ecrivis à M. le D. de Richelieu, aufïitot que vous m'eûtes quittée ; j*
î66 Lettres de Mad.
me vint voir hier à mon retour de St. Cyr , & me dit que c étoit une affaire rompue , & me chargea de vous en ink truire au plutôt : elle m'avoit paru fi peu avancée , & fi peu de votre goût que je ne crus pas fort preffe de vous le mander. Il eft vrai que le double mariage m'avoit paru bon pour les uns & pour les autres : mais il y a une petite difficulté «lui eft l'impofîibilité d'aifurer celui des enfans , qui font encore plus difproportionnés d'âge & de taille* que Je n« Pavois cru : il n'eft pas befoin , ce me femble , que je cherche des confolations pour vous fur cette rupture. Celles que Vous me donnez , Monfeigneur , fur mes peines ne me font point inutiles. Il eft Vrai que je fuis de trop bonne foi en tout : Dieu Ta permis ainfi pour me faire porter ma croix dans une place la plus finguliere & la plus enviée. J'efpere beaucoup du jubilé : & ce vous fera une occafion de dire quelque chofe : n'aurons-nous pas en général quelque inftrudtion de vous pour le bien faire ? Nous reçûmes hier les nouvelles d'Efpagne qui marquent les tranfports de joye du roi fur fon paffàge en Italie : il y envoyé affèz de troupes: & par le calcul que j'en vis, il aura bien près de içcoo hommes à Naples : c'eft quelque chofe avec tout ce que nous y envoions.
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