LETTRE CLXIV
à Fontainebleau, ce 5 novembre,
JE veux vous écrire , Monfeigneur , pour; vous faire fouvenir de moi. Mais je ne de quoi remplir mes lettres. C'eft à vous à nous dire des nouvelles du conclave, qui fixe préfentement l'attention de tout le monde chrétien. Vous favea aufïî bien que nous des nouvelles du roi d'Efpagne , & qu'on mande de tous côtés qu'il ne peut guérir de cette maladie-ci. La famille fait mieux que moi les nouvelles de la cour , & vous aura mandé la diitribution de la fête de la Touiïàint , & le fuccès du père Maur ou Maure , que je n'ai point entendu. Vous favez auffî que M. de Molac eft mort , & que fa fucceffion eft bien demandée. Mes vœux font pour le maréchal d'Eftrées , & mes follicitations pour un autre. Voilà comme il faut fe facrifier fans cefTe. On fe divertit fort ici : & l'on en part avec regret. Me. la D. de Noailles a donné un retour de chaffe à Me. la D. de Bourgogne. Il ne m'eft pas encore revenu qu'on y ait trouvé à redire. Mais je fuis fort
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fujette à ignorer ce qui fe dit dans ma chambre même. J'y vois peu Mad. la D.
de Guiche. Elle eft toujours incommodée. Vous voyez , Monfeigneur , que je fuis aufîi embarraflfée à remplir mes lettres , que charmée de m'entretenir avec vous le lundi matin. Vous en favez la raiibn. Vous ne reviendrez jamais aufli vite que je le fouhaite.
Je vous fupplie , Monfeigneur de dire quelque chofe pour moi à M. le C. de Coiflin *. Je n'ai pu lui écrire à propos. Et je n'ai pas ofé hors de tems. Mais perfonne ne l'honore plus que moi.