LETTRE CXCIII
1704, à St. Cyr, ce 9 janvier.
'Aurai toujours du tems pour vous M. , Ôi je fouhaire de tout mon cœur que vous ne vous desaccoutumiez ni de m'écrire ni de me parler. Je vous dis la répugnance de M. Vatel pour M. Barbey , parce que je l'avois vue , & que je ne crus pas que vous vouUfîlez faire violence au fupérieur. J'ai vu M. Huchon un moment : il paroit fa.ee, & d'une aflez bonne repréfentation. J'en ai parlé au roi félon vos ordres : il recevra qui il vous plaira , & ne peut en affecter aucun.
Je ne puis croire qu'il tienne à M.
Pévêque de Chartres d'être uni intimement avec vous. Je connois fes fentimens pour vous : & je vois avec douleur qu'ayant pa(Té ma vie à conc:l;er mes amis dans le monde , je d^fums préfentement les faints. Je fuis bleflee de l'injuftice que vous faites à celui-là , en vous prenant à lui de ce qu-3 je vous ai dit de dur ou d'affligeant. Je ne me défends pas d'avoir beaucoup d'eftime pour M, l'évêq. de Chaitres : mais j étois capable d'avoir des opinions par moi-même avant
Je
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de le connoitre : & il ne m'a point ôté cette capacité depuis que je l'ai connu. Plut à Dieu , que lui feul trouvât que vous ménagez trop le parti ! Je pourrois le foupçonner de vouloir aller un peu trop loin : & quand vous penferiez différemment là-deffùs , ce ne feroit pas une raifon pour rompre une ancienne amitié.
Je ne veux pas aller plus avant fur cette matière : & je finirai , Monfeigneur,en vous aflîirant que je remplis les devoirs de ma religion dans le refpeft & la foumiffion que j'ai pour mon archevêque , & qu'il s'y joint une grande eftime, & une véritable inclination pour fa perfonne.