‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 185 sur 243 · LETTRE CC · texte numérisé non relu

LETTRE CC

à Verfailles , 23 décembre.

J'Ai appris avec une grande joie, Monfeigneur , qu'il y a lieu d'efpérer que M. l'évêque de Chartres rentrera dans vos bonnes grâces : il n'y a rien qui put me faire plus de plaifir , comme il n'y a rien qui m'ait donné plus de peine , que l'éloignement que vous aviez pour lui. Il me paroit réfolu de regagner votre amitié ou de quitter fa place. J'efpére beaucoup, Monfeigneur, de votre bonté & du négociateur qui traite cet accommodement. Il fait que je n'ai jamais aimé

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la guerre entre mes amis , & que jeune j'aimois autant la paix, que je la defîre dans ma vieilleffè. Mais à propos des guerres , Monfeigneur , voilà notre cher duc de Noailles qui commence la campagne au mois de décembre. On ne peut pas dire qu'il ait perdu du tems depuis fa guérifon : il rne paroit que ce qu'il fait eft approuvé : Dieu veuille qu'il y trouve de la fatisfaftion \ je crains toujours la jaloufîe , & les mauvais offices de loin : j'y veillerai en mère. Il eft bien fâcheux que tout cela fe foit paffe fans que je l'aye pu traiter avec vous. Voilà, Monfeigneur, un beau coup d'efTai pour la goutte ! il y a un mois qu'elle dure : tous les libertins en triomphent : & pour moi je m'en afflige , craignant que vous y prenant fî bien , vous n'y retourniez fouvent. Perfonne, Monfeigneur, ne s'intérefîè à vous plus fîncerement que moi % ni ne defîre plus ardemment de vous plaire. Je compte fur quelque part dans vos prières, à cette grande fête : & je n'oublierai pas mes obligations là-deflTus.

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