LETTRE CCI
à Marli , ce 5 janvier.
JE n'ai pas plutôt répondu , Monfeigneur , à la dernière lettre que vous
de Maintenu n. 2$$
m'avez écrite , parce que je voulois en parler au roi. Il affure que les jéfuites veulent la paix , & qu'ils promettent de faire des punitions exemplaires de ceux de leur corps qui écriront contre vous. Il eft donc queftion de favoir des faits. Après cela , nous verrons quels feront leurs procédés. Jufque-là, il ne faut point leur déclarer la guerre. Je penfe bien comme vous , qu'il la vaut mieux toute ouverte, que des honnêtetés qui ne les empêchent pas de porter leurs plaintes fecretement. C'eft un grand inconvénient de tous côtés , que tout le monde fe mêle d'écrire. Mais il faut s'accoutumer à fouffrir toutes fortes de contradictions. Je fuis en grand commerce avec le négociateur. Mais , quoique d'âge l'un & l'autre à parler férieufement , nous avons bien de la peine à prendre un autre ton que celui de l'hôtel de Richelieu & d'Albret. Vous favez pourtant, Monfeigneur , que les affaires dont il s'eft chargé , ne me font pas indifférentes. J'ai bien des raifons de defïrer un fincere raccommodement. Il me femble que la gloire de Dieu y eft intéreiTée , ôi que les impies font ravis de montrer des faints defunis de penfées , au point de l'être de fentimens , après avoir été long-tems amis.
Je ne refpire que paix de tous côtés 7
2$4 LbTTKbS DE MAD,
quelque p^u de tcms qui me refte pour en pair. Je n'avois pas efpéré que vous vinifiez Crut à Verfailles. Et je crains bien que votre fanté ne fe rétabliiïe difficilement. Il vous doit fufïire de marcher ferme & avec gravité. Je compte donc que ce ne fera que de demain en huit que je vous verrai : & je vous afTure que ce fera bien tard.