LETTRE CCXIX
ce 3 feptertibre. I7C|
JE fens très tendrement votre douleur * r f i & il me femble que je la comprends dans toute lbn étendue. Le roi m'aprit hier au foir que Me. la duchefïè de Noailles a la fièvre. Je vous fupplie de me faire /çavoir ce que vous en apprendrez : car félon toutes les apparences je ne verrai perfonne de la famille pour m'en dire des nouvelles. Permettez-moi de vous recommander la ducheffe de Noailles au nom de fon mari : Me. la maréchale eft peu en état d'y penfer : & la duchelTe de Guiche doit cette attention à elle ou à fon frère. Je voudrois bien qu'elle
-f- De la mort de fon frère , Anne-Jules , duc de Noailles , pair & maréchal de France , chevalier des ordres du roi, gouverneur de Rouffillon , viceroi de Catalogne , capitaine de la première compagnie àes gardes du corps , né le 4 février 1650 , mort à VerfaiUes le z octobre 170$,
put entrer aux petites carmélites. Me. la maréchale n'y a-t'elle pas un droit ? ma nièce aime l.-s couvens , & les filles de St. Cyr. E!l3 pourroit patTer des journées avec elles. On y meneroit le matin : l'on iroit la quérir le foir. Si' elle y pouvoit coucher quelquefois, ce feroit encore mieux. Je cherche ce qui peut débaralTer d'elle , & l'amufer : il n'y a rien de plus aifé : elle fent la perte qu'elle vient de faire : M. le maréchal avoit de grandes bontés pour elle. Je fuis avec une admiration pour votre vertu , que je ne puis exprimer : votre &c.