LETTRE XXXII
1695". J^ décembre.
J' A 1 toujours tant de ebofes à vous dire , Monfeigneur, & une fi grande envie de vous déveloper l'bomme énigmatique dont Dieu vous a chargé , que j'oublie tou-
* M. de Meaux avoit follicité cette lettre de cachet. L'exempt Defgrés après avoir cherché lon-tems fa preye , apprit qu'au faubourg St Antoine vers la raquette , il y avoit une petite maifon , où Ton n'entroit point qu'on n'en eut la clé : il en eut une, y «ntra , & y trouva Me. Guion , deux filles , une efpéce d'abbé nommé Couturier , le cantique des cantiques & les opéra de" Quinauk , un crucifix & le* comédies de Molière,
DE M A I N T Ii N O N.
jours mille chofes. Ne parlez point à 28, que je n'aie encore eu l'honneur de vous entretenir. Souvenez-vous, que vous m'avez promis une meflè à St. Cyr, une vifite à notre communauté, & une converfation avec moi : il faut que ce foit un dimanche ou un jeudi, ou une fête, afin que mes filles aient la confolation de communier de votre main : il faut être à St. Cyr. avant huit heures que Ton dit la meiTè de la communauté. Un diné avec les mifîionnaires vous convient fort. L'évcque de Chartres m'a mandé que vous étiez aufïi maitre dans fon diocefe que dans le vôtre. Nos filles veulent votre bénédi&ion. Je confierai au roi la complaifance que vous voulez bien avoir pour moi : & à la faveur de cette vifîte,nous prendrons des mefures pour l'avenir» Il faut attendre, Monfeigneur, que vous veuillez décider la difficulté que je vous fis hier, & m'avertir enfuite quelques jours d'avance. Je fçais que vous êtes accablé ; mais vous me l'avez promis : & ce fera un jour de repos pour vous en le comparant à tout ce que vous faites. M. le chancelier médit hier des merveilles de votre conduite & me fournit une occaflcn naturelle de glitïèr bien des chofes au roi , qui en leur tems porteront des fruits. Je ne ceffè de prier pour vous, Monfeigneur; & je rn'$ fens toujours portée»
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