LETTRE XLV
ce 8 avril. 1696
JE vis hier Me. la préf. de Nêmond,"" Monfeigneur, qui avec beaucoup d'humilité & de zèle veut bien fe charger des bonnes oeuvres que Me. fa mère * lui a recommandées, comme de ù communauté qai comprend le foin des pauvres , des éco-
* Me. de Miramion.
$6 Lettres de M a d.
les , des retraites , & le refte de la Providence, des nouveaux convertis, du refuge , de la chambre du travail, & de la bourfe cléricale : j'écrivis cette lifte devant elle afin de l'engager davantage. Elle me parut defirer que Me. la D. de Noailles voulut bien fe charger des pauvres de la paroiiïe de notre-dame de bonne nouvelle.
Le roi continuera à Me. de Nêmond les aumônes qu'il fefoit : mais par un mal-entendu il a cru qu'on ne lui demandoit pour ce quartier que <, oo écus : ainfi il n'a deftiné que cette fomme : il en a envoyé une Lien plus forte qu'à l'ordinaire à Me. de Nainfy. Il faudroit , ce me femble , que Vous en donnafîiez quelque chofe pour cette paroiiïè, & que vous convinffiez pour l'avenir de ce que Me. de Nêmond remettra entre les mains de Me. votre mère ou de M. Teckre ibus fes ordres.
Me. la préf. de Nêmond me témoigna une grande envie, Monfeigneur, de s'unir à Me. la D. de N . . . pour les bonnes œuvres fous votre protection. Mais ce qui la prelïè le plus, & avec raifon, c'eft de fe défaire de Me. la grande ducheffè. Le roi me dit hier au foir que jepouvois vous en follicitet de fa part. Songez donc, Monfeigneur, s il vous plait , à cette affaire. Cette princeife ne part plus de la maifon & redoute moins ce qui y relie , qu'elle ne craignoit Me.
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de Miramion : ainfi tous eft à craindre pour l'honneur de cette communauté.