‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 49 sur 243 · LETTRE L V · texte numérisé non relu

LETTRE L V

à St. Cyr, 14 août. 1696,

JE ne puis vous exprimer ma joie , Monfeigneur, de voir ce que Dieu fait dans le cœur du roi pour vous. Je m aperçois qu'il s'aproche de vous, que la confiance augmente , ou pour parler plus Julie , qu'il fe raiïùre fur v#us : car il vous eftimoir, vous goutoit , quand vous n'étiez que M. de Châlons : mais aujourd'hui , il y a du progrès : il ne fe peut taire du premier mouvement qu'il a vu en vous au dernier difcours qu'il vous a fait. Il eft édifié au dernier point : je ne le fuis pas moins que lui : on ne s'endurcit point à vos vertus. Je lui dis combien vous avez toujours été ferme fur la réfidence , & que vous n'aviez jamais confenti que M. de C ... demeurât précepteur , & devint archevêque.

Le roi eft naturellement exact & févere : ainfi ces maximes font de fon goût: il vous voit ferme. On vous accufe d'être trop

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doux : ne croïez pas , que ce foit-là un mauvais office auprès de lui : il craint les caractères rudes & âpres , quoiqu'il les veuille fermes. Dieu le difpofe , ce me femble, à fon falut , dès qu'il l'approche de fon palpeur : après cela, je n'aurai qu'à mourir en paix, fure qu'entre vos mains mon roi deviendra aeréable à Dieu. Continuez d'attaquer ce qu'il y a de mauvais dans les dévots avec votre douceur naturelle : chargez-le lui-même quelquefois de leur parler. Je ne fçais peut-être ce que je vous dis : car, en vérité, je fais tout avec précipitation.

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