LETTRE L V I
vendredi 1 à trois heures.
IL faut bien fe garder, M.nfleur, de voir le P. d'Émerique. Le P. de la Chaife a conté au rui , qu'il étoit ici , qu'il y eft venu fans permiftion : qu'il a dit que des pufffànces l'ont mandé, & qu'on le deftine à un grand emploi : qu*au relie, il a été vifité à Rome par le cardinal protecteur du janfénifme : que le père d'Émerique eir un homme de bien : mais qu'il poulïe bien loin la dévotion. Vous entendrez ce que cela veut dire. Les jéluites nous déclarent la guerre hautement de tous cotés.
de Maintenu n. 69
Et ceux qui aiment la paix font à plaindre. J'ai vu M. de Meaux : & de quelque coté que je me tourne, par-tour croix, afflictions , obftacles au bien. J'ai dit au roi, que vous aviez paru fouhaiter que ce boa père pattat ici , & que vous feri z ravi de le voir & que je le viife. Du relie j'ai tout ignoré. Je ne fai que vous confeiller là çfeiïus, Monfeigneur. Je vois tous les gens de bien fe partager. Si le roi eu de bonne foi , le choix fera difficile* S'il ne l'eft pas, il va avoir de beaux prétextes pour en demeurer à l'état de uéd-jur où il efh Le p^rti le plus fage ne feroit-il pas de m'écrire une lettre qui ne contiendroit que ces mots ? » Le per^' Emerique efl ici. » Vous favez le bien que je vous en ai » dit. Voudriez-vous en juger, vous-même » ou à Saint-Cyr , ou a Verfailles : « 6c Quelque autre chofe à pouvoir montrer l Çoyez fur vos gardes. Rien de miflérieux. Nous fommes épiés de tous cotés. Et fî Dieu ne me loutenoit , je ferois defefpérée d'être attachée où je fuis. Faites part Je cette lettre', Monfeigneur, à M. féyêque de Chartres.
7o Lettres de Ma d.