‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 68 sur 243 · LETTRE LXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXVI

à Marli 13 mai.

LE roi me charge , Monfeigneur , de vous faire la réponfe de M. Parch. de Cambrai. Mais comme vous êtes bien plus capable que moi d'entendre fa lettre , j'ai fapiiéle roi deconfentir à vous la montrer: vous me la renverrez , s'il vous piait, en me difant auffi un mot de l'état où eft Me. la ducheiïe de N. qui me donne bien de l'inquiétude & pour elle & pour vous. Le roi m'ordonne de vous dire de ne point faire de miftere de cette lettre , s'il y a quelque utilité à parler.

de M. de Cambra y au roi.

M. le duc de Beauvilliers m'a parlé de la part de V. M. fur mon livre. Je prends la liberté de lui confirmer ce que j'ai déjà eu l'honneur de lui dire : c'eft que je veux d- tout mon cœur recommencer l'examen de mon livre avec M. Parch. de P. M.

Tronfon , & M. Pirot qui l'avoient d'à-

de Main tenon. 9$

nord examiné. C'eft avec plaifir, Sire , J jue je profiterai de leurs lumières , pour changer ou pour expliquer les chofesqu© e reconnoitrai avec eux avoir befoin de i:hangement ou d'explication. Je crois, j >ire , en voir déjà arfèz pour pouvoir dire h V. M. qu'on ne me fera que des diffi- : :ultés faciles à lever. Pour le faire , je n'au- I ai qu'à ajouter Amplement à mon livre i liverfes chofes, que j'avois déjà mifes dans in ouvrage plus ample , & que j'ai reraachées dans l'imprimé pour abréger, ^'expérience me perfuade qu'elles font léceiïàires pour contenter beaucoup de lec- :eurs , auxquels tout eit nouveau en ces r.atieres. Quoique le pape foit mon feul juge , & que M. l'arch. de P. ne puiiîe agir avec moi que par perfuafion , je crois iroir de plus en plus , Sire , & avec une efpece de certitude , que nous n'aurons aucun embarras fur la doctrine , & que nous ferons au bout de quelques conférences pleinement d'accord même fur les termes. Si j'ai écrit au pape, V. M. fait que je l'ai fait par fon ordre t & même bien tard , quoique j'euflè du le faire dès le commencement. Car un évêque ne peut voir fa foi fufpe&e , fans en rendre compte au plutôt au St. Siège. J'avois même un intérêt preffant de ne me laitfèr pas prévenir par de* gens qui ont de grandes liajfoos à Rome*

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Cette affaire n'auroit pas tant duré, Sire , fi chacun avoit cherché comme moi à la finir. Il y a trois mois & demi , qu'on me fait attendre les remarques de M. de Meaux. Il m'avoit fait promettre qu'il neles montreroit qu'à moi, ou tout au plus à Mrs. i'arch. de Paris & l'évêq. de Chartres. Cependant il les a communiquées à diverfes autres perfonnes. Pour moi , je n'ai pu jufqu'ici les obtenir. Voilà ce qui fait , Sire , que l'examen que je dois faire avec M. I'arch. de P. & Mrs. T. & P. n'eft pas encore commencé. Il m'eft revenu par plufieurs bons endroits diverfes chofes qui me perfuadent , que ces remarques ne contiennent aucune difficulté qui doive nous arrêter : tout roule fur de pures équivoques qu'il fera très facile & très naturel de lever par des explications tirées de mon livre même. De ma part , je n'y perdrai pas un moment. Je fuis bien honteux & bien affligé , Sire , d'un fi long retardement qui fait durer l'éclat. C'eft un accablement pour moi de voir qu'il importune un maître , des bontés & des bienfaits duq el je fuis comblé. Mais, en vérité , Sire , fbfe dire que je fuis à plaindre, & non feulement pas à blâmer dans routes les circonibnees de ce mécompte, auquel 3? n'ai aucune part , & que j'efpere de fioir très promptement. Rien ne furpafïèra

mais le très profond refpeft , la parfaite •umhTion , & ie zèle inviolable avec leael je ferai toute ma vie &c.

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