LETTRE C V I I I
à Marli, 7 août,
JE vous ai cru accabié ces jours-ci ^ Monfeigneur , ck c'eft ce qui m'a em-.
pêchée de répondre aux deux dernières lettres que vous m'avez écrites. J'en ai fait voir au roi une qu'il n'a eu qu'à approuver. Pour l'autre , je ne fai pourquoi vous infiitez à me demander de vous parler librement. Ne l'ai-je pas toujours fait ? Je fuis très perfuadée que vous recevrez bien tous mes avis , puifque vous con« noiflez le principe qui m'engage à vous en donner , moi qui d'ailleurs ne fuis pas , je crois , d'une humeur bien rude. Si j'ai ■jarlé plus fortement que je ne vous l'ai montré fur l'affaire de Monfieur de Cambrai , c'eft que je voïois le mauvais effet n que la molleile faifoit dans le public. Mais en même tems j? comprenois vos raifons 3 & je voïois votre charité» De plus , je «ombien re dois foumettre mes v^es
DE M A I N T E N O N. I 3 l
aux vôtres. Et je n'aurai jamais de peine à cette déférence. Je vous, avertirai exactement des difpofitions du R. à votre égard. Je le vois tous les jours avec un extrême plaifir s'accoutumer à vous, &c vous confulter avec une entière confiance. Je renvoyai (i promptement votre déclaration , que je ne pus vous mander , que vous entriez , ce femble , fi profondément dans la matière, que je ne voïois plus d'étoffe pour l'inftruftion que vous préparez. J'ai reçu une lettre de M. le C. de Bouillon qui m'exhorte à finir cette affaireci. Je lui répondrai en général , que ce n'eft pas à moi à m'en mêler. De quelle façon qu'elle fe traite, je ne vois de tous côtés que fujets d'affli&ion. Si M. de C, n'eft pas condamné, c'eft un fier protecteur pour le quiétifme : s'il l'eft , c'eft une Hétriflùre dont il aura peine à fe relever» Mifiris fuccurrere difeo. J'ai voulu voir M. de Beauvilliers pour nous affliger enfemble. Je fuis très édifiée de tout ce que je vis en lui. Mais M. l'abbé de Langeron & M. du Puis ne lui tiennent gueres moins au cœur que M. de Cambrai. M.
J'évêque de Chartres me dit qu'on lui fait quelque propofition qui pourroit contenter. Dieu fait combien je fouhaite que cette affaire finiiïë & vite ck doucement ; Je vous avertis, Monfeigneur % que
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le roi voudroit que Marly fut pour tout cet été du diocefe de Chartres. Vous façez bien pourquoi.