LETTRE C I X
3 ottobre,
LE roi m'apprit la converfion de M. de Blanvile. Dieu veuille les défaire tous de leurs préventions !
Il me paroit par les nouvelles de Rome , Monfeigneur, que tout s'avance & fe difpofe à une condamnation plus ou moins forte. Je fuis fort traquille là-deffùs , depuis qu'on a montré à Rome la fource * de l'entêtement de M. de Cambrai. Vous avez fait ce qui dépend de Vous. C'efï à Dieu à faire le refte.
Je n'ai pas trouvé le R. difpofé à donner une penfion à Me. la ducheffè de Gêvres. Je parlai de Monfieur le marquis de Brancas , le premier jour qu'il fe préfenta lui-même à moi. Le R. ne me parut pas lui donner d'exclufion. Mais iln'étoit point encore déterminé.
Madame de Mffnil , ne peut être aiïèz louée du foin qu'elle a pris pour fes en-
* La lettre que Monfieur l'abbé de Fenelon lui avoù écrite en feptembre 1696 fur fes liaifons. avec Madame Guiorj.
de Maintenu n. i^j
fans. Mais elle a fatigué le R. par trop d'importunités. Rien n'eft plus fâcheux que d'accoutumer un R. aux refus.
Madame d'Hudicourt me dit à Marly J' que M. le cardinal d'Ettrées Tenvoyoif à Paris pour parler à Me. la ducheffè de Richelieu du mariage de Mademoifelle de Tourbe. Et je fçus enfuite qu'elle n'a» Voit pas fait ce voïage fans qu'on m'en ait dit la raifon. Je crains M. le comte de Lauzun qui veut lui faire époufer Mile, de Hevert. J'ai bien des raifons de défîrer Mademoifelle de Tourbe plutôt qu'une #utre.
Je fuis un peu plus environnée des grands qu'à l'ordinaire. Et cette lettre-ci eft. écrite à bien des reprifes. Madame la duchefïè de Bourgogne paflè fa journée chez moi. Le R. ne fort guère. Vous fa* vez , Monfeigneur , tout ce que je penfe là-deffus. Rien pour moi. Songez donc moins à ma fanté qu'à demander mes véritables befoins. La patience eft un des plus prelfés.