‹ Lettres de Madame de MaintenonChapitre 12 sur 19 · I'ET. DE M*. DE ST. GERAN · texte numérisé non relu

I'ET. DE M*. DE ST. GERAN

vous manque : vous aimez fort cette voliere-là , et il a fallu encore y renoncer ; mais vous savez mettre tout à profit.

Me. de Coulanges , qui protège et assiste autant qu'elle peut les filles de la Magdeleine , m'a chargé d'en faire la cour en vous présentant de leur part ce petit JESUS , le plus joli enfant du monde , en vérité. Si j'avois été consultée par ces saintes filles , je ne leur aurois point conseillé d'envoyer leur sacristain chargé de cette grande boîte ; car vous n'avez besoin ni de caresses > ni de sollicitations , ni de présents pour exciter votre charité dans les lieux dont vous connoissez la misère : quoi qu'il en soit , ledit sacristain m'a laissé cette boîte et la lettre de Me. de Coulanges , et s'en est retourné plus aisément, je crois, qu'il n'étoit venu.

LETTRE LIX

Oint de procédé , madame , plus généreux que le votre. A mon insu vous demandez une grâce pour moi : vous l'obtenez , et vous laissez à M. de Pontchartrain à me l'apprendre. En vérité > la somme dont le roi augmente ma pension est trop considérable. Je r.'aspirois qu'à

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une vie commode , et vous m'en procurez une agréable. Il me seroit bien difficile de vous exprimer ce qui se passe dans mon cœur sur vos bontés pour moi : il en est pénétré , et je ne puis m'empêcher de vous dire tout grossièrement que je vous aime comme ma vie : je fais marcher mon profond respect après les sentiments les plus tendres. Ce n'est point le cérémonial de la cour , mais c'est celui du cœur. Donnez-vous quelquefois le temps , madame , de faire réflexion combien vous êtes bonne , secourable , généreuse : ne craignez point ûen prendre aucun orgueil : vous ne sauriez mêler aucun défaut dans tout ce que vous devez connoître de vous. Je prends la liberté , madame , de vous supplier de rendre ma lettre au roi , si vous le jugez à propos. J'ai besoin de votre secours , aussi-bien pour remercier des grâces , que pour en demander.

Si le maréchal de Vilîars est assez heureux pour avoir servi le roi à son gré , il Test aussi beaucoup de l'avoir bien étc» par vous , madame , auprès de son maître. Vous savez que je hais le prince Eugène îe plus chrétiennement que je puis. Me. de Caylus devroit bien quelquefois

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me dire de vos nouvelles : il ne faut point compter sur ces gens de cour.

LETTRE LVIII

A Mon réveil , madame , j'apprends la prise de Bouchain. Avant que d'être saignée , je commence à vous en faire mon compliment : avec la fièvre et un gros rhume , on n'est point en état de se présenter sur le chemin du roi. Ayez la bonté , madame , de me secourir en cette occasion , vous qui ne m'avez abandonnée dans aucune. Dites-lui , s'il vous plaît , tout ce que lui auroit dit ma révérence. Je vais tâcher de me bien porter > puisque la paix qu'on nous promet nous annonce de beaux jours,

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LETTRES

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