‹ Lettres de madame RolandChapitre 18 sur 42 · AN^ÉE · texte numérisé non relu

AN^ÉE

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crois, à imprimer le reste sans graode façon, malgré la défense de M* Hoiiard^*^ s'il recevait un ordre de toi. Mais, ce que j'y vois de clair, c'est que tu peux faire retirer rédirion, dans le cas où ce parti le

smblerait convenable. Jai rempli tes iiilentioas sur tous les chefs en exprimant ce que tu penses, et je nai obtenu que ces réponses d'ami qui crut faire de son mieux, qui sent ce que tu fais pour lui et qui désire de loi justice pour ses intentions, et faveur pour lui-même. Je %iens d'essuyer une scène terrible, à force d*ôlre vive et pressante,

)ur rester avec eux plus longtemps ; ils mVml attendrie, mais j'ai tenu bon. parce que je t'ai mandé mes résolutions sur lesquelles tu auras pris saïis doute tes arrangements, et que dailleurs, par égard pour Faînée des amies, qui est absolument seule, je pense ne devoir pas tarder davantage. On nie charge des plus tendres témoignages d'attachemeul pour loi; nous soupons ce soir chez le frère f^\ à qui jai trouvé un air de sensibilité, même de douceur, que je n'attendais pas; il ne m'a quiHée, ainsi que l'autre, que pour me laisser écrire. Sa femme a un mal de genoux, reste d'une chute \ tout ce monde voudrait le voir et s'en exprime les larmes aux yeux. 0 mon ami, combien Ton t'aime ! et qu'ils ont raison 1 Va , leurs cœurs sont pleins de loi ; qu'est-ce »|ue toute celte tendresse auprès de celle de la tendie amie? Adieu, je f embrasse mille fois.

k PANCKOUCKE, A PARIS l'>,

37 mars 1781, ^ d*Amionf«.

respérais recevoir. Monsieur, durant Fabsence de M. de La Plalière, Texpédilion que vous aviez promis dt' lui faire il y a déjà plus d'un mois. Obligé par ses affaires de quitter cette ville pour quelques jours.

'"* Le censeur royal.

^ Michel Cousin.

f*! M». 9533. — Charle^-Josepli Vamloitcke (1736-1798)» \c cél^!jri* îmj>;i-

nieur, éJiteiir, libraire , jcuirnalisif, o\c . . , , avec lequel Roland venait tU; s'enijafjf^r (li'arli' (lu 3i il (Membre 1780) pour son Dicimtuaire des Manufactures. — Voir Appendice G.

il m*a témoigné', plus d'une fois avant son départ, son étonneraent de ne point recevoir votre envoi annoncé, la persuasion où il était qu'il me parviendrait pendant son absence, et le dessein qui! avait que je vous en écrivisse, s'il n'arrivait rien de votre part. Assez occupé d'ailleurs par différents objets, qu'il avait mis de côté pour se livrer à celui qui vous regarde, M. de La Platière ne peut rester plus longtemps dans l'incertitude à cet égard. Privé de l'exemplaire de l'Encyclopédie qu'il pouvait autrefois se procurer ici , ne recevant pas celui que vous devez lui fournir, il n'a rien commencé de relatif au projet de travail formé avec vous; trois mois sont déjà perdus, autant de retard à compter sur les parties qu'il devait vous fournir, en supposant qu'actuellement vous le mettiez à même de s'en occuper. Beaucoup de choses de goût le sollicitent d'un autre côté, et, si vous tardez encore à lui faciliter une décision en faveur de votre entreprise, vous ne devez plus compter sur sa coopération.

Je sui^. Monsieur, avec des sentiments très distingués,

Votre très humble servante,

Phi. DE LA PlATIÂRE.

À ROLAND [en VOYAGE ]f''.

91 mai 1781, — d* Amiens.

Il est douteux que tu reçoives cette lettre, je le sais, mon tendre ami; mais il m'est doux de te l'écrire et de penser que peut-être tu la recevras avec plaisir; je dis peuUétre quant à la réception; car je crois l'autre aussi certain pour toi que je le sens de tout ce qui me vient de ta part. Où es-tu dans ce moment? Tu es encore bien loin de revenir ! Jamais l'empire de l'habitude ne s'est uni plus fortement à Teffet d'un attachement profond , qu'il ne l'est actuellement chez moi pour

<"> Ms. 6fi38,fol. 137-138.

-flle rendre ton absence pénible* Je ne vis réellement qu'à demi, et, sans rt*s|iérance du bien que pourra te faire ce voyage, jointe à Tidée de sa nécessité, je soutiendrais impatit^niment ma situation- J'ai reçu hier une lettre de Dieppe, à mon retuur de la messe, trop tard pour y répondre par le môme courrier; je viens de le faire à M, Cousin, qui le fait une longue narrée sur re qu'il doit faire ou ne pas faiie ; je crois lui avoir écrit suivant tes intentions, en ronvenant qu'il pouvait mettre ses Observations sur la musique, sur Métastase, Chiari et Goldoni, en apostille à la lettre de Venise, comme d'un Vénitien amateur, afin de ne pas faire de suspension ni de couture dans ta lettre ; mais en le priant, sur toute chose, de mettre de la précision et ne rien insérer [autre» prose ou vers, dans tout le reste de l'ouvrage'^'; J ' écr is au frère '^^ par les bureaux '^^ pour lui envoyer des affiches qu il demande ; il désire aussi un volume de mathématiques, je ne sais trop ce que c'est, tu feras cette expédition à ton retour; je lui mande tout re que je sais de son ouvrage; j*ajoute des recommandations de veiller sur le ïrève dont la prolixité iifelfraye toujours et à qui j'ai tenu la bride courte autant qu'il m*a été possible. On voulait réponse subite, parce que Timpression va son train : j'ai dit pourtant que, si Ton pouvait envoyer les additions avant* ce serait encore mieux,

récris à M, Lanthenas, qui m'a envoyé des échantillons : il dit qu'il viendra nous voir dans le mois d^aoùt.

M* d*E. . -(*' est venu hier avec sa femme qui m'a l'air de s'accrocher à lui dans fabsence del cicisbeo'^ ; aujourd'hui le mari m'a envoyé un joH bouquet.

''1 Voir, sor les libertés que prenait Michel I avec le texte de rouvrage tloDt il diit rimpressioû , rAppeodice D.

f'ï Coufàn-îkisprémn, '^' Les bureaux des Intendants du commerce. — Voir i*Appendice F,

"^ M. Deu de Perlhes ( Vliidnme Roland ^crit presque toujours iVEu) , « directeur géoéni des Fermes à Amiens , pour le» gabelles,

les n-aitt^s, le tabac et les Lrigadeôn {Alm.de Picfirdie , 1 78 1 , p. â a ). ÎVous avons dit qu'il était le voisin des Roland , et fort li^j avec eux. — M. et M"* d'Eu sont Mquenimeut désignés dans la Correspondaoce par ^le voisin '^, — fth voisine 't, — tries voisins*.

^*^ M. Devina des Ervilles (Madame Roland écrit Ijabiluellenient iie fin) élail

AÂ

Je n'ai pas encore travaillé à quoi que ce soit de notre besogne; je tracasse, et je veux en Gnir de ces arrangements avant de commencer rien autre. Il a fait un orage affreux samedi, j'ai calculé que tu étais alors dans la forêt de Gompiègne, et, s'il y grêlait comme ici, tu devais être en effet aussi mal à Taise que je Tétais moi-même par cette crainte.

Visite de l'intendance, elc.W, que je n'ai point reçue, comme tu peux le penser; nulle nouvelle des grands-parents W ni des jeunes mariés(^); lettre du curé qui m'annonce les regrets de la bonne fille et son impossibilité de quitter ses parents; du reste, rien d'important à aucun égard.

Ménage-toi bien, mon cher et bon ami; sais-tu combien je pense à toi; comme je te désire? Va, dans ton absence, solitude et travail sont les seules choses que je puisse goûter. Tous ces visages qui ne disent rien m'impatientent; etj'aime mieux, comme je l'écrivais tout à l'heure, tuer les chenilles de mon jardin que de dire des riens en société. Adieu, je te presse sur mon cœur.

(t receveur gënëral des Fermes à Amiens pour les gabelles et les traites». De même que M. d*Eu, il revient souvent dans la Correspondance, et Madame Roland, en souriant des soins qu'il rendait à M"* d'Eu , rappelle fréquemment, comme ici, Al cidsbeoff, — ffD cavalière servante. . . t>.

^*) L'intendant d'Amiens était alors François-Marie Bruno, comte d'Agay (1771- 1790). Il avait épousé ia fille du marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, massacré le i4 juillet 1789. — Voir, sur ses rapports, assez difficiles, avec Roland, l'Appendice E.

^') Nous rencontrerons à chaque instant, dans la correspondance de 1781 à 178&,

«les grands-parents» ou bien tries bonnes mères». Ces expressions désignent M** de Bray, la mère deTavocat du Roi, née Marie- Antoinette Decourt, et sa sœur. M"* Madeleine Decourt, toutes deux fort Agées. D y avait entre elles et Roland un lien de parenté que nous n'avons pu déterminer exactement

<') Probablement la fille et le gendre de M. de Bray, l'avocat du Roi. — Voir /«ventaire des Archives de la Somme, B, i65 : (ri78i. Extrait du contrat de mariage de Jean-Baptiste-Fidèle-Auguste-Marie Durieux , écuyer, et Alexandrine-Louise-Antoinette- Madeleine de Bray de Flesselies.» On les retrouvera dans la suite.

àh

"[ï ROLAND, EN TOURNÉE <".J

a5 juillet 1781, — d'Amicni,

Tu naérilerais bien d'être embrass*'? de bon cœur pour mavoir donné 81 promptement de tes nuuvelles; mars le moyen pour une femme grosse d'embrasser un liomme à cheval? 11 ne lui reste plus i\nà rêver qu'elle est mieux à son aise, et qtiesto thofaUo io. Ton petit en a Iressaillî cinq à six fois, h me donner des coups de poing; c'est un effronlé lutin comme son pèie.

Tu sauras qu'il est aujourd'hui mercredi; je me souviens parfaitement ne devoir envoyer une lettre que demain : mais j*ai grande envie de causer avec toi; j'ai pourtant songe qu'en lîc satisfaisant point cette envie, le poupon en serait peut-être marqué, et qu'alors nous aurions le plaisir de voir la couleur d'une envie de cette espèce. Gomme ma curiosité n'est pas extrême, j'abandonne la connaissance de cette singidarilé et je vais mon train. Pour te rendre un compte fidèle de ma conduite, je le dirai que dimanche a été entièi*ement consacré à mon ménage et à mon herbier: c'est assez en dire et tu me vois déjà remuer touTti lourdes chemises et des fleurs, des baricots et des cbaussettcs. J'ai reçu une longne et pressante invitation des grands parents d'aller le lendemain manger de la tarte en llionneur de S*^ Madeleine, patronne de M'^^ Decourt, puis de souper, etc. . . J'ai accepté pour une partie, et le lundi après avoir gentiment travaillé le matin, j'ai dit un bonjour à M, d*Eu, j'ai tait une visite à M"'*' de Brayf^*, et je me suis rendue chez les mères. Il y avait grand monde ^ les Cannet et mille autres; j*aî fait ma partie pour la tarte et la causerie, puis, laissant jouer les amateurs, je suis rentrée sans rémission à sept heures et demie. On ra'a obligeamment grondée, mais, avec tout, il m'a bien

**> \U, 03 38, fut. 1 63-1 ^5. — '"^ M?ïrie-Louise Découd, fenime de I^avocat du roi, M. de Braj de Flei»gellL*s. — Voir Appendice E.

paru qu'on était reconnaissant de ce que j'avais bien voulu me déplacer même pour deux heures.

Parlons d'autre chose.

Il m'est venu, le aS, une lettre bien honnête de M. TiHetW. H dit sommairement que, sans avoir jugé que tu étais éloigné, etc., il avait cru entrevoir que, tenant au fond de la chose et la défendant avec beaucoup d'énergie y tu ne te prêterais aux changements, etc., que par égard pour l'Académie. Mais que, ne tenant point à l'Introduction, il ne s'agissait plus d'un changement d'expressions qui, effectivement, pourrait ne contenter personne et que la discumon tombait taialemerU. Suivent des choses honnêtes et des assurances d'attachement. Aucune autre explication sur le comment cela se fera , ni sur l'Académie, ni sur les commissaires; rien au monde que ce que je viens d'exprimer. Mon premier mouvement, je l'avoue, a été d'un peu de regret d'avoir lâché la bride à ces messieurs qui me paraissent évidemment avoir été fort embarrassés par tes réponses; mais, en y réfléchissant, je crois qu'Ss doivent l'être encore plus que ce bon M. Tillet ne semble le soupçonner, et je ne suis pas si fâchée : car, à tout prendre et en fournissant les pièces, tu seras en état de faire preuve à la fois d'une persuasion, d'une énergie, d'une modération qui ne se le cèdent point entre elles; ainsi benimmo : attendons les autres, dont je n'ai toujours pas le moindre vent.

M. Hoffmann t'a écrit des remercîments, en t'en voyant une assignation à son ordre pour tes déboursés; comme je n'ai pas besoin d'argent et que la nature du papier ne souffre pas du délai, je l'ai serré sans en faire usage.

^*) M. Tillet (1790-1791), membre et Appendice G. — M. Tillet fut aussi un des

trésorier adjoint de TAcadëmie des sciences. commissaires nommés par TAcadémîe pour

Il était associé de la Société d'agricnlture examiner un autre ouvrage de Roland, Tiirf

de Rouen {Tableau de Rouen , f, li33) , d'oh du tourbier, qu*il venait d'entreprendre,

peut-être Torigine de sa bienveillance pour — Voir h ce sujet les lettres très vives des

Roland.— Il s'agit ici de IV Introduction» 5 août 1781, a 9 juin et 10 juillet 1789,

h Y Art du fabricant du velours de coton ^ dont adressées par lui à M. Tillet (ms. 6943,

TAcadémie demandait la suppression. Voir fol. 199-1 93).

0 pauvre Boulay^^^ labricant de bas à Caen, fa adre.ss<5 deux lettres [H'i*ssantes sur les dillirullés qu'on Ini l'ail; je ne sais pas si tu peH\ Ip mêler de ses affaires, mais, comme il me paraissait fort en peine, je lui at écrit que lu étais absent, que mon premier soin serait (le lit rometlre ses lettres à ton retour el que lu le servirais si le bien [iiïWirel les devoirs de ta place te le permettaient*

J'ai aussi fait un petit billet dliunnêteté, comme de ta part, à M. I.';\[)oslole<*^ en lui disant que tu m'en avais chargée, étant, par Ion voyage, empèehé d'aller le voir. Je viens d'écrire longuement à \P''(Ir la Belouze^^^; j'ai été interrompue par M. Dupenon'^l qui m'a M ennuyée; il était venu me prier de remettre tels et tels volumes *le lïncyclopédie el du Dictionnaire a l'homme qu'il enverrait; je lui ai iû f(iie je rae réglerais sur ce qu'il me ferait remettre, pour lui rendre mlrv chose; il n'a pas paru trop flatté, et m'a prié d'observer qu'une partie du C étant dans ie deuxième voliinu* du Dictionnaire *pri] gar- Jarf, el devant faire marcher en même temps ce qui cunceriiait cette ieUre, il avait besoin des volumes C correspondants de rEneyclopédie, ^'t qu'il les désirait pour continuer son travail; comme cette raison a fair plausible et que je n'aurais pu la réfuter que par la recommandation que tu m'avais faite et que j*ai pensé ne pas devoir dire^ j'ai donné les volumes.

I Ledit sieur m'a dit encore que les gardes-marchands ne venaient toujours point au bureau, qu'ils disaient ny avoir que faire quand

^ et la tetU^ suivante.

^ Loposlole, «^ apothicaire du Roi pour

» nmladii^ cpidemiqnes, il^^monstrateur de

rbimie el nicmlirc de T Académie des scienccis

"Hef-lettreç el avis d'Aniiens, Basse-Rue-

Ï'-Mortin^ ( Mm. de Picm-die, 1781, p. 5 o).

I— [jipo9(oJe fut. avec le oi<yecin dlier-

Ivitlei el fabljti Reynard, profess*^ur rie phy-

Mcjue aa collège , un de^ plus actifs proino-

tan du niouvemenl seif^nlirique h Ainimis

1 1*» /innées qui précédèrent la Révolu-

. — \ oir htvetitnirtf des Archives d'Amiens

el Inventaire deê Archives de la Somme ^ pas* sim: — cf» Biographie dvi hommes célèbres de ia Somme, Amiens, 1 83 5- 1837, 3 vol, article RejiiariL

^^^ Voir, sur cette pareole d^îvonëe des Rolanil , l'Appendice C

^** Couard du Perron, enlève insj>ecteur lien manufactures h Amieii'^ (Almanath rotfal de 1783, p. '37 1); il fut ensuite sous-inapecteur a Moulins (ibid., 178^, p. *ijli)^ puis inspecleur à Soissons {ibid*, 1786, p. ^79).

iH

rinspecleiir ne s*y tenait pas, et que c'était à lui, payé pour cela, d'y étre'^l — M. Blonde! W ta écrit, m réponse à ta lettre du 27 juin, dans laquelle tu avais annoncé les iéclamations des merciers-drapiers sur la réunion du Bureau de contrôle avec celui des fabricants; il le charge de les prévenir que rinlenlion du Conseil est que rexécution des rejrlements soit maintenue, et quVu conséquence il ne doit exister quun bureau composé de fabricants et de marchands.

J'ai revu lundi, avec M, d*Eu, nos échantillons de plantes aquatiques, et je lui ai remis les listes qu'il m'a demandées pour les arranger; je suis bien aise de lui laisser faire ce qu*il pourra, ce qu^il saura; après quoi, j'ordonneiai le tout dans notre mémoire. Je l'ai fini, à rexception : i*" de celte addition botanique; 3*» de la liste des auteurs et des ouvrages; le commencement que tu en as fait est si bien abrégé, que je nai pas l'esprit d'en tirer parti sans feuilleter de nouveau* C'est à quoi je vais me mettre en continuant les deux journaux de Physique et d'Er.otiomie. Nous aurons bien à relire, je crois, et quehjues corrections à faire avant le mis au net; mais les grandes parties sont liées et rensemble sera bon, à ce que j'espère. Vous avez fait d'excellentes choses, mon cher maître, et le certain air scientifique dans les discussions chimiques ou minéralfigiques n y ligure pas maL

J'oubliais de te dire que lundi encore M. Renard (^1, le professeur,

^** \'oir hwmlaire des Archives d*Amiem, AA, atj, fol. if)3, leUre des ofïïciers muni* cipfiiix h riiileiKlaiil, du 27 juillet tyS-j : ^ .., 11 [Kolnnd] nev(ïil rien pHr liii'iru"'nie: nu lieu de venir clini|uo jour a la hidlc et d'y veiller en jmrsorine au tnaiiUiea des règflorneub, il resle erirernie chez lui; il se coiifeuLe d'envoyer de tein{»s en teiïips T^^lève de ijumufiictures, jeune et sons c<jnniîissance . . , n

^'^ M. Blondel, nu d*^s quatre Tutendjuils du fouî [îieiTP» Il avait hi Picardie dans Jiort depïiiiemeut, et c'est de lui, par suite, que Roland relevait jdus partieulièienieut»

^'^ L*al)bë Justinien Heynard (1740- 1 8 j 8 ) , pi'ofeaseur de pliiiosophie au collège d'Atuien»* (puis de physi([ue k partir de 1786), membre de T Académie d'Amiens.

— Voir, sur ce laborieui physicien, trè« atteutil'aux progrès des scieuces, deux articles forts in ti^ressaïUs, Tim, de fa Biographie liabhû. Supplément; l'autre, de la Bhgr&phie des hmnmei célibrtâ de la Soifime. Cf. Ahnamwhn de Picardie ^ de 1781 h 178^,

— n-Le principal du colK^ge d'Amieriii le regardait comme uu ^^ novateur dangereux-» {ltioijt\ de i(t Somme), Il en»eî|fiiail la pby* sique ( n li'ancaifïl

AiNNÉE 1781.

est venu t'amcDer un monsieur, de Lille, avec lequel il voulait te faire feiriî connaissance , ou, pour dire romme lui, jinquel il souliailciit procumrla tienne- C'est un gendre de M. Houzey^'\ qui paraît avoir du godlel ([uelques connaissances : il a passé six mois en Italie; il a vu avec enthousiasme tableaux, statues, ruines, médailles; il s'est Irouvé eii pays de eounaifisance au milieu de ton cabine!; les Piranèse, les autres gravures, les soufres, etc., lui paraissent familiers; on a demande à voir tes laves, tes marbres; j'ai conduit, j'ai montré; tous les ol>jeU d'histoire naturelle ont intéressé; ce personnage, honnête et doux , dit élre lié avec M. Romey de Lille ^-^; il venail de voir M. L'Apostole qui lui avait promis une petite collection de tourbes; de celles que tu foulais, peut-être; j'en ai dit quelque chose. Enfin on a été Hirès fâché de ne pas te rencontrer: partie remise [)tHir un autre voyage; ^HL Renard a dit beaucoup de choses de toi, très bonnes et bien vues : ^tn me parais placé convenablement dans son estime.

Je vais laisser mon paquet ouvert, jusqu'à demain a Ilieure du cour-

iier : peut-être aurai-je à te dire des nouvelles. Dors en paix; la cave va bien, la maison n*esl pas brûlée, et tu Plft bien que ta femme, sans avoir sa barque pleine, ne prend pas de kassagcrs'^^ Mes Clles vont leur train : ce n'est pas sans peine; la pelile Marie ^*^ avec son air doucet, n'a pas grand jugement et ne vaut

*** Hoozë, recevear des teilles de î'I^lccfoa el conuiiis à la Uecetle gt'n<îra|p des li - K membre de t*Acad<$iiiie d'Amiens [Alm. de Picat'dle, 1781)»

'** IloiiK' de t Isle (1736-1790). Lei Ro- ■od avai^t dëjà ea tendu parler de ce mteant niin»iralo^isle par leur iiini Bosc, son H<*ii\ En 1784, BoBç coiiduba cbez lui nimme Roland (voir tcUre du i4 mai 1784). — Au n"* cxït du Patriote français tt6 mars 179^} on trouve, sur timué de ilslr. morl le 7 mars, un artiefe (rè» ëmu» kiti |K)iirrait Uinu <*tr« de Bose.

^*' CcMe ïillriâion h ta trop ci^tebre Julie ,

fille d'Aiigiisle et femme iFAgrippa, prouve que Madame Iloland lisait ou se laisîHiil riter Braiitâme. rrLui estant demandé une fois si elle n'avoit poiut de crainte d*engifiiss<n' de ses amys, et que son mary s'en a[»erceuîît et ûe 8*affolaBt, elle i*espondit : n- J'y mets oi'dre, t car je ne reçois jamais pei-sonne ny pas- (T gager dana mon navire, si-uon quand il rtcsi chargé et pteiu> (Fie des Dames ^a- Inntes , diweom^s t.)

^*' C est prnlmblemetit d^jà Marie-Marguérite Fleury, ipn était eurore au i^ervicc des tîoland eu tj{]*^. ^- Vfiir sur elle Appendice T,

LtmUL» l>C «Al^iUt: HUM^D.

llWfeltill «élHlSiAtft

pas toujours mieux qu'une autre. Soit peur ou sorte de finesse, elle a comme voulu tâter le terrain. J'ai montré la porte, toute ouverte, à quiconque aurait la moindre idée de sortir, et moi comme très pressée de me défaire de celle qui en aurait la plus légère envie. Ma foi, la peur est venue tout de bon : elle fait de son mieux aujourd'hui. Adieu, loup-loup, reviens bien vite; il m'ennuie fort de ne pas te voir.

J'ai écrit à M. Flesselles (^^ des questions de ma façon sur une partie que je trouve absolument incomplète : c'est l'emploi des cendres pour engrais. Il faut bien dire : quelle est la meilleure cendre de tourbe pour cet objet; en quelle quantité à peu près on doit l'employer relar tivement aux différentes qualités de terres; comment et dans quel temps; quels sont les abus de cet usage, s'il y en a; comment on pourrait mieux faire; quels sont et quels pourraient être les résultats? Je n'ai rien reçu de Rollot'^'; rien de Rouen : c'est inconcevable; M. de Vin est venu ce soir causer politique; il demande expressément d'être nommé dans ma lettre comme un de ceux qui t'aiment beaucoup et te disent mille choses. M. d'Eu est venu ensuite , j'ai demandé notre liste pour demain; je cherche comme une perdue dans ces journaux où je ne trouve guère. Le rondinelle hanno fatto dei piccoli che susurrano; io, non posso bisbigliare, perché sono sola. Aspettoti, rivîeni frettolosamente al dolce nido ovc mesta la tua compagna ti brama. Vado al letto, idol raio, colla cara sembianza tua in petto.

Enfin, nouvelles de Rouen : les deux amies pensent et parlent comme écrivait la cadette '*^.

M. Jusl^imont est content : il trouve dans la réponse toute la force

(*) Loiiis Flesselles ou"'de Flesselles, le lomètresde Montdidier. On y fabrique eiH

plus entreprenant des manufacturiers d' A- core «tdes cendres vitrioliques». (Joanne,

miens, ami dëvoué des Roland, va tenir DtcL de la France.) tant de place dans la Correspondance, que ^'^ La cadelle des demoiselles Malortie,

nous croyons nécessaire de lui consacrer que Roland avait aimée et qui était morte,

une notice. — Voir Appendice I. Il Ta pleurée, en prose poétique, soos le

^*^ Rollol, gros bourg de Picardie à (j ki- nom de Cléobulinc. -^ Voir Appendice D.

la modération possiLlcs; MM Baillièri' el Le MonnitM* en sont parfaitement satisfaits; M. Jusl. doit apprendre Teflel qu'elle aura produit diiiis la famille de M. H.''\ il uons en fera part* Il désirerait t|ue tu publiasses tes réponses à rAcadémie, il a la plus j>nuule impatience dt! les voir. Les amies les attendent aussi, et demandent encore une douzaine de brochures pour lesipielles elles ont des places toutes prèles- J'ai envie de m'informer du jour dn départ d'une voiture pour Kouen« et d'en faire l'expédition, à laipielle je joindrai la copie des épîlres académiques. Zmon''^' a fait des merveilles; fui dit be*nicoup de choses d',4njs(o/e, qui trouve cela fort bien.

Je reçois une lettre de M. Foujjeioux^^^ qui répond comme tu lut as écrit : sans parler de l'autre aflaire, il t'ahaiHlonne l'article en (piesti^m et avait chargé Panckoucke''*^ de l'eu écrire : cause dn retardemeni de

ri'

ponse.

Des millions de choses de M. Just., enchanté des lettres

dltalie, ayant fait l'envoi à sou frère et travaillant de son coté. Reviens donc, mon ami, je t'embrasse et t'aime comme tu sais.

''* H. désigne Holker père, tr inspection r pcrnr les maiiufaciiires étrangèn^s, jeaceli iloueu^» [Alm* rw^rt/rle 1783 .

(1. S70), personnage très cotisiJëi'able, daiU llûlaiid &*éUii aUiré rauirijosiie, — I^a ^rëpoo^e^ dottl il est que^^tion ici asi une v6fiiffoe cjae UoJand venait de km paratlre k un ItbeUe Imycé par Holkei* cmiive lui. — Voir Appco(tice G.

**' D*après le document de lyyîi que iMNtf avoQ» cité (leUre 11), Zenon serait » M, Gnëroult , de Rouen ^,

' ' Fougero u x 1 le Bond aroy ( 1 7 3 3 - 1 7 8 (| ) , membre de r\cadëmie des sciences depuis iy58* IJ était un de^ couiMiissairesde l'Aca*

tiie chargés di' régie i* le difTéreud survenu Rolaod et lloikor (voir Ap|>eïidice G).

Mais il s^agissait encore ici d*une auti^ affaire, h tin voir de su co l lai îont lion à VEnctfdopédie mctiiiMitifue , dont Panckouckc leutait rejdreprÎHe, el a lacpieîîe lioland, ainsi quVm Ta vu, donnait son concours. — Voir réloge de FtKigeroux» par Coudorret (t. III des (M^uvreu de Coiidoiret). Fougeronx et Rtiland avaient déjà collahoré clans la Collection des Arts, on Fongeroux avait pulitié quatre nionograpliies, VArt du coutelier^ VAti du (omwlîer, etc,

**' Voir aux Papiers Roiand , mn. <ji>3'J, fol. 1^/1, ujie lettredu 7 juillet 1781, par laquelle Fougeronx prie Panckoucke* non sans mauvaise i^i'aee, de faire savoir à liolaud qu'il renonce à décrire ^plusieui^ Arts tenant h la ruliinerie".

[À. ROLAND, À PARIS "J

Jeudi, i5 nofembre 1781, — [d^ Amiens.]

Tu es arrivé sans doute, mon cher et bon ami^^'; j'atlends de les nouvelles avec impatience, comme le restaurant le plus nécessaire dans ton absence ; je t'ai renvoyé une lettre arrivée sous contre-seing et qui n'avait pas la petite marque; j'en ai reçu une de M. Hoffmann qui t'écrit de Paris, où il est rue Poissonnière, maison de M. Le Prince. Une affaire de conséquence l'amène dans cette capitale, il n'est question de rien moins que de toute sa fortune : procès avec son intendant, etc. 11 désire beaucoup de te voir et te prie de le faire avertir si tu vas dans cette ville; il te parle de sa mécanique à fller dont il est assez content. Je crois, d'après cet exposé, pouvoir me dispenser de t'envoyer son épître; j'ai dessein de t'en faire passer quelques-unes pour Villefranclie , et je ne veux pas grossir le paquet inutilement.

M. Duperron est venu te demander, ainsi qu'un espèce de commis, je crois, de M. d'Antin'^^; on leur a dit que tu étais sorti, ainsi que nous en étions convenus. Je suis fort en peine de ta santé, je crains le rhume, cet air humide, les tracas de Paris, que sais-je? Je crains tout, quand je ne te vois pas. J'espère au moins que tu peux te chauffer; c'est devenu pour moi cliose bien difficile; il fait un temps affreux, et ce vilain vent qui rabat la fumée dans toutes nos cheminées! Je ne sais où mettre mon poussin W, j'ai éteint le feu de ma chambre

^'^ Ms. 6a38, fol. 148-169. Il y avait ^'^ D'Anlin, ou probabiemenl Danlin.

1 5 novembre au nianuscril. Une correclion Nous ne savons qui il est. — Voir lettre du

ancienne a substitue 16, mais à tort, car a6 décembre 1781 : <tM. d'Herviilez, dont

le i5 novembre 1781 était bien un jeudi. la femme est une d*Antin. . . n

^*^ Roland élail h Paris, à Ibôlol de Lyon ^*^ wLe poussin?), Eudora Roland, née le

où il avait retrouvé Lanlbenas, depuis le 6 octobre 1781. L expression reviendra à

i3 novembre (voir ms. ùûho, fol. 90, chaque page des lettres de Madame Roland

lettre de Roland du 16 novembre). et de son mari.

Ïin de pouvoir y respirer; lu sais comiuonl on csl dans lr*ri lahuiet t'u iiviUe circonstance; j'y viens pourtant siVlier mes priillasMjns et dealer mes pifds. An mllien de ces petites misères» notre petite va très

Lien; c'est ma consolation. Elle ne rit pas mieux ([ue lu ne Tas vu ftire, mais elle le fait plus souveul en me fixant, et j(* veux iniagifier ~qne c'est mieux qu'une grimace.

^ M- Cannet^*^ a débarrassé M, d*Eu avant-hier, et M'"*" d'Eu est accou- ^liée hier à midi d'une fdie; non mari en est tout lionteux, elle en a

de l'humeur; je um jamais rien vti de si g-rotesquc. Je suis sorlie ce ^ualiu pour les aller voir, et j'ai Hé tort étoimée de me sentir tatiffuéc Bl^ celle course. Bon Dieu ! combien une nouvelle accouchée qu'on

trouve seule, sans enfant, me paraît bizarre 1 La pauvre enfant suçait

ses doigts et buvait du lait de vache, dans une chambre éloignée de sa Hière, en atleudant la mercenaire qui devait rallaîter. Le père était Tort empressé de faire faire la cérémonie du baplï^me, p(mr expédier

an village celle petite créature.

Tiens, mon ami, ce n'est pas ma faute; mais je les esliuie tous les ^^eu\ encore un peu moins depuis que j'ai été témoin de leur indilfé- ^Venee. Le mari était venu me voir mardi; je lui avais appris tan départ

el la raison du silence qu'il m'a paru 1res bien sentir. Ses promesses

K l'ont fait croire que je pourrais t'envoyer incessamnumt la petite bomiquc, mais son nouvrd eui barras va lui fouruir des excuses. Je lisWinckelmann et M. de Paw^'-*^; je voudrais bien faire quelque rh(»se qui le fût utile, mais je travaille peu. Mon ménage a été nier-

* Nous fir savons dr quel Cariupt il i»sl laoD. Penl-^ire do <-ajmet, audileur a ia abri' des comptes (voir Appeadire A), habitait F^aris el «jui se serait trouvé, ' qiidfjiies jours, l'hAle de M, d'Eu, à

^'' H nous parait su perdu de faire une

1 sur IViofi^'linann. (Jaanl h Corneille

j qui fut oncle d' Anacliarnis ClcwiL*?.

Di muê c0OleEiteiiin8 de remorquer qne

Ihtvs avdjeut élé une des lectures qui

nvaieul h' |)ias nrnipf^ M^rie l*hlipoiK Kl le les imnlyst' lcifïf}uei»]iMil tUmn nés ieUi'^s mix dutuoiseiles (iuiuiet (a5 uoi\t, 27 octobre, 3o novembre, 10 dé-emhre 1776); on trouve en outre, aux Papiers Ihland, iiks* ^*2hh » foL l'iH'i/iti, parmi les iiuuiusrtiis de jeuuf^ tille do Marie Fbiipou, \m long extrait des Recherches nur !m E/jtfpiiens et les (JiîHoi.'i, Par contre, le Diciminaire des manvfactitres , où l'on retrouve plus d'une fois la main ih' Madame 1 lof ami (dans les

veilleusement ces jours-ci, parce que j'ai tenu la bride courte; mais je rôde dans la maison jusqu'à midi, et ce train, excellent pour cet objet, ne favorise pas le travail du cabinet. Je n'ai pas eu une nuit bien bonne depuis ton départ; tu m'occupes toujours vivement, et, malgré moi, avec une teinte de tristesse quand tu es éloigné. Cependant je me porte bien, mon estomac se tire toujours d'affaire à ravir et mon lait ne m'incommode plus. Addio, carissimo amico, Gnque domani. T'abbraccio teneramente.

SamedL

Je reçois enfin de tes nouvelles^*', et je vois avec attendrissement et chagrin que tu es déjà inquiet; l'heure de la poste s'est passée hier avant que j'eusse préparé mon paquet. Joséphine'^' est prise d'une fluxion sur les yeux dont elle n'a plus l'usage par cette incommodité; j'ai fait venir Ancelin (^', qui a hésité de la saigner pour raison ; bains de pied, bouillon de veau, etc.; il faut que Marguerite t*^ aille au dehors, que je sois à l'enfant et à la malade. Heureusement les maux de cette espèce ne sont pas de longue durée. Je t'ai encore renvoyé précipitamment une lettre hier matin. M. Duperron est revenu deux fois; à la première, je ferai dire que tu es absent. M. Price'^J est venu aussi; il m'a parlé en dernier lieu; désirant savoir le moment de ton départ pour Paris, je lui ai appris que tu y étais; il doit m'apporter un paquet à te faire passer.

Je t'écris pour ainsi dire sur mon genou, encore dans la fumée et tourmentée de ma pauvre petite qui , depuis hier au soir, a des coliques fréquentes. L'heure presse, ma malade pleure comme un enfant et

dissertations d'ordre gënëral), renferme, t. III, p. 699, des <T Observations sur quelques points des recherches philosophiques de M. de Pawn, dun ton très acerbe.

^'^ La lettre de Roland du 16 novembre 1781 (ms. 6q6o, fol. 91).

^*^ Joséphine, la cuisinière. — Voir Appendice E.

^^^ Louis-Eustache Anselin, doyen des

chirurgiens d'Amiens , demeurant rue I Notre-Dame (i/m. de Picardie, 1 781 , p. 77 ; Inventaire de la Somme, sdrie C, iGaS). — Reçu membre de l'Académie d'Amiens en 1783 (voir lettre du 26 aoiit 1788).

^*' Sa bonne, Marie-Marguerite Fleury.

^^' Price était l'associé de Flesseiles pour les n- apprêts anglais n qui faisaient concurrence à ceux de Holker. — Voir Appendice I.

ne prend pas ainsi le cheiniii de guérir ses yeux. Je nie seus Hssez leste aiijourdliui; ta lettre ma mfraîchi le sang. Mille choses à M. Lauthenas; paix et courage à tous deux, au milieu des tracas île h ville. Les diflicultés me paraissent s'accumuler pour ralTaire en questiaii''^; tti es bon et sage pour laire ce qui convient 1«^ micMix, Riippelle-moi n ^P^^de la B[elouze]; je Renverrai une lettre pour elle à la première fois, et ce sera bientôt.

Adieu, bonjour, devine et reçois tout ce que je sens el voudrais te dii*e.

k M. ROLAND DE LA PLATIÉRE, À VILLEFRANCIIE ^''.

. . . » . uoveriîbre 1781, — d'Aimei)â.

Eh bien ! mon cher frère, ce n est qu'une tille I. , . Je vous en fais mes excuses très humbles, mais de plus habiles que moi ne s'y enlendenl pas mieux, comme vous le voyez; et si UL^tre ami s'y est trompé, eooimenl vouliez-vous que je le devinasse? Au reste, je vous promets bien que cette petite nièce vous aimera tant, que vous lui pardonnerez d*avoir mis le nez dans ce monde où Ton croyait qu'elle n'avait que Caire. Dans cette assurance et avec promesse de mieux faire à favenir, f espère que vous m accorderez la paix; je me hâte de vous la demander, car je vous crois bien el dûment fâché; je sais de quel œil vous voyez la drogue, et comme ceux qui la vendent savent mieux que pei-sonne le peu qu'elle vaut, je conviens qu'elle est embarrassante. Je

'•' L*iifljiirt* iies Lettres do rwonnuissance di» tiotiI**sse (»n traDoblisseuieul , que llcibnd , |lllOl^^f par sn (binille de \ iUcfranclie , aviiil , eotr^jyri» de soiliciLer. — Voir là-rlessus V|>peD<lri>' J. tt i^rivail h sa femme, le iG m*- Trrnbre (ms. 6^ào, foi. tji) : «rli n\ a Heu è faire pour le cas de la recanuuissîiiioe; il but de» titres (>Ius claii-s que le jour. Je vais

voir [mur l*aîïlro cas [anoblistjeraMil], pour lequH faiii-tl encore de ivini j^randei^ |)ro- (fictifms, et au bouL de loiif une dé|>ense de deux mil Je écm au raoïas , pour mare d'oi\ frais de sceau, nklaction, vénlicatiim , enreyislreineiil, etc. C\^t un |ieu i^^lVoidisiîimt, Qous verrons cependaut.i»

crois avoir rempli lorilps \ph ronditions d*iine bonne confession; ne parlons donc pins do h chose, si ce n'est pour les accessoires.

J*ai éié sensible plus que je ne saurais dire à rin4jijielu(Ie que vous nous avez ti^muignée; je recueiileces marques d'ainilié avec un charme inexprinitible, elles pénèlrenl mon cœur et me rendent délicieux les liens qui m'attachent à vous. Dans la retraite de notre paisible ménage, nous ignorons le besoin des distractions et de la société commune; mais les sentiments qui nous animent nous rendent d*autant plus chei-s ceux de nos parents qui savent les partager. IndKïérents aux personnages qui nous environnent, au point de ne les voir que pour éviter la singularité, nous tenons à cent lieues de nous avec une affection et une complaisance qui ne peuvent se comparer que Tune à fautre. Nous aimons en solitaires : peu d'objets, mais avec transport. G*est, je crois, où doivent en venir toutes lésâmes honnêtes qui onldeTénergie. Amenée depuis longtemps à celte disposition, comment ne se seraitelle pas tortillée avec ceux qui présentent à mon estime des sujets tels que je les désirais pour l'appliquer justement, et dont je sens toujours mieux la rareté à mesure que les comparaisons se multiplient? C'est diaprés eux que jVspère voir un jour le petit tiers qui 8*élève à nos côtés apprécier les hommes et les choses, et juger combien peu, en nombre, des uns et des autres méritent de Taflecter; en choisissant ainsi ses modèles, je ne craindra! pas qu'il (irodigue ses sentiments à des objets indignes. Mais, en me livrant à ces idées, peul-Atre détniirn<^je trop les jeux de rincertitude et la fragilité de rcxistence d'un être si jeune et si faible; cette réilexion me serre le cœur parfois et jette une gaze sur mes jouissances précoces. Pauvre humanité! La crainte environne toujours le plaisir, im)ine dès rinstant qu'il vient de naître.

Je m'aperçois que je vais philosopher tristement; ce serait bien étrange en vous écrivant, mon cher frère, si de vous écrire ne me rappelait la dist-ance où vous êtes. Celle où je suis de mon bon ami peut contribuer encore à diminuer ma gaieté. Nous sommes séparés depuis plusieurs jours et pour quelque temps; il est à Paris, occupé de diverses affaires et particuhèrement de celle pour la(|uelle vous nous en-

voydles le mémoire sign^^^*'. Nécessité, raisons me font npprouver l'absence; rien ne me lait nfh.iLjhier à elle, pas môrae Iri pelite fille qui me donne k remplir des fonctions si chères. Kllc requiert mes soins à ce moment, et je vous qiiiltc pour liii faire sucer avec le lait le tendre ^itbichement que je vous ai voué pour jamais; cette idée ajouterait à mouEèle^s^il pouvait i^trc augmenté; mais certainement elle accroît mon plaisir. Adieu, clier frère; recevez mes embrassements.

[À ttOLAISD, À PARIS".]

tHninnclm nu snir [t8 novomlirr» 1781, — (rAiiiiotts).

Tai eu tant d*hurneur ce matin que je suis tout étonnée de me trouver sans Gel; l'aigre Josépliîne m'avait aigrie moi-m^me plus que je crois ne Tavoir encore élé : elle en est aux gémissements, et je suis prête à pardonner. Je fai écrit à raidi pour oublier ces tracasseries, mais je l'en entretenais; je viens de trouver cela si dégoûtant, que je le stte au feu.

Tu trouveras ceci bien griffonné, je n'ai qu'une main de libre et je ii'l regarde que de côté, ma petite est sur mes genoux, où il faut la garder la moitié du joui'. Elle tient le sein deux heures de suite en faisant de petits sommeils qu'elle interrompt pour sucer. Si on Tôte, elle pleure et mange ses poings. Je suis obligée, diins ime m Ame séance, de la porter allernativement aux deux cotés, parce qu'ellr' vient à bout de les épuiser, ou à peu près. Elfe prend étonnamment et elle en rend

'*' JJ s'ajjil d'un -Momoire d"exU*actM>n', rfinià élat>lir U*s litres t[u'avali h fuiuilte nd à des I^eUres de reconaaiss^jnce th ncitile^se. Mîidâiiie Bf*l«nd l'yvait r*Hli|ré' dtins r Li> rr di> 1780 h 1781,61 te cliajioine, de mar* fl juillet jyHt, Tavail fait certitler [Kir la iioUc^se da Beaujolais, dînsi que pr le» Eciers de la séoëehauBsée et de la nuiniei-

|inlilé fie Villefranche (voir Apfiendîee J). Tftiit cela, en pr^visino d'un ijamni, et ifce u'etait qu'une iWkU

^'* Ms. 6t338 , fd. lii-iia. — La letUi' est du diiTiancIn* 18 novembre 1781, puistfti'eo parlant de sa tille, nco le h ortolire 1 78 1 , Madame lloland dit ffcet enfouit de iix semaines II.

bien la moitié; j*en ai conclu que la lable d'Eve n'étail pas si bète et que la gourmandise était véritablement un péché originel. Vous autres, philosophes, qui ny croyez guère, qui nous dites que tous les vicx'S sont nés dans la société, par le développement des passions qu'elle excite et par Topposition désintérêts, apprcncz-moi pourquoi cet cnlanl de six semaines, dont riinaginalîon ne peut rien dire encore, dont les sens paisibles et réglés ne doivent avoir d'autre maître que le liesoin, passe déjà les bornes de celui-ri? On nous peint Thonmie duns l'état de nature, docile à ses impressions, mais uniquement guidé par elle, 8 arrêtant constamment après le besoin satisfait, et je vois mon petit nouveau-ué prendre le lait avec l'avidité et l'excès de la gourmandise? Vous me direz que les passions des pères agissent sans doute sur les principes constitutifs des enfants, et vous vous tirerez d'affaire p;ir cette influence j comme jadis les astrologues par celle des astres; moi, je crois bonnement que les uns ni les autres ne voient bien clair dans tout cela. Au reste, messieurs du Musée, qui savent tant de choses, nous éclaireront sans doute un jour sur cet objet. En vérité, je n ai jamais rien imaginé de si ridicule que cette assemblée, ni de si plaisant que le récit de leur liabilelé à créer des petits chiens; honneur aux abbés pour les talents prolifiques ^'M Tu apprendras sans doute comment on

^"^ Roland avait «^cnf à si\ f^Miunn , fe 1 6 novembre 1781 (P«/jiLTs liolami y ms, tiîiio, fol. 91) : t Le hasanl me poussai hier [c'està-*lirc jfHidi, i5 oovenibre] à la preuiièï*e assembliH3 du \fu.sèt\ avec billet; j'y f^olendis dii^e que les anciens ne servaient rien; qu'on s'y enLhousîasmaît (dans rantiquit^) de la lîioindre etmnnissance; qu*il n'appartienl (jii'aux rnndemes de se dire savants: qne ce sont b*s Acadcîniies qui les rendent tels, et ipie le Musc^ est rAcadi.^iiiie des Acadénies pr exceUence; c'est \e chvïd'cpuvi'e de h nieillenre administration, du meilleur j»ririce, du [)lns l'eUtire gtmveroi*ment , etc. \L de I^ Lande était assis au nng

des sages et fait corps de cet illustre ank>* page, (]pi'un petit abbé, qui se rréûJiefort, me parait diriger. J'y appris, entre auti^es cboses, qu'on venait h bout de cnSer des êtres animes sans jonction du maie avec la l'emelle, mais pîu' une injection puremenC iu*tifîcie[le, fïiite de main d'bomme, sur les aoimaux. (In a fait ainsi «le |jetits chiens; on ne dtiHes|ière |ias de ffiîre des cj'»i*itureii humaines; et c'est un abbe qui est Tau leur dr i*inventic>ji et qui a fait les expt^Hences . , « Vi»ir sur le iVlus<?e, un plutôt les ihmx Mnséei; atistant h la fin de 1781, rélude de M, Louis Airiiable : <t( origines maçonniques du Must^e de Paris et du Lycéen»»

fait (les (;arçon8, carlesfîiiscurs d'espèces doivent s'entendre anx genres. Cependant, si je ne dois être de rien là-dedans, je ne vois pas trop ponrquoi j'en parle; passons donc à antre chose. Je me suis aniusée, comme tu le verras, à liibriquer la Lettre academiqueJ^^; les vers en sont médiocres, je le sais fori bien; mais, pour les faire meilleurs, il aurait fallu suer, et, en bonne nourrice, j'ai craint d'échauffer mon lait. J ai s«)Qgé h tEpiire roijak'-'^; je n*ai point encore su trouver un début qui me satisfasse. Dans le vrai, je suis trop distraite depuis quelques jours, 011 plutùt trop interrompue, pour faire quelque travail de conséquence. J'e:^père avoir plus de tranquillité la seuiaine prochaine; ma malade se lève, le temps s'éclaircit, mon feu brûle, lu m'as écrit, tu m'écriras, voilà des biens sans nombre.

Mais, à propos de ces derniers, les plus chei*s à mon cœur, je soupçonne que ta lettre d'hier, datt^e du i6, n'est pas la seule, la première que tu maies écrite; je ne raisonne pas trop ce soupçon, mais enfin je Tai, cl il me tourmente; n'aurais-je pas aper^:u la uiarque de convention sur une lettre que je t'ai renvoyée ^^i et qui ni'arriva avec celle de M. Hoffmann? Comment ce signe me serait-il échappé ? Aurais-tu oublié de le mettre? Je ne sais. . . • . Mais tu me parles si peu de toi dans la lettre, que je sens, mieux encore que je ne juge, qu'elle n'est pas la première depuis ton départ. J'en attends une aulre impa-

Rètolution françnhe du lâ flrc^^mhre i8<)6. — Le peut ahbé nqm fie fri'tiile furln doit Hre Tabbi* Cordîei* de Saint-Finnin,

^*^ Probabiemf^nt une dfmaude puiir tHve mimmé auocié de TAcad^iniN' de hym.

Holând ëchoiu alot^ (voii* au iûh. 63^3, fcd. 99 , un<? lettre atlressee \snkv lui » le i o jan- *j»'r 178a, à M, de la Toiim-Ue, seci^Uiire p*rpt*tnd de l\4Mdéinie de Lyon, où ii fait allri^tioû ù nii ajoiirneuienl qti^il a an es- MiUT). H ne fui noiuiué axmcié que le 3o novembre 1784.

^^ Un»* ieiire au roi de Prusse, pimir loi dMire admis dans rAcadiiiiiie de

Berlin. Il y a au rm. 6îï43. foL 59-60, un Ijînuilliin de relte leUre, thiéo: irAmiens. ■^5 dt^cemlire 1781, de récritui-e de Madame llcdiiud, avm* (les eonections ruarg-inalei^ de linbnd. TA'st dniït- bien elle qui la faite.

*'' Roland avait en effet eeiil ii s^i rerrinie une première lettre » le 1 4 , le lendemain «le son arrivée. On voit ici que, pour lui écrire en franchise, il inscrivait mn pmpre nom sui" renveIo[>pe, mais avec un ni^ue incltquant (ju elle eut à fomiir, au lieu de la lui renvoyer comme une lettre de service administratif.

tiemment; faîs-la plus détaillée sur ta personne. Ton camarade, rJis-t a bien soin de toi, je le crois; mais ses soins sont-ils elBcaceî*? n'as-i pas de rhume? Tci dois en attraper à counr çomtm un diable, M. Dupe non étant venu quatre ou cinq fois, sans vouloir me parler, quo*^ quon lui eût dit que j'y étais, j'ai fait savoir à la dernière que tu étai absent; il est monté. Son objet était de l'instruire qu'il avait délivré uiî certificat pour des pièces de Bcauvais qui n'avaient pas le jilonib de fabrique, mais qui étaient revêtues de celui du labricfintet de relui de contrôle. Il a jugé devoir le faire, d'après ce que tu lui as dit pour les pièces d'Amiens qui seraient dans ce cas. Rien de nouveau d'ailleurs sinon qu'il montre de lardeur à s'instruire, qu il en parle du inoiui et qu'il trouve quelques dilbcullés à tirer des ouvriers tout ce qu'il voudrait savoir. Je crois bien, en elfet, qu'il n'a pas toute fadresi nécessaire pour cela. D'Ollierf^- est venu, je ne l'ai pas vu. M* FI selles a pris la peine de passer, mais inutilement, parce qu'élanl ai milieu de mes tracas, j'avais donné ordre de me faire invisible, sa songer à l'excepter.

M. Priée m'a envoyé un paquet cacheté et recacheté, que j'ai défr pour diminuer les enveloppes; je vois que c'est son plan d'assuranc< écrit en anglais; je n'imagine pas ce qiul prétend que tu en fasi mais enfin, comme il me prie de nouveau par un billet moitié franc de te l'envoyer, je remplis ses intentions. 11 m'a fait lire, l'autre jour, une lettre anglaise du s*" Goifaux^-^^, qui lui parle très vaguement d'un cerlain comte (pi'il veut employer auprès do Conseil, je crois, |mnr obtenir un implaceiiient, etc. Je ne sais si j'entends mal la langu mais celle du s"" Gotlaux oxe paraît être d'un donneur de paroles l'air.

J'ai retourné voir ma voisine!^'; toujours fraîche et bien portante comme les gens sans souci, elle se dispose à recevoir dans trois jours visites d'apparat; elle n'aura sûrement pas la mienne alors. J'ai vu chez

^'' D'OUier. — Nous aavoas pu îdentirier ce nom. — ^*^ Gviïunx, — Mène ab^rvatia ladanie d'Eu,

ANNÉE nSL

elle le Docteur '*^ M"*" Dmfrm^-^ et les iiièies de Bray. M, de Vin remplit toujours la âcishealura per maraviglia. II m'a demandé où tu logeais, sous quel couvert on [ïouvail l'écrire, se montrant t'orl empressé de le faire, et, selon moi, faisant en cela comme lorsqu'il débile des nouvelles; je lui ai répondu très fidèlement el j'ai ajouté Toffre de lui éparjjner la peine d'une seconde enveloppe, s'il voulait nie faire passer ses missives* Gomm« je ne Tai vu «pie chez la dame, et une seule fois, je n'ai pu lui demander i smnjiascki''^'; mais je lui ai renvoyé le coussin et j'ai fait remplette d'un semblable.

M°^ de Chuignes W est de retour; elle nous Ta fait dire hier par le clerc, avec des compliments, etc. Je n'ai pu ravoir encore le rabat, ni des instructions des demoiselles Cannetf^', dont la mère est incommodée ; le temps amènera tout. Je ne sais si je t'ai dit que j*avais écrit à Crespy W, le soir même de Ion d<^part; j'étais triste; j'ai trouvé de la douceur à m'entretenir avec ce bon frère qui faime et m'est cher

^*^ Pmbabiemfiol le docteiii* i!'Her\îilez » dont il sera souveot pai'ld ilaos la smlr. M. irilfîrvillez ou Dhemllez, docteur en mt^leeine à Amiens, mtMecin de rhôpital militaire, profeHsaiL depuis 1778,311 labo-

rputoin* du Jardin dn Hoi, sons le patronage

de i* Académie d* Amiens, dont il était

aeiuKre, an cours de cliimie exp(^rimentale,

*A(* concert avec Lapostole (voir Aiifmttach de Picardie , Immtairf des Archiver dWmiens, Inveniaire dex Archives de la Somme, passim ). \tias tkxim^ déjk dil qu'il (5lait, avec Lapostole el fabbi^ fleyuanl, un des chefs du mouveineiit scientifique à Amiens, — Nous k verrons plus Itiîri , en 1 784 , or^niser chez lui des s^^nres *le magnétisme*

^* Madame Dumaugin. — On trouve, à Tlnrettttiirede.'i /{rchin^Ji de in Somme , C ,067, de iougp* détails sur une contrsbtion, en 1 767, entre lesul!iciers municipaux d'Amiens et M. Diimnu^n, t fermier du gro* octroi sur les vins, eau\-de-vie et tabac^s^. Cf. Inven-

taire des Archims d'iuùens, AA, 3 3 : ftOrdonnance de rin tendant, qui autorise Jeanne- Engdnie Delahaye , veuve de Jean Dumaugin » vivant Directeur des aides d'Amiens, à remettre, etc., stâ mai*s 1769*^

*^^ rSes bouteilles* fl — Voir [dus loin, lettre du a3 novembre 1781 ,

^*' Voir, sur Madame de Clmi|Tnes, stFtir de M. de lîray et prenti* de liolaud, f^jypendice E-

^*^ Sans doute aiîn d avoir, pour le Dictionnaire de^K Manufactures , des renseigtiemeuts sur les pronMés de blanchissiige des ndmts de dentelle. i\Qir Dietionnairc des Manufaciures, L h p. 81.) Cf. lettre du 23 novembre 1781,

*'^ C'est-à-*iire à sou hean-frôre, le hén^iictin Jacqiies-Marie Roland, prieur de Cfespy-en-Valois , souveni appelé fauiili*Vnîment, dans la Gorrespomlatu^e, rrk; (In^pysoistt, de même que le prieur do Lougpont, dont nous allons pai*ler, y est appeit? rrle LoufTponienT».

d'autant. Je désirerais bien que tu allasses voir TEsculape; j'ai hâte de savoir ce qu'il te dira et ce qu'il conviendrait de faire. Tu verras sans doute bientôt celui de Longpont'^', j'entends le frère; tu lui diras pour moi tout ce que tu sais que je voudrais lui exprimer. Tu auras aussi, je pense, donné de tes nouvelles à M. Hoffmann; je suis bien aise que tu le trouves à Paris; il est un de ces hommes qu'on aime à rencontrer et avec qui tu peux causer agréablement.

Scrivi-mi, amico; ho bisogno délie tue care nuove, ne ho bisogno spesso, spesso; ma pure, come vai per questo assai lontano dalla tua stanza, ritardi, piuttosto che d'affaticarti, ove che '1 fratello vî anda qualche volta per te. Ti rammenti il primo impiego ch' aveamo fatto insieme dell' italiano? Questa rimembranza me lo farà sempre coltivare con compiacenza; me ne servo per dirizzarti i miei pensieri.

J'oubliais de le parler d'un certain Troussier^^', chapelier, rue Planchemibray, au bas du Pont Notre-Dame, qui s'est annoncé pour faire des chapeaux plus fins que ceux de castor, avec une nouvelle matière dont le travail est difficile. MM. de l'Académie ont donné un rapport où ils en font beaucoup d'éloges. Il est aussi question d'une nouvelle méthode dans la composition des castors et demi-castors.

[k ROLAND, À paris'''.]

Mardi au soir, 90 novembre 1781, — [d'Amiens.]

Tu sais trop bien, mon ami, la peine que peut me faire celle que tu ressens, pour que je t'entretienne de mon chagrin et de mes regrets

^*^ Un des autres frères de son mari, «le Roland. — Voir DicHmnaire des Manufac-

plus chërifl, Pierre Roland, d abord prieur turcs, t. II, p. 6a. — Cf. AlmatMchde Pa-

du collège de CUiny, à Paris, el, depuis ris, 1786, p. 54. — Voir Procès-Verbal de

1778, euro de Longpont , près Longjumeau. la Conv, , t. XVIII , 1" août 1 798 : tr Pétition

— Voir Appendice C , el Mémoires, 1. II , de Troussior, pour la fourniture des cha-

p. 288, 9 6 a et a5a. poaux de Tarmëe. . . y^,

^'^ Toujoui-s en vue de renseignements '*^ Ms. (^a38, fol. i5o-i5a. — La

pour le grand ff Travail encyclopédique ?> de page i5â est retournée.

de lonles les îtiquiiHiides. Tu as reçu présentement de mes nouvtdles et tu aurais vu dans leur relard la suile d'une seule erreur, du renvoi de ta i** lettre. Je la pressentais, et je ne sauiiiîs dire conimenl j'ai pu la coiumellre. puistjue lu n avais point oublié le signe convenu; mon impatience me Fa fait bien payer; mais cest trop de les tourments; je donnerai tant pour les rachelerl faut-il que j'aie ajouté à ceux que te causaient mille contrariétés!

Le!$ tracasseries de M. ïoluzan ^" ne m'étonnent pas, cjtioitjirelles nragacent assez; elles sont une suite naturelle de son humeur UMjuiue et brouillonne; je parierais qy'd a aussi voulu laver la tête à 1^ [llolkerj; il faut bien qu'il gronde, pour être et pour paraître faire quelque chose. Au reste, j'auginerais aisément du jugement des autres Intendants parle sien, en suivant la règle des coutraires; principalement sur le travail et les Académies. Sa sortie à ce sujet me semble aussi pilojable et risible que Tadmiraliou de MM. du Mmée pour lein- propre excellence. Pour lui faire pièce, il faut encore augmenter la kyi'iclle du nom

^ de Bcrliu.

^M Je f envoie ce que j'ai fait à cette occasion. Je crois que les faiseurs

^d'épît^es ne trouveraient pas les mots de Sire, V. Majnté, etc., assez souvent ramenés, mais je crois aussi que ces faiseurs ne sont pas des et

^^ Jean-François Tolozau , uu des quatre îniemlanls du (Commerce* L-a Picaniie nèU\\i i§ dans f*rin dcpartemeol, mais Roland l'avait de lui pom* rrlen mamiTai'tures de bas et aatfBs on\Tage9 de bonneterie^ (Ahmimek myal de 1 783 , p. 3 1 4 ). — Voir sur lui Appenilice F,

Hoiand a\aît f^crit k sn JemnK\ le 18 nombre (ras* 62^0 4 fol. 98-9<| ) : tM. Tolote ficui qu** j «if* vu df^s hik^u<lauh du eonmierce, ma &ii une vespéne du di^ldi* ée J «flaire de H. (Holknr) et du Ion de ma eont'spondance . etc., . . ; il ni'a dit ipie H. nmi i*u tort d'^rlre; qne» ïi'il no rîivnît im faJL il animait bien trouvé le moyen de liij faire rendre jostiee; mais qu'ayanl voulu

se la faire, il avait perdu le droit de h demander; mais tjue j'avais tort, etc.; à qunl je ne i^uis pas tuujom-s re^U^ muet . . . Fuis il a heauroup tiraille sur les iuspeeteuj*» qui étaient des acadi^micieni^ , qui ikrivaient . *4c.; que cela ne convoruiit [xûnt à radministralinn, et qu'elle tninvi^niit liien le moyen ^le leji en eru|)^VIu^r. èlc, 11 a cite» comme îdnsi ma!a\ isési, rK^munrcts » Brisson et moi; je emi» en elTet qtt*il nVn iircusera guère irauti^es d'f'ti-e de t|iit.'lque Aradi^irue, ni décrire. Tu juges que, ihms ces circonstiinces, je ne réparulrai point Tecril^ (im pmphlel de son ami llaillière cuntiv llfilker, Ijettres imprimées à Rouen en oetohre ijSi. Voir Appendice G.)*

modèles; que tu dois parler en homme qui sent sa dignité, que lu le peux à un prince philosophe, et que, si je me trompe à l'égard de ce dernier, c'est tant pis pour lui'^'.

11 ne serait vraiment pas à propos de répandre à ce moment les brochures; sans doute, il y faudra voir à deux fois avant de le faire, même plus tard. Je suis en peine de savoir le résultat de ta conférence avec M. de Montaran'^J; tout ceci me porte plus que jamais au projet de la retraite; elle me présente une tranquillité dont je suis avide de te voir jouir. J'aurai du plaisir à te considérer, ayant fourni avec distinction une carrière laborieuse, planter là ministres, affaires, places, Académies, sots et sottises, et le rire d'eux tous, en faisant faire tes vendanges. Mais, comme tu le dis fort bien, il ne faut pas perdre la tête, et je ne vois rien dans tout cela pour l'égarer. Le pis est que M^ de la Bl. [Belouze] ne puisse l'aider (^J; c'est une ressource de moins qui augmente beaucoup les difficultés : tu es fait pour être toujours dans le cas de Yaudaces fortuna juvat. Au milieu de ces misères, je compte pour un plaisir sensible la délivrance de la permission W, et le sentiment des disgrâces ne diminue pas pour moi celui de cette jouissance. 11 faut pourtant s'attendre encore à la petite guerre : friponnes des libraires, insolences des journalistes, critiques de toutes les sortes, que sais-je encore?... Mais tout cela n'est pas effrayant, et je compte bien que nous nous en moquerons plus d'une fois en tisonnant notre feu.

Je t'envoie une lettre de Gaen qui me paraît du bonhomme que tu as travaillé à soustraire aux caprices de l'Inspecteur W. J'en ai reçu une

^'^ n s'agit de la lettre au roi de Prasse. — Voir ci-dessus, lettre du 18 novembre

^'^ M. de Montaran, un des quatre Intendants du commerce, dont Roland relevait pour ries Manufactures de toiles et les toileries') ( Almanach royal de 1788, p. 91 4). — Voir sur lui l'Appendice F.

^^^ crM"" de la Belouze ne voit plus et

ne peut rienn, avait écrit Roland le 18 novembre.

^*^ La permission de M. de Nëviiie, directeur de la librairie, de mettre en vente le» Lettres d'Italie, imprimées depuis plus d'un an. «rJ'ai la permission de M. deNëville et j'ai agi en conséquence»» (lettre de Roland <Iu 18 novembre).

^'^ Voirlettredu25juilleti78i. — L'in-

iih

deBeautic, des inairhands de vin de ce pays, qui feiivuieiii leur tarif, ^ei m'ont fait payer li s. Tofifre de leurs services dont nous ti avons pas B>eâam« J'étais tentée de la leur renvoyer.

B On a apporté de chez M. Genuonl^*Me plan, en vue d oiseau, d'une mécanique à liler, avec lappliration; s'il Faut te la faire passer, ainsi qu\ine autre petite explication dont tu as déjà la planche, lu m'en averliraï^. Le s' Gillet^'^' est venu, mais, n'ayant rien d*im[)ortant à te comluiiiqner (a-t-il dit, en bas), il s'est proposé de repasser; je lui ferai &av€iir alors ton absence. M. Duperron est venu aussi aujonrdiini s'inroriner aux filles si tu étais de retour; une autre fois, je lui dirai, si je le vois, que lu es à Paris, car il le croit à la rauipagne. J'ai vu [hier au soir M. Flesselles; nous avons causé bonnement assez long- !inps; il a/a parlé ilu savon à M, U'. [Ilolker]; il le trouvait terrible [et déjà Favait fait voir à M. Priée, qui le jugeait de même, quoique tous les faits lui en aient paru très exacts. J'ai écrit ce maliu un billet lu premier, pour lui dire mille choses de ta part et le prier de garder son livret sans le montrer à personne.

11 fait un froid pénétrant et un brouillard affreux; j'ai été voir ma

rvoîsifie, parce t|ue ce temps-lè rendant les visites rares, la mienne en

iatini para meilbnire et que je voulais qu'elle fût bien sentie, pour me

idispeiiser d'en faire d'autres les jours qui votit suivre; attendu qu'elle

[pn recevra de cérémonie et que riieure de ne pas les rencontrer me

;rait ineommod*^. Je ne suis encore sortie que pour cet objet; je vais

lieu empaquetée, en vraie nourrice, iv ne vois point son mari; j'aurais

[ét^ aujourdiuli dans son cabinet lui rappeler ses promesses, mais il

dioail deliors et n'était pas rentré.

M. de Vin a été de fêle avec tous les Cdstt''^^ de Funivers; il

al Bniwn \\imnnach royal Ait lyHtj, mmiach dû Picmiliû \\e. x'^^^i^ \\. tay . i^t), cf <^Uiit lin »li^ <*iiri*^iijis ili? litibutl, '^' PifiliaîiIfTiient des |>ei'Sfjnn(^s île \n

ratiiU pris parti pour fl(»lk«'r nrnlri' liiL Diinillt' de W. ^^dc i\i\ti^ de Mm, erurtrAleiir

- Voir Appeiidrfn (t. ^euiucd ml hanores dis fei * >i»mp««ii lisible an niaiiuf^nL

f/norei

g^Ui'i

^ { Àlmatmck de Picardie, 17HÎÎ,

(jiWfîl ircoiiiniis ili» l;i H«ll<* forfiiiic" p* *>7 )* — ^ Ct leUnMJii i(>a<nU ly^^i.

UTTiK» Ht «êiiAMK nau^t).

tUvhlI^ltifL «ACOtSAlE

en est un peu moins assidu près de la dame; juge s'il a pu me venii* voir.

Le père de mon nourrisson m'a fait une belle lettre pour m 'intéresser à ses malheurs; il désirerait une place quelconque, enfin un. meilleur sovt que celui qu'il a et qui, sans contredit, est bien triste. Sa femme est' venue me voir; je lui ai dit que je serais charmée de lui rendre service, mais que ta place ne te donnait la disposition d'aucun emploi, que j'ignorais de quoi son mari était capable, ce qu'il voulait et ç^e qu'il pourrait être; et que, par-dessus tout, je ne connaissais personne qui pût le placer comme elle l'entendait. Elle ma priée de permettre qu'il vînt me parler, ce que j'ai accordé de grand cœur; car encore faut-il du moins écouter les malheureux, si Ton ne peut leur faire tout le bien dont ils auraient besoin; c'est une douceur que d*être plaint, de voir qu'on intéresse, et je procurerai celle-là avec toute la vivacité que me donne le regret de ne pouvoir mieux. Cette bonne femme m'a paru estimer beaucoup ce que nous avions fait pour elle, et les excuses ont été prodiguées sur la liberté qu'elle prenait, etc.

Je ne t'ai pas écrit ce malin, parce que j'ai encore une lettre en route que tu recevras demain, et que j'attends le paquet annoncé pour t'en donner nouvelles dans celui-ci. Si tu avais passé dans les bureaux dimanche, tu y aurais trouvé ma première. J'aurais pu mettre ici à la poste la lettre à W^ de la B. [Belouze], car je pense bien que tu ne la lui remettras pas toi-même; mais tu la verras et tu la déposeras à son couvent comme tu l'entendras.

Ta petite me regarde écrire, elle élève le sourcil comme toi, et elle a déjà au front des plis en travers. Je n'ai presque plus de douleur en lui donnant à teter, et, ce que je n'aurais pas cru, je sens de Taugmentation dans le plaisir de le faire; je la prends toujours sur moi avec un tressaillement d'aise, en voyant son empressement et son air de santé : c'est une fête pour nous deux. Ancelin, consulté sur la cause des vents de cet enfant, lui a tilté les mains, qu'il a trouvées un peu froides; voilà, m'a-l-il dit en docteur, ce qui peut les occasionner : le froid des extrémités durcit les fibres, s'oppose au développement, fait

reOuer les iHiinenrs cUi cenlrf* ol y cause dos drsonlres; voyez, par IVwmple des [iiiiiiinux toujours carhés sous leur mère, conihieri la nalitre iniii(|U(* le besoin de» cludeur pour* lacililei* raccroissiMuenl, Nous avfïus disserté pendant une heure, ce qui nest pas difficile ^ car on peut faire des niisonneuu*nts a [lerle de vue sur les principes et leH jjèéralilés; mais appliquons à la pratique et traçons exactement ce (ju'il faul faire. Ici mon docteur s'est lui peu brouille, car il esûtm fort important de laisser aux mains toute In libnrlé de leurs ffiouveineuls; il trouvait IVxpédient de petites enveloppes de toile; (ai objectif rinconvenient de laisser sucer du lin{Tt% ce qui arriverait :e que renfant porte souveul les doigts à sa bouche. Le raisonneur courait toujours aux {grands mots, pour éviter rênd)arras de donner des rèjjles sûres que jo lui demandais, et j'ai conclu qu'il fallait aller mon train, laisser renfant jouer ses mains découvertes dans K ma cliainbre, deuil jai soin de rendre Tair assez doux. W Tu penses bien «jue cette consultation n*u été faifp que par occasion, lorsque jVii envoyé chercher le chirurfrien pour Joséphint*; car, tant que je verrai ma fille bien prendre, liien différer, bien profiter, je ne m'inquiéterai guère de Feutendre beaucoup péter, chose très permise

Ià son âge.

Voilà une causerie île niéna[{e; en vérité, cela vaut hien auli'e tliose; lu as eu du !iair, mon amil Et je n'étais pas là pour Couvrir mou cceur et t'y présenter Tasile de l'auiitié! Je contribuais k la tris^ losse; celte idée me serre et m'arrarhr des lanrn/s. Si j'avais imaj^iué que, inayafit écrit le vendredi • lu ne lisses pas cherclierla réponse te ^liimanche. je t'aurais écris dirertetnent; car les bureaux causent à mes ^Retires un retardement que n'éprouvent pas les tietmcs : mais il est Biuutile de revenir sur le passé; j'attends avec empressement une lettre où tu m'exprimes la tranquillité, et qui nous mette au courant l'un et lautre. Adieu, pour ce soir, cher et bon ami, je t'embrasse tendrement

Samedi.

Je reçois le paquet renvoyé, les (pnlLauces qui raccompajjnent et

que je viens de sigaer. J'ai lu tes plaintes trop justes et je me promets bien d'avoir de meilleurs yeux. Il m'arrive une lettre de Rouen. Je Tai décachetée, pressée que j'étais de savoir ce que te mandait de ce pays une main inconnue (navais-je pas déjà peur!). Il me parait que c'est quelque entrepreneur, conduit par la jalousie du métier, et dont, à ce titre, le témoignage n'est pas d'un grand poids; d'autant qu'il ne raisonne pas à merveille; mais enfin, c'est quelqu'un qui voit l'injustice et qui connaît le charlatan, peut-être aussi mieux par sa place que s'il était à toute autre.

Tu es donc bien choyé par le fidèle Achate? Je reconnais là mon frère et sa bonne amitié, et je lui confirme par toi les titres de l'un et de l'autre. Adieu, mes amis, pace e coraggio; tu en as bien besoin, pour ta part, mon bon ami; mais j'espère bien aussi ne plus troubler l'une ni exercer l'autre par aucune erreur comme la dernière. Ecrismoi dans un meilleur jour et que je te sache plus content. Reçois mes embrassements, en attendant ceux de ta fille. Tout va bien au

[À ROLAND, A PARIS ^"

Vendredi, s 3 [novembre 1781], 10 heures du soir, — [d^Âmiens.]

Si je m'étais permis aujourd'hui de juger des choses par ce que je souhaitais, j'aurais été surprise de n'avoir pas de tes nouvelles; mais il est tout simple que tu attendes la réponse au dernier paquet, avant de rien expédier de nouveau, et, sur ce pied-là, je n'aurai de lettre que /dimanche. J'attendrai cette époque pour t'envoyer ce que j'écris, afin \ de nous mettre à jour. Ce délai me paraît sans inconvénient, puisque les inquiétudes doivent être calmées, que je n'ai rien à t'apprendre de neuf, et qu'enfin, autrement, je ne pourrais gagner qu'un jour.

Je viens causer avec toi après mon souper pour adoucir mon veuvage, en atténuant autant qu'il est possible la distance qui nous sépare

l'i M». 6-i38, fol. iGi-i64. »

ANX|î:E 178 1.

parla coniraunicatiou de ce que je sens; je me transporLe à tes côtés, je le vois, tu m'entends, et je laisse mes idées, rues expressions, Je îsikict* même se succéder doucement avec le ctianue et ht liberté de la confiaiice. Notre petite repose, je ne suis pas loin dVlle, jentends wm souffle léger annoncer par son égalité la paix de son soumieil, sa siliialiou influi^ sur la mienne et porte le calme dans mes sens. Combien «'lie m'occupe et nValtache déjà! J'épie ses progrès, bien peu sensibles encore; je crois pourtant être si\re qu'elle m'a ri : c'était ce malin ; je chantais après Tavoir allaitée, en la tenant sur mes genoux; je chaulais avec roraplaisanre, imaginant que les inflexions de ma voix pouvaient disposer ses organes aux impressions dont je me servirai un joui pour remuer son âme; elle marquait de rattenlion, ses yeux se sont fixés, sa bouche m'a souri; elle faisait un petit bruit d'aise, vn élevant ses mains; je Kai baisée avec trauspojl et j'ai pleuré de ce que tii nV(ais pas là. Reviens, mon ami, au sein de ton ménage; je n'ai pMJe bonheur sans toi, et bientôt ta fille te caressera. Bon Dieu! |u)iir nnnbien de temps encore te voilà loin de nous!

k trouve les heures rapides parce que roccupation les remplit, œai.s les journées sont pesantes et la somme de celles à passer jusqu'à (on refour me semble ime éternité. Le pis est que je te sais accablé rfa/Faires, courant beaucotq) et trouvant, comme il est ordiriaire, plus de contrariétés que de satisfaction dans ion rlieiniii. Heureusement lu retrouves rami au gîte, et c'est là qut; j'aiun* à te considérer, jouissant dr queirjue repos et ruilivant aviM;- francliist^ le; s(*nt!nieiii consola- [teur (|ui fait oublier les misères de la société.

Avez^vous le loisir de sortir quelquefois ensemble, de visiter des cabinets, elc. ? On a annoncé dans les papiers une vente de tableaux dont plusieurs des plus grands maîtres des trois écoles. Amasses-tu >ojours des catalogues et vois-tu Fabln* Desli-ssy [Dcslioussayes]^'^?

^'' L&ïiUi* Di^liouAH^ayti'S, vu 1781* avail verrous irnnumqaiibleiwnïl diins imo v*mio

juiité Hnumi pour devriuir IjiblioLlïikaire de oii It est •■xacl vi où je thh aiI<T\^ (f^Ui^

I SorW^nne, nJe fie l*ai pân vu et il paraît de Hofaml, dn Q*i novembre.) On va voir

^oirr que je* sîuis â Hari**; rnais nows uous d'ailleurs (]tt'il aliait rrlourner a tîoneii.

Ces deux sortes de choses nie reviennent à la fois; elles onl entre elles plus d'un rapporl, e( noire bibliographe ne ressemble pas mal à un catalogue parlanl. A propos d'êtres parlants, M. de Vin est venu me voir hier tout exprès pour m*apprendre nos succès i'U Amérique el la victoire remportée sur Mylord Cornwallis; en arrivant, il nui salure de cette nouvelle, el j'ai éié obligée d'essuyer une longue dissertalion pt)lili(|ue qui n*a fini qu'avec sa visite. Je ne conçois pas Tintérèt «ju'uu particulier tel que lui peut mettre à ces all'aires des rois qui ne se battent pas pour nous, et son existence m'est toujours aussi étrange qu'ennuyeuse. M. d'Eu est invisllde; je crois qu'il n'ose se montrer sans la Bolanique et qu'il ne trouve pas le courage d'en finir. Ce soir, M, Flesselles est venu passer quelques instants avec moi; il doit partir lundi ou mardi pour Osleude; il ira à Bruges, et reviendra peut-être par Dunkerqiie, Calais et Boulogne où il verrait MM, Delpoiio (*l II nous rapportera d'Ostcnde a*s grammaires anglaises tant demandées, sans doute arrivées et qui définitivement ne valent rien, suivant la décision du maître. En songeant à ce maître, as-tu des nouvelles des amies et par elles de la traduction ^*^^? il est bon actuellement que celle-ci aille son train. Je te dirai, à ce sujet, qu'en lisant VVinckelmon j'ai cru te trouver en contradiction avec lui, et que j'en ai été d'autant plus fîlchée qu'il est question d'une chose de tact, et que d'ailleurs.

<*^ Voie htmUmre tk h Somme, C, 38o:

^ M^irioire sur le troupeau nn/^lai s établi en Botittiiiiiuîs et sur rajHéliojytiuu des laines dans» ce te cuutire et ailietn-s-n , pr Ij. VîUartl [succosseiir de Rulaiid], 1 785. — Leltre de M. Villard ii rfiiteriUaiU, lui eiivoyanl ledit mt^iiioire sur le lriiH|Jêiiu annulais «tes sieurs Del porte* de Bouïugue, . . . t^ — Jlttd, , lettre de M. dV\|rîiy, du !J9 novembre ty^tf, à M, [,auilnTl {pjvsideiil du ruruit*^ dViduijuistralinn des t*iï»iuu-eh, Alm. t-o^, tle 178*). p. G 36) : -^Ij*^ sitmrs de la Platièrc? et Villaïf ! . j'nspMieurH d*^ manuTart lires, tguî ont viniï*' rel <Haldisseriieul » *lifT(^rentef* ^poqueM.

vu ttui toujoui'H prie avec <5iogf*s. . . I*«>in i|ue la race an^^^laise ml dt!|jéui'^rK, elle sVttiit au 0 on traire perlWtioniit*»» , dii moins qunntii la iteinitédela taiue^etr,'^ Cf. />ic/« des MamtfacUireSf L 1, p* ^0, 160, 197, 198, 011 Ton voit rnruliîfu Rt'land itVt^it iut(5rcsst^ à Pentreprise de ^î^l. t^f^rtc ( îl avait ('té rliar||r ofliciellejuent, m juin 1 778, de visiler leur trunpeau), el quelles mla* lions lie rotdiante eslinie il avail ronsei"vi^«s avec eux, uiêai* après uv»»ir quitté AtniPiis. *' Il neiuble que M. Justatiiont eût ontrepris une traduction eu anglais des L^t}re$

ïeîu de cet auteur, lu le cites et le loues fréqiiemineiit* Il dit, en parlant d*un groupe auquel on a donné le nom de Papiiius et de sa mère, que ce nom a Induit Dubos^^^^ ( n erreur, qu'il trouve dans la physionomie du jeune homme un sourire malin dont, à la vérité, il n'y a aucun trait Winrkelraan ajoute que ce {groupe représente [du tôt Phèdre et Hippolyte; que ce dernier moïitre sur son visage la consternation où le jette la déclaration d'amour d'une mère; que Menelaùs est le maître qui a (ait cet ouvrage et que les artistes grecs prenaient leurs sujets dans leur propre mythologie on roman héroïque, etc. Toi, après avoir décrit les beautés que renferme le Muséum du Capitole* et ceOes que pr^seuteut plusieurs Ville, tu dis : rr Je reviens au groupe de TAmour et Psyché pour vous parler de celui de Papiiius et de sa mère, qui en e^l proche. L'avide curiosité est peinte, etc, . , t> Est-ce du même groupe dont Winckelman a prétendu relever la fausse dénomination cjiie lu parles ainsi? J'en ai quehjue doute, [>arce que cet auteur le place dans la vigne Ludovisi, et que toi, sans désigner sa place, tu porterais à croire qud est au Muséum. D un autre côté, y aurait-il deui groupes seinhlaldes? Je n'en crois rien, puisque, dans Fiin et raolre avis, il ne s agit que d'un seul qui a donné lieu a Terreur, Que faire? Ce sera un gtlteau dans la gueule de Gerhère. Je fais des recherches dans cet auteur, et je prends plus que moins; mais tu as déjà fait une si bonne moisson, qu'il ne me resie guère à glaner.

Ne néglige pas TEsculape; as-tu songé an coussin de paille d avoine? I( sérail de saison. Je me suis mise aussi fîu déjei\uer de cacao et je nreu trouve bien; mais raltération qui mlnrommodaitdans le courant du jour et môme la nuit ne s'apaisant pas par l'usage de Forgeât, je viens de quitter le vin à mes repas et de clioisir la petite bière comme unique boisson. Je la crois rafraîchissante et bonne pour le lait, en considération duquel j'évite toute crudité et tout acide; j'ai toujours une faim dévorante et l)eaiirfuip île chaleur dans les en! railles,

Ji» n'habite que ma chambre depuis ton départ; j'ai par ce moyen

"' L*ablK^ Dui»05, Béjlexionê critiques sur la poésie et la peinture j «719.

l'œil continuellement sur la petite, et c'est un grand bien, car celle qui la soigne a besoin d'être veillée de très près. Te souvient-il combien de fois il nous est arrivé, en mettant nous-mêmes l'enfant au berceau, de ne pouvoir l'y faire rester? Il criait, et nous croyions toujours que c'était la colique. On appelait la bonne, elle prenait l'enfant, qui finissait ordinairement par s'apaiser assez promptement. Ces cris étaient l'effet du besoin, déjà contracté par l'habitude, d'être endormi par un petit mouvement doux et presque imperceptible qu'elle lui donnait en le tenant sur les bras ou, lors même qu'il était couché, en passant la main sous lui. La découverte de cette manœuvre m'a outrée; j'ai parlé net, on a pleuré, on a trouvé que je mettais aisément le marché à la main, l'on a promis de n'y plus retourner. Il m'a fallu avoir le courage, durant deux ou trois jours, délaisser l'enfant crier, chaque fois que je le faisais coucher, un quart d'heure, plus ou moins. On ne peut se fier pour rien sur cette gent mercenaire; l'attachement qu'elle vous témoigne n'est que machinal, s'il n'est un jeu; et cette partie de l'espèce que j'aimais à voir d'un bon œil, parce qu'il est dans un état de souffrance, ne vaut rien non plus que l'autre.

Samedi, aà.

Il m'est arrivé une lettre d'Abbeville que je t'enverrai; j'en ai reçu une de Rouen que M**® Mal[euvre] t'adresse pour témoigner la part qu'elle prend à ta paternité; du moins, c'est l'honnête prétexte qu'elle emploie pour avoir occasion de nous conter ses embarras. Sa nièce est reçue maîtresse; mais elle a souffert un déménagement et doit en faire encore un autre, paice qu'il faut être en boutique, et qu'elle n'en avait pas encore trouvé. Je crois qu'il serait bon d'ajouter un louis à ce que tu comptes lui envoyer; je puis faire cela sur la dépense du mois prochain.

Il est venu de Quiry'^' un certain Lucas, foulon; il m'a conté beaucoup de choses concernant les bureaux, les marques, etc., aux-

^*^ Qiiiry-le-Ser , village à 1 4 kilomètres de Montdidier.

qunnes je n'ai rien compr'is durant un f[iiar( iriieiire; enfin j'ai lire an clair que les fabricants de ce canton n'elaient pas contents ijn'il marquât leurs pièces, et qn ils s'autorisaient de rexemjde de ceux de Tricot ^*^ qui ne marquent toujours point. Si lu trouves que cela signilîe quelque chose, tant mieux; je te rends cela comme un écho, ent'épargnant liieu du verbiage.

La femme Laumont^^'^ est arrivée m'annoncer son mari pour demain, avec le dessin tlemandé;je tirerai de lui les explications que je pourrai, je les mettrai par écrit et, si tu en avais besoin, je te les Ferais passer. Quant aux essais de la niécanîtjue à carder, ils ne sont point faite, ma-t-elle dit, parce qu'il ne voudrait pas aclieler de cardes neuves» et que les vieilles qu'on bii avait données sont par trop usées.

Certaines marchandises arrêtées à Reims comme portant de faux plombs d'Amiens avaient été renvoyées; sur le ra|)port des gardes qui les examinèrent et les jugèrent faux, M. Duperron dit à ces gardes qu'ils eussent à faire leui* certificat en conséquence. Cela fait, expédié à Reims, le marchand auquel sont les pièces a représenté que les plombs d'Amiens étaient tels en 1767. Les gardes, interrogés de nouveau, ne paraissent pas trop sûi*s; ils ont dit à M. Duperron qu'il les avait forcés de dresser un certificat, etc. Cette alfaire déjà ancienne est en instance en attendant ton retour. Je le l'expose comme M, Duj>erron vient de me la conter; mais j'imagine que tu en as déjà connaissance.

JVî été voir M™'' d'Eu qui a gagné un petit accès de fièvre, je crois, pour s'être levée nnilgié les rest<»s d'une niixion; elle n'en convient pas, et je n'ai point envie de la contredire; cela m'importe peu. Son mari, très enrhumé, fort occupé d'allaires et de remuements dans sa partie, est un peu houleux de tant l^irder à remplir ses promesses; il promet toujours : nous verrons la fin.

^'* Tricot, gros village de l^ieaitlie, aiijoanrhiii daiis le df^parteuienl do rois^e» arroiidissenieiit de '^«icrriiont.

^*^ IjaumonI, el ailleurs Lhomond: nous n'avons rien pu Inuiver sur ct^l indnstriel d'Amiens.

là

M. de Vin me donnera une soixantaine de bouteilles; cest peu, mai. je m'en aiderai.

Je n'ai pu ravoir encore le rabat, ni lairc par conséquent aucu expérience; les deni*'^ Cnl [Cannet] m'ont écrit, ne pouvant veni que la fiHo à laquelle on avait prétendu donner le secret savait qL»< Tapprêt se faisait avec de riiidigo et de la gomme, fondus dans deTea u elapplitjués ave«^ un pinceau; que son embarras avait été en mettant les rabats tremper, parce que Tancienne teinture s'était alors étendue sur les bords d'où il ku avait été im|)assible de Tôter ensuite parfaites ment; de sorte que le rabat, bien d'ailleurs, n'était pas mettable, II suivrait de ce récit que le secret consisterait à prénuinir les bords darb le nettoyage, et il paraîtrait que la bonne femme nous Ta caché^^L

II y a du changement dans le Ministère ^^); Tadministration du coramerce s'en ressentira-t-elle? Vois-tu ou prévois-tu quelque chose là-dedans qui puisse t'intéiesser? Ne verras-tu pas M, de Machy^^^ M. Pasquier^^^? Noublie pas d'examiner le soufroir; tu me le décriras, et j'en ferai faire un petit pour mon usage*

On trouve quelquefois d'occasion à Paris des morceaux de tapisserie de haute ou basse lice, déjà vieille, mais bonne à faire tapis et à bon

f^^ Vair leilit! du 18 omxnubre 1781.

^'* Maitre[>tis vinifilt (\v inniirir, *J« novembre 1781,

'*' Jacques-Fraormii Dwiiachy (1728i8o3), pharmacien pt dnitifsfe, censeur ray.1l, nie du Bac ( Atm. roi/ai de 1783, p. Atj'j). Roland, danîi ses Lettres d* Italie, l. ÎV, î^'leUre, j», 67, s'adressjint h Marie Flilijmn, lui parle -^des cours de cliimif qxif^ j'ai suivis dans votre capiLale et dont je vous ai laisse les cahiers en |jâdanl; c^iliiers fails sc»us it's Uimns d un liornuie qui tue les a ^vndus chers par l\iiniti<^ qui les die La , de M. Deuiachy enfîn...fl. Voir sur ce chiniisli'-ïilU^rateur, c|ui rejeta cunsi^iruruent la dtictrine de LivoisiLT, mais qui en revanche collabora as^idùmeivl h ÏAimnmch

des Museât IWticle de la Biographie Hahbe, Il ptilïliii, dans la coUerlion des Art» et Mè^ tiers: L'Art du distillateur d'eaux fortes; L*Art du distillateur U^uon^te.

t*^ Pierre Pasquier (1731-1806), tié à Viliefriuiche-en-B*'aujûlais, conqiaLriote de Kolaud , tétait un {leinlre en éttiail alors célèbre; a^rr<>iî à rAc^nWniie njyaie d<^ [leintiirB et de scïdplure en 1768* r^vxi academirien en 1769, snr les poii rails en t%iail de Louis XV el du roi de Dnueuiork, il expoî^a, sans interruption, de 1769a 1783. Il a\ait fait il Ferney, en 1771, la niiniatur** il« Vollau-e ( Iktiier de la Ghavignerie. DicL géttérid den ar tintes de l^hJcole française . i885, a voL 10-8"). Il avait ma loyemenl aux Galeries du l/juvre (*4/f/i. roy. de 1783,

ijiaiché, Si tu en trouvai», ce sérail excellent pour le temps où nous metfrftnï* notre petite se I rainer à quatre pieds.

\Jieu, mon bon ami, jusqu'à demain, Theure du courrier.

EiiCnJI arrive ce courrier, maudit quand je faltends, et que j'em-

brassernis quanti il vient'''. Je monte au cnliinet ptMir faire nionpaquel ,

on raiijje ma ehambre: Z/i;///<o/i/ arrive, je le prie rraitendre et consr-

t^lH'mmenlje ne ten dirai pas louj], La grande ail^ilre estta saute; sois

Amk au\ lois de TEsculape; prends le temps nécessaire pour te purger

?l pour faire enfin tout ce qnll trouvera bon. On ne peut pas raisonnei"

avec ces docteurs; il faut bien suivre biur volonté. S'il remplit sa pro-

Q/esde, argent et temps ne sont rien; peut-être jugera^l-il meilleur de

le Irai 1er à Paris, en personne, plus longlemps que tu n'avais dessein

rie Ty arrêter; et à relc^gard, comme au reste, résignation et docilité.

p. 5ig ). Comme Roland, îi «^tait membre ^»de I* Académie de Villefraiiche depuis » av«»r le litre de ^peintre du Roir) ^A d*' LifOH , anm^*^ 1 7H5 ). C/eM h lui fjue Madame Roland, daufi ses iin/roisse^ de [la aoirée du 3i mai 179*!. alla demander omin pour son mari (Mêm.f [, lA-iS).

Ajni de la Révolution « il avait, dès la lin de 17%. faiï campfj'ne aver David prinr •la r^nëralion de F Académie royale de f et de sculpture f ; dans le <r comité [de protestation'» w»ntre rorjfanisiation aiitslocratique de cj^lte c/>iiipagnie» David élail préiideot et lui secnltaire, ei il parlail de (K»Her ces pmteiilalions à la In bu ne dos Jact»iims. Roland . aprèî^ le 1 o aonl , le nomma ttii^nlire de la comniission du \îns*îuîn, M.-tis lHi\id, cpii en oetobit* i7ga c«iy?ssait en- Robnd, pas^ia hientAt h IVnnertii* Déni k la Convention , le ûH friniHire ao n(i8 di^mbre 1798), la commission I du MuM^tnn, il ô'ëcriail : ffO"dî^ *'>'»• 1^ **'*

membres? Cent Jollain, ancien garde des tableaux du roi ; , , . l\'iHi[titet\ auii iulime de Roland; . . , etc , . ,ri ^tiuilian«rH\ IH, 1 87 ; — Le printre ijmk Um'td , par \K iides David, 1880, p* (j6 et suiv.; — E* et J, de (iont'ortrt, ïîku/tre de ta Société framauû pemknt hi Heivittiion, p, SSo). Il dut ikn\ imfuiëlt? par h Révolution, car nouî^ voyon» rpiVn r*/vrier lyçi^i ((iuillîmme, 111, ^\^h) les si'ellr*» tHaient nppos(*s chez lui, — Quand Bosc publia en 179^ la pi'emière édition de? \fntmfes de Mmfame Roland, il devjiit mriire en ti?te un porli'ail d'elle, par Pasquier { Avertissettmit de la i"* partie, p. viii, el note au rononencemenl de la h* partie). Mais nous r m y on s f[ue (f poHrait n'a jamais paru.

Il y a cpiati*e pièces dn Paf*f|uier an cabinet df^s Estampt^s. ^ Voir noir»; A[)[H'ndire V. n-les portraits de Madame Roland 1^.

^'' C'est la If'tln' de Roland du a-i noveoïbre 1781 (ms. ôa/io, fol. ii3-ii6).

Tu as présentement quittances et lettres; j'ai reçu toutes les tiennes et notre correspondance prend le bon train.

La résolution de l'abbé Desh[oussayes]<^J est digne de lui; je n'imagine pas d'expressions qui rendent mieux ce que j'en pense et ce qui en est réellement.

Vous voyez, Monsieur, que les gens du Musée ne sont pas de l'autre monde. Gomment cela serait-il? diras-tu, à moins qu'ils ne fussent les mauvais anges. Pourtant, je suis un peu raccommodée avec eux; tant il est vrai que la politesse est une belle chose!. . . M. Men^*" [Mentelle] ('^) me paraît figurer là convenablement; je veux dire que ce théâtre lui convient. Pour toi, c'est un spectacle auquel autant vaut assister qu'à un autre.

Notre Achate est donc bien rêveur f^^; cela ne m'étonne pas; dis-lui bien des choses pour moi.

Je voudrais causer plus longtemps, mais je songe que je ressemble à ces donneurs d'audience qui débitent gravement des balivernes pendant qu'on les attend, en respectant leurs conférences qu'on suppose de grande conséquence. Je l'embrasse à tort à travers, en attendant mieux.

^^^ H venait de donner sa démission de bil)liolliëcaire de la Sorhonne pour retourner à Rouen.

^'^ Roland avait écrit à sa femme, en lui rendant compte de ses courses à travers Paris : «r . . .de là, chez M. de la Rlancheric (aux assemblées littéraires qui se tenaient chez cet ancien amoureux de Marie Phlipon),. . . jy ai trouvé M. et M"* Mentel; excessifs compliments; de tes nouvelles; invitations, etc. 'j — Nous consacrerons une notice spéciale (Appendice S) à cet ami de Rrissot, qui fut, aux mauvais jours de septembre et octobre 1798, le confident et le

consolateur de Madame Roland. Bornonsnous à mentionner ici qu'il était alors professeur de géographie à l'Ecole militaire et (]u*il allait devenir un des collaborateurs de Roland , en se chargeant du Dietumnaire de géographie ancienne pour YEneychpédie metfiodique, 3 vol. in-4".

^^) Roland écrivait : «rMon camarade va à ses cours; nous nous voyons matin et soir, ordinairement k diner; il est toujours rdvaut, sans trop dire ni trop savoir à quoi; il faut souvent le provoquer, le hemler; puis il vu. Mais il avait grandement raison de dire qu'il avait besoin d'être poussé. . . ^

[À ROLAND, À paris'".]

Mardi, 37 novembre 1781, après-midi, — [d'Amiens.]

Tu jugeras, mon bon ami, par l'incluse de M. Flesselles, que j'aurais dû l'expédier aujourd'hui le présent paquet; mais j'ai gardé le lit jusfju'à deux heures et je u'ai dû faire autre chose qu'allaiter notre enfant. Je ne sais si c'est à la bière que je dois attribuer la petite révolution que je viens d'éprouver; cette boisson m'a désaltérée dès le premier jour, elle m'a sensiblement rafraîchie le second, je l'ai quittée le troisième parce que je sentais des coliques; cependant celles-ci ont augmenté le lendemain, j'ai eu un peu de courbature et de cours de ventre; ça a été l'affaire d'une mauvaise nuit : les soins et le repos que j'ai pris ce matin ont tout raccommodé. J'imagine qu'en te disant tout, tu n'auras d'inquiétude au présent ni à Tavenir; il n'y a pas de sujet en ce moment. Avant de passer à autre chose, parlons de ta santé qui me préoccupe; ces e^lplâtres appliqués doivent attirer une humeur qui exigerait peut-être que tu te fatiguasses moins; cette purgation toutes les semaines doit demander aussi des ménagements que je crains que tu négliges; rassure-moi sur toutes ces choses et dis-moi aussi ce que lu sens.

J'ai envoyé chez M"'"' de Ghuignes m'informer de ses nouvelles, et mon motif très étranger à sa personne m'a donné le mérite d'une politesse que je lui devais à quelques égards. J'ai beaucoup causé d'elle avec d'autres, et, somme toute, il résulte qu'elle n'est point guérie dans l'étendue du terme, puisqu'elle continue emplâtres et drogues et qu'elle ne court point les rues; personne ni elle-ineme nen est étonné, parce que l'Empirique a toujours jugé la cnre très difficile et qu il n'a promis de l'opérer dans sa perfection qu an bout d'un temps qui n'est

' Ms. ôai^. (ol. i53-i5/j.

78 LETTRES DE MADAME ROLA.^u.

pas près d'être expiré. D'ailleurs il y a un mieux sensible, et M'^'^de Chuignes, quoique changée, se sert de ses membres, souffre moins et va librement dans sa maison. Il est constant que dans le cas oh ces remèdes n'opèrent pas tout l'effet qu'on en attend, du moins ils ne sont jamais nuisibles; d'où je conclus qu'on a raison d'en essayer, et que tu peux en espérer davantage que bien d'autres, parce que le mal chex toi ne fait que de naître.

Lhomond est venu dimanche avec le dessin sans explication; il avait un petit modèle du métier sur lequel j'ai tâché de travailler moimême, afin de comprendre assez bien pour décrire ; mais le défaut des termes propres est un grand inconvénient et nuit à la clarté. Lhomond m'a offert de me donner cette description, sa femme promettant de [l'écrire], car il n'a pas le courage de tenir jamais la plume, même pour signer son nom. Ils se sont engagés à faire tranquillement cet ouvrage le même soir et de me le rapporter le lendemain. H me paraissait que le s' Lhomond ne se souciait pas de faire voir son impéritie ou sa paresse à dicter. Je ne les ai point vus hier, je les croyais déjà partis : ils sont venus aujourd'hui; les circonstances n'étaient pas heureuses, j'étius au lit. Toujours point d'explication, disant qu'ils n avaient pu la faire; ils s'y sont mis et, après avoir longuement fait celle du métier, la paresse de Uiomond lui a fait songer que tu pourrais voir le reste à Paris, chez un fabricant dont il m'a donné l'adresse. Tu trouveras tout cela ici joint.

J'ai vu dernièrement M^**" Sophie C[annet] que j'avais invitée pour avoir occasion de lui parler du père de Rosette, qui désimit être recommandé à M. Delahaye, père de charité de sa paroisse <*'. L'intime liaison de Sophie m'offrait des facilités, je les ai employées; ces bonnes gens seront recomnmndés sans que j'y paraisse; ils désireraient aussi faire ressource du côté de M. d'Eu; je verrai.

Tu n'en auras pas davantage aujourd'hui; adieu, mon cher et bon

^'î Voir Almanach de Picardie, 1781, une famille de riches nc^ociants d'Amienf j). 6 , sur les bureaux de charité institues à bien apparentés. L'un d'eux était alo Amiens depuis i778.^Les Delahaye étaient t lien tenant de maires.

ami, je faime et t embrasse de toute mon âme. Mille choses au compagnon fidèle.

Je reçois, mon ami, ta lettre du 26'^'; tu sais présentement que j'ai reçu aussi la précédente. J'ai hâte d'en avoir une autre de toi où tu m'entretiennes de ta santé et de ce qui s'est passé. Adieu, cher ami , songe que j'ai besoin de tes nouvelles.

1 ROLAND, À PARIS W

99 [novembre 1781], — [timbre d^Amicns.]

Je reçois ta lettre, mon bon ami, et j'y réponds directement, car

j'ai quelque chagrin à te communiquer, et mon cœur est pressé de

s'ouvrir avec toi. Ne vas pas t'émouvoir et t'affliger : tu dis toi-même

qu'il ne faut jamais perdre la tôle; si tu t'affectais, ce serait le pis de

nos maux. Je ne me porte pas bien; le dévoiement que je croyais

passé est revenu avec un petit accès de fièvre, ce n'est rien que cela;

avec des soins, des ménagements, j'en serai quitte aisément. Mais

ma douleur, c'est que mon lait se perd et qu'on me défend de donner

le peu qui m'en reste, et qu'il faut cependant tirer. J'ai l'alternative de

nourrir mon enfanta l'eau d'orge coupée avec du lait ou de faire venir

une nourrice, ce que les docteurs disent être mieux.

Tu devines assez ce que je sens. Guide-moi, conseille-moi, dans cette perplexité. Réponds-moi, ne te tourmente pas, je te donnerai souvent de mes nouvelles; suis les affaires et n'altère pas mon courage par ton trouble.

Adieu, cher et bon ami, je ne t'en dis pas plus long aujourd'hui. Mes filles sont d'un zèle et d'une affection à faire tout oublier. Mille amitiés au fidèle Achate.

' La Jeltre de Roland du 36 noveinbœ 1781 (ms. 6q4o, fol. io3-io/i). — ^*^ Ms. 6q38, fol. 156-107-

[À ROLAND, À PARIS '*'

3o novembre 1781, — [d'Amiens.]

Je t'ai écrit hier, mon bon ami, dans un moment d'agitation et de douleur; je me hâte de recommencer aujourd'hui pour calmer les inquiétudes que je t'ai données.

Je suis mieux; j'ai trouvé une femme qui me tôte deux ou trois fois le jour pour empêcher que le lait ne se perde. Je nourris ma petite au lait coupé d'eau d'orge; je souffrirais dé lui voir prendre le sein d'une autre; j'espùre lui rendre bientôt le mien. 11 n'y aurait que la persuasion d'une nécessité pour son bien-être qui me ferait résoudre à lui prêter pour quelques jours une mère étrangère. Sois donc plus tranquille, mon ami; donne-moi de tes nouvelles; tu auras souvent des miennes, et tout ira bien.

Je n'ai encore vu personne pour le billet; on a apporté les ordonnances pour tes appointements.

Nos amis sont très empressés; MM. d'Eu et de Vin sont sans cesse autour de moi; ils voulaient, comme veulent les amis du monde toujours empressés de faire ])reuve de zèle à tout propos, que je visse M. Legrand'^); ils me l'ont amené, j'ai causé avec lui; mais, comme je n'ai guère de confiance en personne d'ici, autant m'en tenir à Ancelin pour ce bibus.

Je fais un suçon en toile qu'on imbibe continuellement en versant dessus goutte à goutte, et l'enfant prend ainsi; la première nuit de ce

^^'' Ms. Ga38, fol. i58. Elle son citait tenue à Anselin, chimi^en, ^*' tCIi.-Fi-.- M. Le^rand, docteiu* de dont les prix ëlaienl sans doute moins devë» Mont|)ellier, cl prolesseiu* dos accoucherueiils , ( un louis , voir lettre du a 8 décembre 1781). près IÉvMh^'î (Alm. de Picardie, 1781, Mais, dans la maladie qui va suivre, ce p. 4 9 ). Voir sur lui Inventaire des Archives de n'est pas J^egrand , c'est d'Hervillez que nous la Somme, passim. — On voit que ce n'était allons trouver auprès délie, sans qu'elle papas lui qui avait accouché Madame Uolaud. raisse avoir eu plus de foi dans sa science.

fpjffinoa t'ié triste; la pauvre pettle me voulait, et ses cris nujnl dé chirk. Si tu m'apportes un couvert pour elle, aie soin de ie prendre irè$ [letiL J'ai vu notre bon frère de Grespy, il est arrivé d'hier et part âujoiirtriiui.

Adieu, tendre ami, je suis toute à toi.

A KOLAND, k PARIS <*>.

Dimanche, aS décembre 1781, — |liinhrc frAiniciis.]

Eh bien! cher ami, après cette retraite de trois semaines f*^' où tu

ûi'H5 fait $\ lionne el si douce compagnie, te voilà rejeté dans le lour-

\)iIlon des atTaires; puissent les nôtres te d^ïniier moins de contrariété!

Je coinple au moins, bieîi sûrement, ne plus ie faire revenir avec tant

detrislosse et de précipilalion; mais, sur toute chose, vois ton Esculape

et aie soin de la santé. Je ménage la miemie comme pour loi; n'est-ce

pas lotit dire? J'ai passé hier une seconde journée sans colique; jVi

Eu recevant [ps leUres pr^cMf^nles, Naiid avait écrit aussitôt, i*' clt^^eDibn» (nw. Mo, fol. 1 1 i-t 19) : «tTii me cachcîJ ^^^\ài, mon ajuie; U lettre d'hier sembleriU^mnonrer du mieux; mais lu as inandt^ ' ij^stlje [ia vieille amie, sfpui' Sainte - V^e, des Dames Angustines de ta Con- K"iption]i]iie lu avais été saignéa, que lu *^» iiae dyseaterie affreusev el je ne viens V^im éXre iiifonud à cinq heures du soir, 'rfirrrhê pm-tout une voilim:^ poiu" pmiir -dw/ap ûQ poste; je n'ai pu en ti'ou- *^J'Javi»i5 déjh écrit à deii)t ou trois perpour leur mander mon d«5part. Si fanfi^ me le permettait, je partirais à pwi,' mais le mystère qac tu me fais , à moi , WHw» amiiî, avec un air fie confiance, me

dt^chire l'âme et m accalde, Siu* quoi et sur qui veu\-tii que je compte déïtormais? je n'ai de confit^nce en ton L^lat que sur ce quo tïi me dis du dt^piu'l de mon Irt^re* car je le crais lix)p vrai ponr penser qu'il se ïùi concerté avec loi et ceux qui t entourent pour me tromper et tHrc repiuli si tu étais en darif^er. Suivant les leitms de demain, de {pH^lque manii^re que ce soit, je p^u tirai» je ne me consolerai jaf nais d"*^ii'e le ilernier instruit de ce que tu sens. Je t*embrasse avec un eieur uavni.T»

Rolaud arj'iva eu eflel pres^pie aussitôt et resta auprès de sa fetrune j^isqu'au veudrctli a 1 decendjre, où » la convalescejice [Kiraissant assurée, à repartit pour Paris (\ojr ms. ùiho, fol 1/47-1/18, letti'e de Roland du a 3 dt^ccnibitr 1781)*

UTTUM tut «4041111 nOLiM»* — k

l»f|ltlll.|lU «ATlORALfc.

mangé du poisson avec appétit, j'ai bien digéré sans pesanteur ni malaise, et j ai très bien dormi; toujours grâce à Topium, mais en moindre dose. De trois grains on m'a fait quatre pilules pour autant (le jours, après lesquels on diminuera dans la même proportion jusqu'à neattt. Le tout, par i'avis de mon docteur qui m'est venu voir hier matin, et dont, par parenthèse, la pauvre femme en souffrance depuis dix-sept jours n'est point encore accouchée f^'. Ma fille vit, mais c'est tout; plus d'embonpoint, pas d'accroissement sensible; mon cœur en saigne quelquefois, puis je songe à toi et je prends courage. Marie- Jeanne'^', toujours zélée, attentive, a trouvé un moyen qui nous a réussi jusqu'à présent pour tenir ie corps libre à l'enfant, sans lavevement ni sirop; c'est de lui faire manger chaque soir une petite pomme cuite, c'est-à-dire le douillet de ia pomme, sans pelure ni rien de semblable; le faible acide de ce fruit parait plaire à Tenfant, qui mange cela avec avidité.

Mon impertinente cuisinière t^' est venue hier matin : je lui ai donné son argent; ne s'est-elle pas avisée de me dire quii était bien ingrat de la mettre ainsi sur le pavé, tandis que c'est elle qui n'a pas voulu entrer dans la maison où elle m'avait dit être arrêtée, parce qu'elle en espère trouver une plus douce, ce que j'ai su d'ailleurs; je l'ai relevée comme il convenait, et je l'ai fait sortir de ma chambre. 11 y a encore des effets à elle; on lui a ouvert ce matin comme je dormais; je ne sais ce qu'elle a fait dans la maison; on ne l'a pas vue disparaître. Il m'est venu, hier au soir, une grande fille de 26 ans qui a l'air assez propre et dégourdi; elle sert depuis huit ans dans cette ville et elle s'est trouvée en même maison avec Marguerite, qui en dit du bien; Marie-Jeanne connaît sa dernière maîtresse, chez qui j'enverrai aujourd'hui; suivant les apparences, je l'arrêterai; j'ai causé longtemps avec celte fille qui paraît avoir un peu de sens, je lui ai bien expliqué tous ses devoirs et toutes mes conditions, elle a envie d'entrer; nous verrons.

^'^ On verra plus loiu que c'est d'ilcr- l'etoui* (voir plus loin leiire du 6 janvier villez. 1 783 ) , avait mise auprès de sa femme.

'■^ La garde-malade que Roland , dès son ^*^ Joséphine.

M. de Bray a envoyé hier au soir [Mnir s*inlunner rorninenL j'avnis païvsé la journée et si lu étais parti; je n'ai vu personne autre. J'iiuagîne que M°^ d'Eu, sortant aujourd'hui pour aller senniiyer chesB les grands-parenis, viendra auparavant s'ennuyer et m'ennuyer <juelques iosUints; gî*andhien hii fasse, et ph\t au ciel que cela ne fi\t pas lon|^'! Le lidèle Achate aura été bien surpris; et ces bonnes gens, M'"'' Bussière ^*L dis-leur bien des choses pour moi; mille amitiés au compagnon.

Ou e^i venu chercher Targent du billcl hier matin; ainsi, voilà encore ttne affaire terminée. Je suis bien en peine de celle où M. Houard'^^ met son nei : dunne-ni'en des nouvelles. Mais, avant tout, de celles de ta personne* A mon Agathe '^^, à M"'* Desportes, si tu les vois, compliments, amitiés.

Adieu, bon ami, je t'embrasse, loto corde.

P.-.S (nur alla posta.

: Due leUere vengono; io le faccio recare subito

[À ROLAND, V PARIS ^'IJ

Mercredi, îi() df''reiiibre 1781* «près-midi, — [d\\iiiii»iis.]

J atuie à cuiuin»'urcr mon baliillage la veille; les petits tracas du matin me laissent trop peu de temps avant Theure du courrier. C'est ma consolation que de l'écrire : c'est mou travail, mon amusement, ce m'est tout enfin; je ne fais rien d'ailliMirs, ou bien peu de chose. Je ne diiuae pas même sauvent à manger à nia fille, quoique je la fasse

f'^ ProbaUaiient l'hAtesse de VUUé tk

*' Le ivn3<î«r des Lettres d'Italie. V<ïir ! 1 4. MalgT*^ l« permission accoixléep nr i de jV»!vilJiî, \f* «ILrocUnir do In libniiri*^, eo iwivnnbre 1781, de nouvetlcs ditllculU^s Mtmmi s«^. lioiatid , arrivant ce même jour

â Paris. (Privait k sii femruc: r Demain malin, je diibnte par mon bmuTU de ceusciiT'' (leUre du 'i3 dfkembre 1781» ni s. 6 a ^10, fol. thj-iàH).

^^^ Voir sur Agathe, ou plus exacteuienl Ha^nr Sain (f'-A|[al lie, l'Appendice U*

" \L Ûi^M, fol, i05-j{iG.

venir dans ma tliamljrc sitôt qu'elle est propre et aén;c; je nai pas acquis une once rie force rlepuis trois jours. Hier, que j*étais baissée au feu puur le plaisir de faire la soupe de ma petite, j^oubliai de m'étayer des deux uiains pour me relever et je tombai fort proprement le derrière à terre; comme je ne me suis pas iait grand mal, Taventure m'a paru comique.

Nous allons aujourd'hui couci^ coud; après quatre jours passés sans colirjues, celles-ci sont revenues hier sur le soir; j'avais dîné avec une petite limande grillée et trois cuillerées de purée de lentilles; mon manger passa si bien, sans pesanteur, qu'à six lieures je me mourais de besoin; je soupai avant sept, avec deux œufs brouillés au jus de mouton. Tétais horriblement fatiguée, je me couchai aussitôt. Trois quarts d'heure après, je ui'endormis; on ne me réveilla point pour mon bol et j'eus un fort bon sommeil jusqu a deux heures. Le reste de la nuit se passa en douleur s; Marie-Jeanne se leva avant cinq heures; la faim lue piil , elle me donna un biscuit de Savoie avec deux doigis de vin; cela ne suffit pas. On me fit promptement mon cacao dont je déjeune actuellement; il me réussit bien; mais il me nourrit beaucoup moins que le chocolat, et je suis toujours obligée de recommencer avec autre chose, trois heures après l'avoir pris. C'est ainsi qu'il a fallu répéter ce matin, et à deux lois, jusqu'au dîner. Je ne puis attribuer qu'à l'ilcreté de quelque humeur ces tiraillements et ces défaillances d'estomac; c'est aus«i l'avis de mon docteur, qu'on a été chercher el^ ijui me dôone demain du catholicon double avec du sirop de chicorée. Je me sens bien à ce moment, mais je m'aperçois que le dîner s'en va déjà grand train et qu'il faudra manger avant le soir; je prends peu. à la fois, j al toujours peur de trop charger; peu s'en faut que le mé— decin ne soit fâché de ce que je n'ai pas encore essayé de viande : j^ n'ose m'y hasarder. Je suis savante en dysenterie depuis deux jour^ ([ue j'ai lu sur ce sujet un long mémoire dans le Jomwil économique ^^K

ilaiideau, elc, aviul: puru d*î lySi h 177-j. ffU sVcupit surloul rl'iigfi iculUia* «H d'ëco-

oiimie daincsliijiu'.^ l Itatin , p. 6*ï ). llnl>u(l en faisait j^rand usage cl le cite à chaï|ur page de son Dici, dm ManH/acture.u

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Les avis criés de tant et de célèbms nuirurs nn diHruisoîil pas mon idée que la médecine est un art [uiremont conjectural. Les Iraîtemenls de cette maladie varient suivani les circonstances qui raccompagnent elle tempérament du malade* A celui-ci, saignce, vomitif et diète; h celui-là, les bains, la nourriture, Texercice; à d'autres, le vin ou les opialcs, etc.; on paraît, en général, devoir éviter les purgatifs irritants pour les intestins et finir par les cordiaux, entre lesquels on préfère le vin. Prends garde que je n\ prenne goût; ne serait-ce pas un joli lésullalde celte triste maladie?

J'ai été interrompue et je viens d'avoir une bouffée de chagrin i|uli faut que j'adoucisse avec toi* J*avais à occuper mes deux filles pour on quart d'heure, je me suis chargée de reniant; à peine a-t-il étérlans mes bras, qu'il s'est misa crier en me fixant; il ma semblé fju'il cherchait après sa bonne^^^; j'en ai conclu qu'il se déplaisait avec ïiHii, et ce soupçon m'a désespérée. Hélas! la pauvre j>etite a bu de mes buios, elles coulaient malgré moi. tombaient sur ses joues et allaient setnèler à la boisson que je tâchais de loi faire (ueudre* Tout a été iiiutiie : je voulais la promener, je ne pouvais me lever de mou siège en la portant; le sentiment de celte impuissance n'était pas consolâNr. La lionne est revenue; soit que mon idée fût fondée, soit que It'Bialfùl apaisé, reniant se tut ets^emlormit sur les bras de cette fille* Il lie faut pas se le dissimuler, elle aura Teiifant plus que moi dans ces pcemiers temps; surtout durant cette malheureuse convalescence oi\ J<' î^iiis privée de mes forces; elle aura aussi ses souris; et moi, qui JiHrai plus de douleurs, je ne serai pas dédommagée par ses premières fasses qui m'auraient fait tout oublier. J'en pleure encore^ je suis •Iwne faiblesse impardonnable. Mais mon enfant nv connaîtra pas '^00 sein; il ne s'y jetlera plus avec cet empressement si touchant pour '^'SiiK'res : pourquoi n'ai-jc plus de lait^- ! Voilà ce qiie tant de gens

' U l»ûiij)e, c'est tounnii-s Maiie-Mar-

^'' >Vb«lamt* (ti>lan<l a nirnnU^ olle-iinViir \^à ma fille en d^c et dam ie eoji de ik venir

mère, p* 3oo-344 tlu ionm l île ï'édilton Cliarii[ïagneiix), avec uiio tiiiiguïièir \ivéasiicMi (li^ liiHails, m^ misèn^î* île riinirnce pX la Vtiillfïn**: obsliiialion nvec laquellt" elii: k"g

ne sentent pas, quand ils croient me consoler entièrement en m'assu — rant <[ue mon enfant vivra. Parlons d'autre chose; ceci me tiendra liei»^ de coliation.

Tu ne te doutes sûrement pas que la pauvre Marguerite a eu aussL. la dyssenterie, assez fort durant cinq jours, la semaine d auparavant-! la dernière; Marie-Jeanne l'a soignée en secret; elles se sont entendu pour nous le cacher, afin de ne pas augmenter nos embarras et nos <« inquiétudes. Autre histoire : M. d'Herviiiez, dont la femme est une d'Antin, m'a dit qu'il avait rencontre Joséphine, qu'il lui avait demandé de mes nouvelles et avait appris qu'elle ne me servait plus, chose dont il ne s'étonnait nullement et quil avait prévue en la voyant chez moi; il ajouta (ce dont je m'étais, comme tu sais, aperçu) qu'elle était sujette à de terribles vapeurs hystériques et, qui pis est, qu'elle était visionnaire; qu'il l'avait traitée pour la première cause chet M"*" Robert'^', sa belle-sœur, doii elle avait été renvoyée pour la seconde.

J'ai été ennuyée tantôt par M. Duperron, hier par M'^d'Eu qui m'a l'air assez désœuvrée, car elle est demeurée plus d'une heure et ellr» avait amené sa petite fille. Heureusement Tauii de Vin était de compagnie. Le bon M. de Bray n'a pas manqué sa petite visite du soir : il m'a témoigné que sa femme désirait me voir; j'ai répondu avec politesse et sensibilité, mais co0ime quelqu'un qui n'est pas pressé de recevoir. M""" Gannet est venue ce matin, tout dopant; M^*'' Decourt'"! sort d'ici ; elle m'a épanché son cœur sur le sort qui rattend quand elle perdra sa sceur; elle a cause avec confiance, je lui ai répondu avec întériM . et je pense qu'elfe s'en est allée contente de moi. Pauvre file! liabituée a des jouissances qui sont devenues des besoins, elle souffre déjà par la crainte de les perdre. Au reste, la bonne mère va mieux.

siinnonla. — Cf. Dhcours préliminaire de ClîiUiî|»agueux, p. L\\ji\ <lu raérric' vukiinc.

*^ï ]Soiis navons rien trouve sur (iviW M~* Robert,

(») Jj»- Madeleine Deconpt, bopup de \f'"' de Bi'ay la mère» et par conséquent tante d\\lex.-Mc. du Bray, ! avocat du Hoi, avail été marchande, avant de se l'étirer atipès de sa sœur. — Voir Appendice E*

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