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\ BOLA.M), \ PAIIIS'".]
Mercredi au soir, 0 ((tviiiT 1785», — ( d'AïuÛTis, ]
IMssc'* midi ol loin par dr^lè, j'ni reçu ton petit mol ficcoin[Ka|;iiant la letlre de M. Laiithenas^-'^ J'avais besoin de cps noiuelles jmui (aire
que
difiaiN
isi sans i*ouvoir me soustraire à leur induence. J'en hnk au point oè s'est peint Rousseau enfant^ chercliant à s'assurer, succooibant malgré lui à la frayeur fjue lui causait robscurîlé et n*étcint rappelé à son rounige que par les lis qu'il entendii fort k propos. M. Lanllienas me suppose un peu dans fa crainte, il en plaisante et prétend t*lre, en toute occasion, le digne frère d'une femme qui a su prendre le pistolet contre un rat. ('e (|ui me réjouit par-dessus tout, ccst de voir ton ihnme s'apaiser et te laisser du repos, car, au boul du complexe ne crois pas que Um rétablissement soit l'époque d'une action dont Fidée m'a cruellement poursuivie.
Je ne puis TexpriuM r' combien mon cœur s est serré lorsque j'ai lu, dans ta précédente, Thisloire de la rencontre ^^' et les propos; rpioique je trouvasse dans ceux-ci des motifs de nVvii pas redouter les suites, un sentiment plus fort que toutes les raisons imajjiiiables me tenait en alarme. Je me disais tout ce que tu pourras m'opposer pour me convaincre de folie, et je ne me rassurais pas.
Je ne suis plus grosse, mais je suis toujours t'emmcr n^est-ce pas assez pour trembler è lapparence du danger ile ce qu'on aime? Eulin tu en t*iras encore une lois, et moi aussi, quand je Le tiendrai; avant cela, ce TÈ.e sera que du boul des lèvres. Ce vilain à grosse m^khoire me pèse sur les épaules, M. Lanthenas dit que ses passions sont trop mipdiées
' Lantinmas avait ^ci'il à Madame Bos^^ nd, le 3 fc v rk^ ( ms. 6*ii 1 , fol i6o'!3(>ti
l>tmr la rassurer sur ses craintes au sujet d »(â) 4vec Holker,
dans l'or, pour qu'on puisse en attendre rien de violent; je le crois, mais je serais plus aise que toute sa personne le fût dans la vase du Styx. Dieu l'y conduise : Amen. Voilà un souhait fort édifiant! diras-tu. Mais toi et d'autres n'auraient pas bonne grâce de le trouver mauvais, attendu que le saint roi David a fait des imprécations bien plus terribles contre ses ennemis , et qu'il ne serait pas catholique d'exiger que je valusse mieux qu'un roi-prophète. D'après celle belle et bonne défense, j'irai mon train dans la haine que j'ai vouée au personnage, mais, du reste, je promets de ne pas abuser de l'exemple.
Je le demanderais volontiers que tu m'écrivisses dorénavant aussi brièvement que dimanche, pourvu que ce soit par la même raison : lève-toi tard; sacrifie à la paresse, c'est une divinité douce qui vaut cent fois mieux que les Grâces tant vantées par Platon; il est bon de quitter parfois .l'autel de ces fringantes, pour se restaurer paisiblement sous les ailes de l'autre déité. Tu me retrouveras conformément à cette doctrine, faisant du lait, dormant beaucoup, ne travaillant guère.
Notre petite se porte assez bien, sinon qu'elle dort moins et qu'elle a, par ci, par là, des petits boutons les jours où je m'avise d'échauifer mon lait par des terreurs paniques. Elle commence à ne plus se soucier de la petite soupe qu'on lui donne le soir; elle ne veut que le sein, le veut souvent et le tient longtemps : c'est un vrai passe-temps que cette marmotte.
M. de B[ray] m'a dit qu'il y avait dans la note une petite erreur d'addition au désavantage du libraire; il me paraît qu'il attendra le reste pour finir avec toi. M. d'E[u] n'a point encore remis les /ioo livres; il m'en parlait dernièrement, comme par ressouvenir et se promettant de ne plus tarder. Mais tous les Béotiens et le reste sont dans la mangeaille jusqu'au cou. M.de V[in] s'était, je crois, chargé de te demander des graines pour Jourdain t^^; n'est-ce pas bien choisir son commissionnaire? Si le bonhomme attend après lentremise de M. de V[in], il
^'^ Ce «rbonhomme est^ peut-êti'e Jour- p. 46), ou bien encore Jourdain de TÉloge, dain de Thieulloy, (rëcuyer, ancien maire « syndic de la Chambre de Commerce «(tftù/., d'AmiensTî {Almanach de Picardie, 178a, p. 80).
peut remettre ses espérances au printemps de 83. Je ne sais trop re que j'ai ouï dire de Murey ^*^ il me semble qu*il restera sur les crochets dû seigneur Price.
M. Flesselles avait vu de très près le s' Dup, [Diiperron] aux troisièmes loges, familièrement et moins décemment qu'il ne convient en public, avec certaines femmes, les mêmes dn Jardin du Roi, S'étant trouvé avec lui, pen a|)rès, dans une maison particulière, il raconta, comme par conversation, que tel jour au spectacle il y avait nn jeune homme qui ne se conduisait pas honnêtement, que c'était aux troisièmes, '\ telle loge, et qu'il avait été remarqué et bhlmé de beaucoup de personnes. Le héros de la pi4>ce,se sentant bien, devint rouge et décontenancé au possible; aussitôt M. Fless[elles] de lui dire : rQuoi donc, M, Dup, [ Duperi'on], auriez-vous remarqué cela? — Non, Monsieur, dit 1 autre, fort enibariassé. Puis ensuite, pren:int notre jeune tête sans témoins, M. Fless[elles] lui fit sa leçon avec le sans-géne que lu lui connais; il avait outré les choses dans son récit, pour mieux pincer son ba!nme en lui donnant à croire que beaucoup demundc Tavait vu. Je n'ai pas eu de visite de \L Dp. [Duperron] depuis ce teoips-là ; j'imagine bien que, sachant que M. Fless[elles] vient à la maison, il a jîeutêtre quelque appréhension que son bistorîeltc n'y soit connue* Pauvre espèce! N'a-t-il pas été, d'un air leste, demander à M. Fless[elles] comment se faisaient ses apprêts, avec un ton de légèreté comme ne sentant point qu'il dût y avoir (juelque réserve, ou croyant mériter qu'on n en eût pas avec lui. L autre de ré]>ondre sec qu'il ne lui dirait pas. C'est bien taillé pour les gens de hVliaol; ne valant guère mieux les uns que les autres, ils seront plus d'accord. Laisse- moi tout ce
■ *^^ tire Murry, — \mr Inventaire de la ne, C. 35fj, toute ime série cle pièces 1781 se rapportant à la demande adir^ss^ au Gouvernement [lar le sieur Thomas Murry, h Teflet fVMvn autonsë à étiiblirprès d'Amiens 110e m ami fa dure de rou|>erose avec des moyens très (?cnnoraîr[ues, iy février 1781. — T Rapport de xMM- LimoHière
et Turmine, teinturiers, de Té preuve ([iills ont Fflite dt}iî malièreî* frihriquL^es pur lesieui' Murry, 9 û juin; — rapport et exainen eliimique de la couperose, de l'buile de vilriol eldes ea u v-forleiî de M . Miirr}\, par M \I . Obei*villez, docteur en médecine, et Laposkdle, apothicaire ♦ 9 août, etc.^ On vnit iei (jue c'est Price ijui avait tait venir Miirry,
Iripol; allons au Clos cultiver des carottes et faire les vendanges; nous formerons là une petite Sophie, si elle nous reste, et nous respirerons un air pur.
Je t'embrasse de tout mon cœur.
À ROLAND, À PARIS*''
Jeudi an soir, 7 février 178a, — d^Amiens.
Tu as bien raison, toi-même, mon bon ami, de me faire apercevoir de mes omissions; j'avais l'idée vague d'avoir écrit en dernier lieu à M^® de la B. [Belouze]. Je ne me souvenais plus que c'était précisément à la veille de ma maladie. Je t'envoie une petite missive qui, sans doute, d'ajuès ce que tu me dis, te parviendra encore à temps. J'en ai d'autres en route, je t'ai écrit presque tous ces jours-ci; et, si tu n'as pas été au bureau, tu en trouveras plusieurs samedi. Je ne t'en adresserai plus aucune, ni par cette voie, ni directement, sauf l'extraordinaire de quelque circonstance, et j'attendrai maintenant à te faire mes contes que tu puisses les entendre de tes oreilles. Cependant il y a encore loin d'ici là; car ton départ du mardi ne doit me donner le plaisir de l'embrasser que le lendemain au soir. Je pourrais bien m'ennuyer d'être cinq jours sans te rien dire; en décrivant après-demain, lu prendrais encore ma lettre au bureau, dans tes courses, le lundi ou le mardi, ou tu la laisserais : ainsi je ne réponds de rien.
Tu fais sagement de laisser des affaires qui ne veulent point aller; il est bon d'apprécier assez celles en question, pour s'en procurer l'objet s'il est possible, et s'en passer sans regret s'il en est autrement. J'ai déjà souvent dit à moi-même que si celle-là ne réussissait pas, de même que si la place à Paris n'arrivait point, il n'y aurait rien d'étonnant ni de bien fâcheux; dans un siècle où les intrigants seuls peuvent se
<»J Ms. 9633, fol. 84.
pousser, l'homme vertueux a fait assez pour sa propre gloire <|uand il a mérité de monter plus haut qu'il n'est placé : tant pis pour l'Etal qui ne sait pas l'employer, mais le bonheur du sage n'est pas dépendant des caprices d'une mauvaise administration. Cet exemple à laisser vaut bien autant, pour des enfants, qu'un titre ou des privilèges. Adieu, mon bon ami; j'envisage avec joie le moment de ton retour; j'ai hâte d'y être arrivée pour t'embrasser de tout mon cœur.
[À ROLAND, À PARIS'''
9 février 178a, — d'Amiens.
Puisque tu vas quitter Paris, mon bon ami, et que tu y laisses nos bonnes petites cousines '^^ si fort ennuyées, j'ai pensé qu'il ne serait pa»^ mal de leur témoigner mon intérêt et ma sensibilité; j'ai eu d'autant plus de facilité à suivre cette idée, que je la dois aux dispositions de mon cœur pour ces aimables filles. Cette marque d'amitié les touchera, j'en suis sûre, et mon babil les désennuyera pour un petit moment. Je pourrai leur envoyer parfois quelques épîtres dans l'espace de temps qu'elles vont être près de nous; la voie des bureaux, par notre correspondant M. Lanthenas, pourra être employée pour elles, ainsi que pour d'autres. Voilà les motifs de la lettre que tu trouves ci-jointe et mes projets à cette occasion.
Parlons présentement de mes terreurs paniques auxquelles tu répondais par la lettre que j'ai reçue hier. Tu auras aussi vu par quelquesunes de mes précédentes que j'étais déjà redevenue un peu raisonnable; ainsi n'en parlons plus, si ce n'est pour rire, puisque tu me promets qu'il n'y a pas de quoi pour rien de plus. J'attends tes histoires de Musées et autres; tu fais bien d'en apporter; je n'en fournirai pas de mon côté ; je n'en ai guère au coin de mon feu, et je te conte à mesure
^'^ Ms. (iioS, îoi. 'Ji()-:ijj. — '"' Les cousines irKpiiioy.
mes faits et gestes. J'ajouterai, pour en compléter le récit, qu'hier à Il heures, après avoir donné le sein à ma fille depuis le dîner, j'ai été voir Notre-Dame Dumaug. [Dumaugin]. Je l'ai trouvée avec ce ton de politesse el de bonne compagnie qui lui est naturel, se plaignant d'un rhume qu'elle dit avoir depuis trois semaines et qui la retient auprès de sa cheminée; je sais pourtant qu'elle a été chez M"** Gannet il n'y a pas quinze jours; mais, dans les circonstances, son exagération était une honnêteté. Elle m'a montré beaucoup de. . . je ne sais quoi dire, car intérêt, sensibilité et le reste ne sont pas des mots grandement faits pour elle; bref, elle a prétendu avoir pris beaucoup de part à mes maux et s'être fait informer de ma situation par ses gens. Je lui ai répondu comme il convenait, et nous nous sommes débité des choses obligeantes, sans être, je crois, la dupe l'une de l'autre, et le sentant fort bien réciproquement. J'avais passé chez M""^ d'Eu dont le mari m'était venu voir et m'avait appris qu'elle avait dégringolé avant-hier le fatal escalier, aussi lestement que nous l'avions fait cet été^^', mais encore à meilleur marché : elle en a été quitte pour quelques bosses à la tête , sans douleur, et pour une saignée de précaution.
Le sgr. de V[in] m'a donné la main jusque chez M'^^Dumg. [Dumaugin], me racontant ce qu'il t'avait mandé, disant qu'il t'écrirait encore pour avoir une réponse, puis des contes, etc., me disant au bout de tout que c'était lui qui me devait 4oo**, que M. d'E[u] l'en avait fait souvenir et qu'il les enverrait. J'ai été une heure dehors; je suis rentrée avec un empressement et un plaisir singuliers, pour revoir mon petit poussin qui s'était amusé à rejeter mon lait et qui me reprit le sein aussitôt. M™® Dumgn. [Dumaugin], apprenant que j'étais redevenue nourrice, ne m'a pas édifiée par ce qu'elle m'a dit à ce sujet. Elle trouve que c'est bien beau; elle marque l'admiration d'une femme qui ne trouverait pas dans son cœur des raisons d'en faire autant et l'étonnement d'une ignorance que je ne lui aurais pas supposée sur l'article : je crois qu'elle aura trouvé mes réponses originales.
^'^ Voir sur cet accident, survenu pendant la gix)S8esse de Madame Roland, une lettre à elle adress<^ par M. Justamont, le 90 août 1781 (ms* (jtihi, fol. aS'i).
Je me suis rencontrée chez M™*^ d'Eu avec ies D"^* Durieux'^l qui m*ont parlé de ma santé avec un aîr de connaissance qui me surprit; rar je ne les remettais pas el je ne savais qui eiles étaient, quoiqu'elles fussent arrivées après moi : je ne les avais pas entendu annoncer. Tout ce nioude-là est béotique coinint» le reste.
J\ii recommencé la mousse de Corse pour ma petite, à raison des ini^mes indisposilions; cependant elles sont moins fréquentes et, au milieu de tout cela, renfaut profite. Je n'ai pas revu mon ducteur, et je crois n'en avoir guère besoin.
Je demande, toujours inutilement, mon mémoire à L'Apostulc; on s'informe si lu es de retour. Ces gens-là t'ont furieusement à cœur et voudraient bien te tenir.
Bonjour, mon ami; il fait un brouillard épais, aigre et très froid; c'est vraiment une vapeur des Palus-Méolides. Tu dois soulîVir de ce froid; je t'attends au coin de ton feu où j\u tant de plaisir h te voir.
Ta petite fdle, poui' la première fois depuis ma maladie, a dormi sept heures de suite poiu* sa nuit, à compter de onze lieures du soir. Mais, comme tout se balance, je soulTrais de mon lait à ne pouvoir plus dormir et j'attendais impatiemment sçn réveil. Elle se joue présentement sm* des couvertures devant le feu; ses mouvements ne sont pas incore grand' chose; enfin nous allons bien. Adieu; je t'embrasse de tout mon cœur en attendant que je le fasse réellement. Amitiés au couqmgnon.
À SOPHIE CANNET, \ AMIENS f''.
[JuillH 1789], — d*Aniien».
Je te remercie, ma bonne amie, du petit point et des autres, sans te renvayer encore Ion canevas, parce que, voulant faire dessiner ces points, je
'»^ I.es flemoiseiks DiirieiLx, delà faimlle cette lettre 011 1781, ce qui est impossible, du ^nfli"*?. fie M. de Brîiy. cor il y est question d'Eudora, «qui pmparc
^'' DîiuUiit.n, ^38. — Cet ëdiliîur place quelques deuLs». — Cf. au ms. Gaii,
trouve plus commode de les montrer exécutés que de les recommencer à cette intention. J'ai cru sans inconvénient de garder quelques jours de plus la pièce instructive.
Mais parlons un peu de la pièce de M. Brayer^^^, car il faut justice en tout : on doit la rendre aux Béotiens comme à tout autre, sans considération particulière ni préjugé d'aucune espèce. Déterminé par ton invitation, et favorablement prévenu par elle, le Grec^*-^^ s'en est allé jeudi à la comédie, en aussi bonne disposition que s'il eût été voir de l'Aristophane ou du Ménandre. On lui donna d'abord du Molière, et cela ne l'éloignait pas trop de ces fameux comiques, sans valoir beaucoup mieux, quant aux mœurs, que certains ouvrages de celui qui osait jouer Socrate. Vint humblement en scène le compatriote de Pindare^^^ mais non tout à fait son émule; il s'était mis en quatre (actes) pour faire de son mieux sans doute, et, si Ton doit louer l'envie de bien faire> il aura part aux éloges qu'on devrait au même titre à tant de gens qui vous impatientent en croyant vous amuser.
Richard, son héros, est celui de la comédie : personnage amphibie, maître de musique et laquais à la fois, à cause apparemment que les Béotiens croient les talents à gages. Richard devient amoureux de son écolière et de sa maîtresse : car Sara est l'une et l'autre, et c'est un coup de génie que de présenter les gens sous plusieurs rapports en même temps. Une femme de chambre jalouse instruit le père, qui vient interrompre la leçon en menaçant de coups de bâton le serviteur maître. C'en est assez pour un acte. Le second, qui arrive sans qu'on sache pourquoi, transporte les spectateurs noblement au cabaret. Dn officier s'y trouve; Sara, qu'une tante avait, ravie au courroux de son père, y arrive; l'officier cause précisément de Richard qu'il cherche. Sara s'évanouit; il lui donne de l'eau de la reine de Hongrie; puis cette jeune personne remonte en voiture avec sa conductrice. Il faut bien que Richard paraisse à son tour à la taverne; l'officier le questionne et le reconnaît. On entend un coup de fusil, le brave militaire court au bruit; il revient avec un milord qu'il a sauvé des mains des voleurs, et qui lui offre une bourse pour reconnaître son service : manière
foi. 236-287, une lettre de Roland à M '' Ma- lès^ désignent Roland. C'était son nom parmi
lortie, du 7 juillet 1782, où il dit : rLii pe- ses amis de Rouen (voir lettre 1 1). Dans sa
lite a fait deux dents. . . w. correspondance avec son frère le prieur de
^*^ Nous n'avons pu trouver aucune indi- Cluny, pendant son voyage d'Italie, ils s'ap-
cation sur M. Rrayer. pellent Tun Tliales, l'autre Rias,
^^^ ffLeGreoet^un pi'U plusloin, H-Tlia- ^"^ C'est-à-dire le Béotien ou l'Araiénois.
fort nolilc (le remercior un yalant liomme de lui avoir sauvé la vie! C'est ainsi assurément que ft»raîenl des marchands [mbitués à tout payer avec l'argent, et ne connaissant rien autre a échanger, (iela est excellent et bien choisi ponr AliiiensI Mais voici bien d'autres affaires. Cet officier est une femme, qui raconte sans façon qu'ayant fait jadii^ un enfant avec un homme c|u'elle a épousé depuis, elle s'en est allée courir la prétentnine, abnndonnant son (ils, qui s'est fait laquais, et qu'elle vient de retrouver dans la personne de Richard, Mais ce pauvre garçon est malheureux parce qu'il aime Sara. Le milord, se trouvant fort à [propos le frère de celte femme déguisée et Tami du père de Sara, s'inté* resse comme de raison ^i son neveu ; c'est pourquoi l'auteur fait rassembler nos personnages dans ce mt^me lieu. On inslruit et apaise le frère; on appelle Sara et on lui propose le neveu de mlJard pour mari; elle n'en veut que quelques Einées après; mais, voyant que c'est Bichard, elle consent sulfiio. Le père fîiil tout bonnement des excuses a son gendre futur d'avoir voulu le bâ tonner. L'oncle fait une dot à Hicliard, tout s'arrange, et chncuii sVn va conlent. Les îipectateurs eu font-ils de môtne? diras-tu. Je ne sais, car chacun a son goût; mais Thaïes, après avoir vu ce morceau, disait comme Alceste :
J'en pourrais, par malheur, laire d'aussi mtSchanls; Mais je me garderais de les montrer aux gens.
Et puis, allez dire qu'aux bords du lac Copaïs on n'a pas d'esprit! Si fait, ma foi, car en acceptant que ce soit une traduction, c'est faire choix de ce quiconvient le mieux au pa\s pour lequel on travaille» (Via s'appelle fouiller courageusement dans la poussière pour y déterrer de quoi alimenter le goût de ses concitoyens; et, par une application naturelle et fort modeste, l'habile comnn» pourrait dire comme le b'gislateur albénien : ^Je ne donne pas les meilleurs ouvrages possibles, mais ceux (pii sont bons pour les Aniiénois. ^ Vivat! El moi je dirai avec Auguste, prêt a finir la comédie de la vie: rt Battez des mains, et applaudissez tous avec joie! ^^
Au bout de ces contes, j'irai demain déjeuner avec toi; je prendrai du café, j*en fais usage depuis deux jours pour restaurer mon pauvre estomac, qui fait des façons pour digérer* Ma petite |)rr[ïare non pas une comédie, mais quelques dents. Thaïes salue et remereie les amies. Je les embrasse de tout mon cœur.
lilTTKS DR V41»4HtL RiJlLtJID.
[1 ROLAND, À PARIS ^^l]
Jeudi matin [8 août 1783, — d* Amiens].
Je reçois, mon bon ami, par le soin de M. d'Antic'^', des nouvelles de ton arrivée ('), et, quoique mon intention ait été d'abord de lui témoigner seulement combien j'y étais sensible, j'ai cru cependant pouvoir par la même voie te faire passer la présente qui m'arrive de Yillerranche où tu dois écrire. Elle était accompagnée d'une missive pour Despréaux, de l'avocat Dessertines W, qui disserte de la chronologie grecque en ex-jésuite. (Ne va pas dire cela au chanoine de ma part, car il est question du Déluge et de Moïse, etc., choses et gens avec lesquels je ne veux pas me brouiller aux yeux de bien d'autres. )
Je t'attendrai pour expédier cette lettre où l'on demande des conseils à l'historien dieppois, ou je te la ferai passer, comme tu voudras; je ne comptais pas t'écrire aujourd'hui, mais j'attendais la tienne pour y répoiidre. J'ai passé hier tout mon temps à raisonner une demoiselle (^)
<*î Ms.6a38.foi.aii3-294.— Cette date est dëtenninëe par celle de la lettre du chanoine Dominique que nous donnons cidessous en note, datée de Villefranche, rr dernier de juillet 9). Or les lettres mettaient au moins trois jours pour aller de Villefranche à Paris, et un jour pour aller de Paris à Amiens. Madame Roland a donc dû recevoir cette lettre du chanoine après le dimanche & août, et, comme elle date du jeudi, cela tombe au 8.
^*^ Louis Bosc, le jeune ami des Roland, s'appelait Bosc d'Antic, et, dans Tusage de Tëpoque , d'Antic. A partir de la Révolution , il ne porta plus que le nom de Bosc, sous
lequd nous le désignerons toujours dans nos notes , pour éviter toute confusion.
C'est la première fois qu'il apparaît dans cette correspondance, où il va tenir une si grande place. — Voir sur lui Appendice K.
^•^ On voit que Roland venait d'arriver à Paris. La lettre suivante nous montrera qu'il y demeura environ quinze jours.
^^) Jacques- André Châtelain Dessertines, avocat du Roi à la sén^haussée de Villefranclie. — Voir Appendice M.
^•^ Sophie Cannet, qui se décida, à l'automne de 178a, à épouser Pierre Dragon de Gomiecourt, seigneur d'Étouvy, près d'Amiens, capitaine aux grenadiers de
pour lui prouver (ju'il était plus glorieux et plus agréable trêtre digne H épouse et rnère de famille respectable, nic^me en ayant à parcourir datis ce genre nue carrière laborieuse, que de rester Elle ennuyée, et, par ma foi, je crois que nous m viendrons à houU
Lliistoire du secrétaire est une petite comédie dont je te régalerai la première foisf'L
Liuiosiû^^j ne vient pas^ j'endève; mais je t'aime comme tu saisf^l
Franee, beaucoup plus âg^ qu'elli?, cl qui k \mf»ti veuve en 1788 avec deux enfânln. (Voir Aug. Brf^uil, Introduction aux Lettres aua: demaUeilu Cmmct, i84i ; — inventiiire \ de la Somme, B. 168 et ayS.) ^** Voir la lettre suivanlc.
<** Nom inconnu. Voir lettre du ti \ aoiil
<*> O billet est écrit sur la quatrième
ae ielù'e du chaunino Dominique»
»à Madame liubiud, ivh aûectueufle,
et dont voici quelques passages , intéressant
' k Beaujolais :
VtUefranrhe , t-e d' juiilel 178a.
ff . . . renvoie h mon freine une lettre de M. tïe^sertines, notre avocat du lioi, pour le ?' Cnusin-Despréaiix sur sou Uistoire de la Grkr; il nieUn* Tiidresse et l'enverra k Diep[)e. Comme meiiibriî, il convient qii'ii prenne part à toutes les relations académiques.
«■Je ne puis rien vous tlire de ce |wys, parce que rien n'y est ngréable. Des banqueroutes inmien^es culbutent les princi-
pales inaiHons de celte ville et les forcent à veiidi^e pour un million d*immeubles, sans que le tpittrt de leurs crt^anciei^s puisse être satiftlait.
Tlifis premières récoltes ont toutes manqTii5; les secondes, sans espérance. Les chaleurs excessives ilepuis deux mois consécutils dessèchent et la sève des arbres et la moelle de nos os; la grille nous a fait des ravages incroyaldes et les maladies inséparables des circousLancés coniuîi'ncenl à rt^guer vitth'mmcnt. M(m frère [Laui^nt Roland] a la (ièvi*e de|>ui8 tnns semaines. Je la crois cependant sur la lin [il mourut le i4 septeiidjrc suivant], et il est temps, car le squelette ne pourrait tUre plus sec. Ma mère est la mieux pojlante i en vérité, sa santé cause de la jalousie ouït jeum^ et fait envie aux vieillards*
ffM""' Galois me chai'ge de vous dire bien des choses. . « ^
M*' Gaiois, dont il sera encore parle dans une lettre du lû mnrs 178^, <*tait une paj*eute des Holand, habitant Vitlefranche.