DU MÊME A LA MÊME
A Saint-Denis, le 25 mars 1649.
C'est à ce coup que je vous traite en ennemie. Madame,
t C’éiail le temps des guerres de la Fronde. Bussy servait dans l’armee du prince de Cond<^, qui assiégeait Paris, a Hugues de Rabulin, grand-prieur de l’ordre de Malle.
UË MADAME DE SEV10i\E. U
en vous écrivant par mon trompette. La vérité est que c’est au maréchal de La Mothe que je l’envoie, pour le prier de me renvoyer les chevaux de carrosse du grand-prieur de France notre oncle, que ses domestiques ont pris, comme on me les amenait. Je ne vous prie pas de vous y employer, car c’est votre affaire aussi bien que la mienne : mais nous jugerons, par le succès de votre entremise, quelle considération on a pour vous dans votre parti ; c’est-à-dire , que nous aurons bonne opinion de vos généraux , s’ils font le cas qu’ils doivent de vos recommandations.
J’arrive présentement de notre expédition de Brie-Comte- Robert, las comme un chien. Il y a huit jours que je ne me suis déshabillé ; nous sommes vos maîtres , mais il faut avouer que ce n’est pas sans peine. La guerre de Paris commence fort à m’ennuyer. Si vous ne mourez bientôt de faim, nous mourrons bientôt de fatigue ; rendez-vous, ou nous allons nous rendre. Pour moi, avec tous mes autres maux, j’ai encore une' extrême impatience de vous voir. Si M. le cardinal (Mazarin) avait à Paris une cousine faite comme vous, je me trompe fort, ou la paix se ferait à quel- ' que prix que ce fût; tant y a que je la ferais, moi, si j’étais à sa place, car, sur ma foi, je vous aime fort.