‹ Lettres de madame Sévigne, avec les notes de tous le commentateursChapitre 12 sur 132 · DU MÊME X L.\ MÊME · texte numérisé non relu

DU MÊME X L.\ MÊME

X Saint-Denis, le 20 mars <649.

Tant pis pour ceux qui vous ont refusé mes chevaux, ma belle cousine ; je ne sais pas si cela leur fera grand profit , mais je sais bien que cela ne leur fait pas grand honneur. Pour moi, je suis tout consolé de cette perte, par les marques d’amitié que j’ai reçues de vous en cette rencontre. Poui’ M. de La Mothe, maréchal delà Ligue, si jamais il avait besoin de moi, il trouverait un chevalier peu courtois.

. Mais, parlons un peu de la paix ; qu’en croit-on à Pari.s? L’on en a ici fort méchante opinion : cela est étrange que

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les deux païUs la souhaitent, et qu’on n’en puisse venir à bout.

Vous m’appelez insolent de vous avoir mandé ([ue nous avions pris Brie. Est-ce que l’on dit à Paris que cela n’est . pas vrai? Si nous en avions levé le, siège, nous aurions été bien inquiets; car pour vos généraux, ils ont eu toute la patience imaginable : nous aurions tort de nous en plaindre.

Voulez-vous que je vous parle franchement , ma belle cousine? comme il n’y a point de péril pour nous à courre avec vos gens, il n’y a point aussi d’honneur à gagner; ils ne disputent pas assez la partie ; nous n’y avons point de plaisir ; (pi’ils se rendent, ou qu’ils se battent bien. 11 n’y a, je ciTtis, jamais eu (pie dette guerre où la fortune n’ait point eu de part. Quand nous pouvons tant faire que de vous tiuiiver, c’est un coup sûr là nous (pie de vous battre, et le nombre ni l’avantage du lieu ne peuvent pas seulement faire balancer la victoire. *

Ah ! (pie vous m’allez haïr, ma belle cousine ! toutes les fleurettes du monde ne pourront pas vous apaiser.

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