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tiTssaillir. Il y a une bonne heure que je me promène toute seule dans le. jardin : toutes nos soeurs soiiit à vêpres, embarrassées d'une méchante musique; et moi, j’ai eu l’esprit de m'en dispenser. Ma chère enfant, je n’en puis plus; votre souvenir me tue en raille occasions : j’ai pensé mourir dans ce jardin, où je vous ai vue si souvent > : je ne veux point vous dire en quel état je suis; vous avez une vertu sévère, qui n’entre point dans la faiblesse humaine ; il y a des jours, des heures, des moments où je ne suis pas la maltresse ; je suis faible, et ne me pique point de ne l’être pas : tant y a, je n’en puis plus, et pour m’achever, voilà un homme que j’avais envoyé chez le chevalier de (irignan, qui me dit qu’il est extraordinairement mal : cette pitoyable nouvelle n’a pas séché mes yeux. Je crois qu’il dispose en votre faveur de ce qu’il a : gardez-le, quoique ce soit peu, pour une marque de sa tendresse, et ne le donnez point, comme votre cœur le. voudrait : il n’y a pas un de vos beaux-frères qui, à proportion, ne soit plus riche que vous. Je ne puis vous dire le déplaisir que j’ai dans la vue de cette perte. Hélas I un petit aspic, comme M. de Rohan, revient de la mort; et cet aimable garçon, bien né, bien fait, de bon naturel , d’un bon cœur, dont la perte ne fait de bien à personne, nous va périr entre les mains ! Si j’étais libre, je ne l’aurais pas abandonné; je ne crains point son mal ; mais je ne fais pas sur cela ma volonté. Vous recevrez par cet oi'dinaire des lettres écrites plus lard, qui vous parleront plus précisément de ce malheur ; pour moi, je me contente de le sentir.
Hier au soir, madame Dufresnoi soupa chez nous ; c’est une nymphe, c’est une divinité; mai» madame Scarron, madame de La Fayette et moi, nous voulûmes la comparer à madame de Grignan , et nous la trouvâmes cent piques au-dessous, non pas pour l’air ni pour le teint ;
' Mailiinir do Grignan a»ail rlê olcvoc daiu co couvont
0£ MAUAME DE SEVIG.NE.
mais ses yeux sont étranges, son nez n’est pas comparable au vôtre, sa boùche n’est point fine, la vôtre est parfaite ; et elle est tellement recueillie dans sa beauté, que je trouv e qu'elle ne dit précisément que les paroles qui lui siéent bien ; il est impossible de se la représenter parlant communément et d’affection sur quelque chose. Pour votre esprit , ces dames ne mirent aucun degré au-dessus du vôtre , et votre conduite , votre sagesse , votre raison , tout fut célébré : je n’ai jamais vu une personne si bien louée; je n’eus pas le courage de faire les honneurs de vous, ni de parler contre ma conscience.
On dit que le chancelier est mort : je ne sais si on donnera les sceaux avant que cette poste parte. La comtesse (de Fiesque) est très affligée de la mort de sa fille; elle est à Sainte-Marie de Saint-Denis. Mon enfant, on ne peut jamais assez se conserver, et grosse, et en couche, ni assez éviter d’étre dans ces deux états; je ne parle pour personne. Adieu, ma très chère ; cette lettre sera courte : je ne puis rien écrire dans l’état où je suis; vous n’avez pas besoin de ma tristesse : mais si quelquefois vous recevez des lettres infinies, ne vous en prenez qu’à vous , et aux flatteries que vous me dites sur le plaisir que vous donne leur longueur ; vous n’oseriez plus vous en plaindre. Je vous embrasse raille fois, et m’en retourne à mon jardin , et puis à un bout de salut , et puis chez des malades qui sont aussi chagrins que moi.
Voilà Madeleine-Agnès qui entre, et qui^vous salue en INotre-Seigneur.
2it. — A LA MÊME.
.A Paris, iiiercreili 5 février 1672.
J’eus hier une heure de conversation avec M. de Pomponne : il faudrait plus de papier qu’il n’y en a dans mon cabinet pour vous dii’c la joie (|ue nous eûmes de nous
LETTBES .
revoir, et comme nous passions à la hâte sur mille chapitres que nous n’avions pas le temps de traiter à fond. Enfin je ne l’ai point trouvé changé; ii est toujours parfait ; il croit que je vaux plus que je ne vaux effectivement : son père lui a fait comprendre qu’il ne pouvait l’obiiger plus sensiblement qu’en m’obligeant en toutes choses ; mille autres raisons, à ce qu’il dit, lui donnent ce même désir, et surtout il se trouve que j’ai le gouvernement de Provence sur les bras ; c’est un prétexte admirable pour avoir bien des affaires ensemble : voilà le seul chapitre qui ne fut point étranglé. Je lui parlai à loisir de l’évêque ; il sait écouter aussi bien que répondre, et crut aisément le plan que je lui fis des manières du prélat; il tie me parut pas qu’il approuvât qu’un homme de sa profession voulût faire le gouverneur : il me semble que je n’oubliai rien de ce qu’il fallait dire : il me donne toujours de l’esprit; le sien est tellement aisé, qu’on prend, sans y penser, une confiance qui fait qu’on parle heureusement de tout ce qu’on pense : je connais mille gens qui font le contraire. Enfin , ma fille, sans vouloir m’attirer de nouvelles douceurs, dont vous êtes prodigue pour moi, je sortis avec une joie incroyable, dans la pensée que cette liaison avec lui vous serait très utile ; nous sommes demeurés d’accord de nous écrire ; il aime mon style naturel et dérangé, quoique le sien soit comme celui de l'éloquence même. Je vous mandai l’autre jour de tristes nouvelles du pauvre chevalier, on venait de me les doqner de même; j’appris le soir qu’il n’était pas si mal , et enfin il est encore en vie, quoiqu’il ait été au-delà de l’extrême-onction , et qu’il soitencore très mal : sa petite-vérole sort et sèche en mèn)(* temps; il me semble que c'est comme celle de madame de Saint-Simon. Ripert vous en écrira plus sûrement que moi; j’en sais pourUmt tous les jours des nouvelles, et j’en suis dans une très véritable inquiétude ; je l’aime encore plus que je ne pensais. Cette nuit, madame la prin-
cosse de Coati ' est tombée eu apoplexie ; elle n’est pas encore morte, mais elle n’a aucune connaissance; elle est sans pouls et sans parole; on la martyrise pour la faire revenir : il y a cent personnes dans sa chambre, trois cents dans sa maison : on pleure, on crie; voilà tout ce que j’en sais Jusqu’à présent. Pour M. le chancelier [P. Séguier), il est mort très assurément, n\ais mort en p;rand homme : son bel esprit, sa prodigieuse mémoire, sa naturelle élo- ([uence , sa haute piété , se sont rassemblés aux derniers Jours de sa vie : la comparaison du flambeau qui redouble sa lumière en finissant , est Juste pour lui. Le Mascaron ^ l'assistait, et se trouvait confondu par. ses réponses et par ses citations; il paraphrasait le Miserere, et faisait pleurer tout le monde; il citait la Sainte-Ecriture et les Pères mieux que les évéques dont il était environné ; enfin sa mort est une des plus belles et des plus extraordinaires choses du monde. Ce qui l’est encore plus, c’est qu’il n’a point laissé de grands biens; il était aussi riche en entrant à la cour, qu’il l'était en mourant. Il est vrai qu’il a établi sa famille; mais si on prenait chez lui, ce n’était pas lui. Eniin il ne laisse que soixante-dix mille livres de rente ; est-ce du bien pour un homme cpii a été quarante ans chancelier , et qui était riche naturellement? La «mort découvre bien des choses, et ce n’est point de sa famille que Je tiens tout ceci. Ou les voit : nous avons fait aujourd’hui nos stations, madame de Coulanges et moi.-.Madame de Verneuil^ est si mal qu’elle n’a pu voir le monde. On ne sait encore qui aura les sceaux.
Je vous conjure de mander au coadjuteur qu’il songe
> .Aline-Marie Martinuzzi, princesse de Conti, morte le 4 Térrier 1672.
* Jules Mascaron, prédicateur célèbre et d'une grande sévérité. Accusé devant le roi par les courtisan^, qui s’offensaient de cette sévérité, Louis XIV prit noblement sa défense, et dit ces paroles remarquables : // a fait ton devoir, e'etl d nout à faire le nôtre.
* Madame de Verneuil était Tille de M. Séguier.
LETTHES
à faire réponse sur l'afTairc do,nt lui écrit M. d’Agen * , j'en suis tourmentée : cela est mal d’être paresseux avec un évêque de réputation. Je remets tous les jours à écrire à ce coadjuteur ; son irrégularité me débauche ; je le condamne’, et je l’imite. J’embrasse M. de Grignan : est-il encore question des grives? Il y avait l’autre jour une dame ^ qui confondit ce qu’on dit d’une grive , et au lieu de dire, file est saoule comme une grive , disait que la première présidente était sourde comme une grive ; cela fit rire. Adieu , ma chère fille; je vous aime, ce ihe semble, bien plus que moi-méme. Votre fille est aimable ; je m’en amuse de bonne foi ; elle embellit tous les jours ; ce petit ménage me donne la vie. •
A Haris, vendredi 5 ft^vrier I67S. Il y a aajourd'liui mille ans que je suis née s.
Je suis ravie, ma bonne, que vous aimiez mes lettres; ' je ne crois pourtant pas qu’elles soient aussi agréables que vous me le dites. Je vous envoie quatre rames de papier, vous savez à quelle condition. J’espère en recevoir la plus grande partie entre ci et Pâques ; après cela j’aspirerai à d’autres plaisirs. On m’a assuré ce matin que le chevalier se portait-mieux : j’espère en sa jeunesse; je prie Dieu de tout mon cœur qu'il nous le redonne. Madame la princesse de Conti mourut quelques heures après que j’eus fermé mon paquet ; c’est-à-dire , hier à quatre heures du matin , sans aucune connaissance, ni avoir jamais dit une seule parole de bon sens • elle appelait quelquefois Cécile , une
1 Claude Joli, évêque d’Agen. Il avait été euré de Sainl-INicolas-<les- Chainps à Paris, i Madame de l.ouvois.
» Madame de Sévigné avait quarante-six an.s.
femme-de-chambre , et disait : Mon Dieu ! On croyait que son esprit allait revenir, mais elle n’en disait pas davantage. Elle expira en faisait un p-and cri , et au milieu d’une convulsion qui lui fit imprimer ses doigts dans le liras d’une femme qui la tenait. La désolation de sa chambre ne se peut représenter : M. le duc, MM. les princes de (vonti, madame de Longueville, madame de Gamache*, pleuraient de tout leur cœur. Madame de Gesvres avait pris le parti des évanouissements ; madame de Brissac de crier les hauts cris , et de se jeter par. la place : il fallut les chasser, parcequ’on ne savait plus 'ce qu’on faisait : ces deux personnages n’ont pas réussi ; qui prouve trop ne prouve rien , dit je ne sais qui. Enfin la douleur est uni- • verselle. Le roi a paru touché , et a fait son panégj'rique , en disant qu’elle était plus considérable par sa vertu que par la grandeur de sa fortune. Elle laisse par son testament l’éducation de ses enfants à madame de Longueville : je disais qu’il n’y avait que le diable qui gagnât à cette mort, et qu’il allait reprendre ces deux petits pribces ; mais , afin qu’en nul lieu on ne s’en réjouisse, les voilà retombés en bonnes mains. M. le prince est tuteur; il y a vingt mille écus aux pauvres , autant à ses domestiques; elle veut être enterrée à sa paroisse tout simplement , comme la moindre femme. Je ne sais si ce détail est à propos ; tant y a , mu bonne, le voilà; vous voulez et vous souffrez que mes lettres soient longues , et voilà le hasard que vous courez. Je vis hier sur son lit cette, sainte princesse ; elle était défigurée par le martyre qu’on lui avait fait à la bouche : on lui avait rompu deux dents , et brûlé la tète ; c’est-à-dire, que si les pauvres patients ne mouraient point de l’apoplexie , ils seraient à plaindre de l’état où on les met. Il y a de belles réflexions à faire sur cette mort, cruelle pour tout autre, mais très heureuse pour elle, qui ne l’a point
' .Maiie-.AiitoiiR'lif il** Lonu'iiii', reiiiiiif ilii iiiuniiii» île (îamaehes.
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sentie, et qui était toujours préparée'. Brancas en est pénétré.
J’oubliai avant-hier de vous mander que J’avais rencontré Canaples ^ à Notre-Dame , et qu’après mille amitiés pour M. de Grignan , il me dit que le maréchal de Villeroi l’avait assuré que les lettres de M. de Grignan étaient admirées dans le conseil , qu’on les lisait avec plaisir, et que’ le roi avait dit qu’il n’en avait jamais vu de mieux écrites : je lui promis de vous le mander. Cette dame que je ne vous nommai point dans ma dernière lettre, c’était madame de Louvois. A propos, M. de Louvois est entré et assis au conseil depuis quatre jours , en qualité de ministre. Le roi scellera demain avec six conseillers d’état et quatre maîtres des requêtes ; on ne sait combien cela durera : voilà une belle charge dont Sa Majesté s’acquittera très bien. 11 me vient des pensées folles sur le chancelier ; mais où puis-je les avoir prises, dans le chagrin où je suis depuis .deux ou trois jours? Cette veille, ce jour, ce lendemain , ce temps de votre départ de l’année passée , tout cela m’a tellement touché le cœur et l’esprit , que j'en avais sans cesse les larmes aux yeux malgré moi , car rien n’est moins utile que les douleurs d’une chose sur laquelle on n’a plus aucun pouvoir : on se tue , on se dévore hors de propos , aussi bien qu’à faire des souhaits" et des châteaux en Espagne : vous êtes trop sage pour les aimer; et moi je les aime. Adieu , ma tille, je vous heüse avec la dernière tendresse. 11 nie semble que la vie ne m’est pas plus nécessaire ni plus chère que votre amitié. J’embrasse le politique Grignan. M. de La Rochefoucauld vous mande qu’il a une souris blanche qui est aussi belle que vous ; c’est la plus jolie bête du monde ; elle est dans une
t La princesse de Conti Tut inhumée à Saint-André-des-Arcs. L’inscription de son tombeau devait faire bénir sa mémoire. La voici : « Elle vendit « toutes ses pierreries pour nourrir, durant la famine de 1662, les pauvres « de Berry, de Champagne et de Picardie. »
* Alphonse de Créqui, comte de Canaples, frère du maréchal de Créqiii.
cage. Voilà madame de Coulanges qui veut que je vous dise , et ceci , et cela , et de l’amitié , mais je ne suis pas ii ses gages.
A Paris, mercredi 10 février 1672.
Enfin, ma chère fille, après bien des alarmes et de fausses espérances , nous avons perdu le pauvre chevalier * ; je vous avoue que j’ai été sensiblement touchée de cette mort : elle arriva samedi G février, à quatre heures du matin. Si une fin véritablement chVétienne doit consoler des chrétiens, nous devons nous consoler par l’assurance de son salut ; jamais plus de résignation , jamais plus d’amour de Dieu, jamais plus de grâces visibles : il n’eùt point voulu accepter la vie, si on eût pu la lui redonner , tant il avait de confiance en la miséricorde de Dieu ; et il se sentait dans des dispositions qu’il n’eût pas voulu remettre au hasard. Il a été rudement saigné ; il voulut résister à la dernière, qui fut la onzième; mais les médecins l’emportèrent : il leur dit qu’il s’abandonnait donc , et qu’ils le voulaient tuer par les formes. La mort de M. de -Çuise, qu’on a cru qui devait être saigné, a bien fait mourir du monde après lui. Il y a eu , dès Saint-Germain, de la faute de ce pauvre garçon ; il était incommodé d’un dévoiement au commencement de son service; il prit du lait sans préparation pour le faire cesser : le dévoiement cessa en effet; mais, au bout de huit jours, la fièvre le prit en venant à Paris , et la petite-vérole , avec une telle corruption, qu’on ne pouvait durer dans sa chambre, cl il rendait des vers en quantité, qui venaient de son lait corrompu ; enfin la Provîdeqce avait marqué la fin de sa vie dans les plus belles années de son âge. Voilà des détails
< Charles-Philippe Adhéinar de Montcil, chevalier de Malle.
LETTHES
bien tristes ; mais , quand on est touché , on ne cherche point, ce me semble, à s’épargner par l’ignorance de ce qui s’est passé. Je ne devrais point mêler d’autres discours dans cette lettre; mais, quand vous aurez essuyé vos premières larmes, vous la pourrez reprendre , et vous y verrez ce que nous avons résolu touchant vos affaires.
Nous ne reçûmes qu’hier la lettre que vous aviez écrite par le courrier; c'est justement celle dont j’étais en peine; il n’y en a point eu de perdue. J’ai été une heure avec M. d’Usez , mon oncle l’ahhé y était aussi ; nous avons fort discouru de toutes vos affaires ; je suis plus satisfaite que jamais de la prudence et du bon esprit*de ce prélat : vous n’avez qu’à lui envoyer vos pensées toutes crues; en deux heures de réflexion , il voit tout ce qu’il faut faire, ou ne pas faire. Je lui ai montré une lettre que j’ai reçue de M. de Pomponne ; il faut que je ménage une conversation entre M. d’Usez et lui : le nom de M. d’Usez est plein de mauvais air présentement ‘ , cela nous désespère ; il n’ose aller à Saint-Germain ; il ne peut parler à M. Colbert, cela nous coupe la gorge. Il ne croit pas qu’on doive aller brusquement dans l’affaire dont.vous lui parlez, pareeque, si elle appartient aux députés, il ne faut pas mettre la raison de leur côté, et le tort du nôtre; car, en habiles' gens, ils ne prendraient que ce petit endroit qu’ils feraient valoir, et cacheraient tout le resté. Quand les gens coupables tiennent une pauvre petite vérité pour eux, ils la retournent de cent façons , et sont insupportables. C’est sur quoi la prudence de M. d’Usez vous est parfaitement nécessaire.
Le marcpiis de Villeroi 2 a eu ordre de se retirer de la cour pour- sa mauvaise conduite ; voilà tout ce qu’a dit Sa
1 A cause de la pelUe-vérole de son neveu.
^ Ct^lait le marquis de Villeroi qui avait donné lieu à la rupture de la comtesse de Soissuns avec M. de Vardes, son rival. C’est encore lui qui le lit exiler en allcrant scs discours sur madame Henriette, duclicsse d’Orli-ans.
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Majesté. On tire plusieurs conséquences , on s’en prend à des.gens; enfin, ce qui est sûr, c’est que Vardes en sera sensiblement aise; c’est à Lyon. qu’il est exilé; cette demeure n’est pas odieuse pour lui , pourvu qu’elle ne soit pas longue. Je suis persuadée que vous êtes si touchée du pauvre chevalier, que je garde pour une autre fois mille bagatelles qui ne seraient pas de saison aujourd’hui.
Votre maxime est divine ; M. de La Rochefoucauld en est jaloux, il ne comprend pas qu’il ne l’ait pas faite ; l’arrangément des paroles en est heureux; mais pourquoi n’entendez-vous pas la sienne? Hélas ! le moyen de vivre sans folie, c’est-à-dire sans fantaisie? et un homme n’est-il pas fou, qui croit être sage, en ne s’amusant et ne se divertissant de rien? Vous reviendrez à notre opinion
L’abbé a rendu tous les devoirs au pauvre chevalier ; j’en aurais fait autant, mais on m’aurait lapidée: je me contentai d’aller pleurer, dès le jour même, avec M. d’Usez, qui était dans une autre maison. Adhémar n’est point encore arrivé.
Je suis en peine de vous savoir à Aix, à cause de la petite-vérole qui y était. Mon Dieu , qu’on est à plaindre quand on aime beaucoup I Je vois d’ici la tranquillité où vous étiez à Lambesc toute seule, pendant que votre cœur se reposait avec le pain et l’eau de la paresse : vous revoilà dans les ragoûts. Votre comparaison n’est nullement ridicule : elle ferait rire, si on riait ; mais on ne rit pas tou^ jours. Hélas! ma chère 'enfant, il y a plus d’un an que je ne vous ai vue ; je sens vivement cette absence ; et vous, ma fille, n’y pensez-vous point quelquefois un petit moment?
I Voici la maxime : (toi vil iant folie n'ett pas si sage qu’il le croit.