‹ Lettres de madame Sévigne, avec les notes de tous le commentateursChapitre 2 sur 132 · SUB MADAME UE SEVI('■^K · texte numérisé non relu

SUB MADAME UE SEVI('■^K

uppreiinenl que sun évasion du diûluau de NaïUes fui favorisée principalemenl par le chevalier de Sévigné. Elle nppelle, dans une de ses Lettres, la siliialion pénible ^>ù la niirciil ces événeinetils, dans le cours de l'année 1653 ei des suivantes.

Cependant un autre ami lui causa des peines plus sensibles.

Les hommes les plus vains sont aussi les plus e.vigeanls. Le refus de je ne sais quel service, qui, sans doute, ne dépendait point d'elle, la brouilla tout .à coup avec son'cuusin Bu.ssy. Souvent il lui avait reproché de se trop amusi r nprh la retlu. Pourquoi , disait-il , vaut donner lanl de peine* pour une réputation qu'un médisant peut txitit enlever? Il fut lui-inéme ce dangereux médisant. Bans son ressenlinicnt, il composa contre elle un article des Amours des Gaules, où il ne ruspecle la vraisemblance que. pour mieux nuire, où, à defaut de vices, il lui suppose des ridicules , où il fait de sou caractère iine sorte dé paradoxe moral , prétendant qu'une conduite intarle ail caché un cœur assez impur, et qu'elle ail eu au moins le goût de loùles les sottises qu'elle n’a point faites. Quoique le faux de ce portrait perce dans ses contradictions, nul doute que, grâce a la malignité ordinaire du public , il n'ait fait abirs plus d'impression qu'aujourd'hui, èl qu'il n'ait cruellement blessé un cœur né poiir aimer tout de la vertu , même la gloire qui la suit. La plaie saigna longtemps; les cœurs sensibles gardent l'impression du mal coinine celle du bien ; c'est le sens de ce mot. ingénieux ; la vengeance est la reconnaissance des injures. Madame de Sévigné ne së vengea point'; elle pardonna même à Bussy,- mais ^ec peine , cl non i»ent-élre sans restriction.

De fréquentes réminiscences dé l'injure s'échappent dans ce qu'elle lui écrit. Il y munqu'e au moins celle fleur de conliance • tpi'on respire en quelque sorte dans tout ce qu'elle dit à ses autres amis.

A celte allliclion succéda le revers qui précipita l'infortuné Fouquel du faite de la puissance dans une prison perpétuelle.

Ici elle dépeint ellc-inéme ses anxiétés dans ses Lettres, où elle se place à côté de La Fontaine par sqn cœur comme par son style. Que pourrait-on y ajouter? Cependant scs Lettres ne parlent que du procès , el le procès ne commença que trois ans itprt's que Fonqnet eut été arrêté. La foudre qui le frappa avait

Page 1