A MÉNAGE
Aux Rochers, le octobre 1661.
Je me doutais bien que vous auriez prévenu ma prière, et qu’il ne fallait rien dire à un ami aussi généreux que vous. Je suis au désespoir de ce qu’au lieu de vous écrire comme je fis, je ne vous envoyai point tout d’un train une lettre de remerciement : vous la méritiez dès-lors, et je suis honteuse d’avoir tant perdu de temps avant de vous la faire. Je m’en acquitte présentement, et vous supplie de croire que j’ai toute la reconnaissance que je dois de vos bontés. Je vous demande un compliment à mademoiselle de Scudéri sur le même sujet. Je crois que vous n’aurez pas manqué de faire ceux dont je vous chargeais dans ma dernière. A'^ous m’avez fait un extrême plaisir de me mander le détail de la grande nouvelle dont il est présentement question 1 ; il n’en fallait pas une moindre pour faire oublier celles que l’on découvre tous les jours dans les cassettes de monsieur le surintendant. Je voudrais de tout mon cœur que cela le fit oublier tout-à-fait luimême.
Je suis avec sincérité votre très humble servante.
Rabutin-Chantal.