AU COMTE DE BUSSY
A Paris, cc 6 juin 1668.
Je vous ai écrit la dernière, poui*quoi ne m’avez-vous point fait de réponse? Je l’attendais, et j’ai compris à la fin que le proverbe italien disait vrai :
Chi offcnde, non perdona.
Cependant je revieni^ la première, parceque je suis de bon naturel, et que cela même fait que je vous aime et que J’ai toujours eu une pente et une inclination pour vous qui m’ont mise à deux doigts d’être ridicule à l’égard de ceux qui savaient mieux que moi comme j’étais avec vous.
Madame d’Epoisses m’a dit qu’il vous était tombé une
I C’étail le nom'Vomancsque de madame Diiplessis-GiK'nl'gaud, ei les magies d .Vmalthl^e ne .sont aiiire ehosc tjue le® pe'Utcg plwes desociéu? i|u'oii jouait au cliâlcau de Fresne,
LETTRES
corniche sur la tête, qui vous avait extrêmement blessé. Si vous vous portiez bien, et que l'on osât dire ‘de méchantes plaisanteries, je .vous dirais que ce ne sont pas des diminutifs qui font du mal à la tête de la plupart des maris ; ils se trouveraient bien heureux de n’ètre offensés que’ par des corniches. Mais je ne veux point dire de sottises; je veux savoir aupai'avant comment vous vous portez, et vous assurer que, par la même raison qui me rendait faible quand vous aviez été saigné, j'ai senti de la douleur de celle que vous avez eue à la tête. Je ne pense pas qu'on puisse porter plus loin la force du sang.
Ma fille a pensé être mariée. Cela s'est rompu, je ne sais pourquoi. Elle vous baise les mains, et moi à toute votre famille. Ne faites-vous rien du côté de la cour? Mandez-moi où vous en êtes.