A MADAME LA COMTESSE DE MESNARD
J'ai bien regretté hier que vous ayez quitté Paris si tôt ; d'abord vous auriez été rassurée sur la santé du P. Lacordaire qui était déjà beaucoup mieux ; et puis quelques mois prononcés par lui à l'occasion du tiersordre de Saint Dominique vous eussent laissé l'impression intime et si pieusement pénétrante que sa parole a toujours : il semble que pour toucher, il n'ail jamais qu'à se recueillir. Son absence ne sera pas longue ; d'après toute probabilité, il reviendra pour la Toussaint, et c'est juste le temps nécessaire aux nombreux progrès que vous aurez, j'espère, à lui faire constater. Hélas ! n'est-il pas trop triste de trouver, surtout dans le passé, la longue Ii>-le des grâces négligées? El ce qui est désolant à la lin d'une époque quelconque, lût-elle de peu d'heures, quel nom lui donner quand ce regret est sans retour, parce que la vie est à la fin? Empêchons cela de tous nos efforts. Le I'. Lacordaire esl parti hier à onze heures et demie ; il sera demain à Bâle el dimanche ou lundi chez lui.
Vous ne m'oublierez pas, j'espère, quand vous aurez un moment.
1 Caroline de Beliissen, fille du marquis de Bellisseh
a I O A LA COMTESSE