‹ Lettres de mademoiselle de Lespinasse (volume 2)Chapitre 13 sur 175 · LETTRE IX · texte numérisé non relu

LETTRE IX

Il vous souvient que j'avais mandé à M. de Mora que je ne serais chez moi qu'à six heures , et c'était pour être libre jusque-là. Je savais que le duc de AVilfort devait me dire adieu, il m'avait demandé si je serais seule chez moi à quatre heures ; j'avais répondu que oui , et que je l'attendrais. Mon cœur saigne encore , en pensant au mal que je fis à M. de Mora, en donnant ce rendez-vous, auquel je n'attachais ni intérêt, ni plaisir. Le duc de AVilfort vint en effet à l'heure dite. La conversation fut , comme à l'ordinaire , moitié gaie et moitié amère ; il me croyait vaine et injuste ; il me le disait tantôt en reproches, tantôt en regrets. Je le trouvais toujours aimable , mais jamais

sensible ; et avec ce fond de connaissance que nous avions l'un de l'autre , nous ne pouvions plus prétendre à nous tromper, ni à nous séduire. Il me parla beaucoup de lui, de ses intérêts, de ses affaires, de ses projets ; il revenait quelquefois au regret qu'il avait de me quitter , et bientôt il était ramené à parler de ce qui lui était encore plus intime, de lui, de la contrariété que je mettais dans son âme et dans sa vie depuis bien des années.

« Oui ! je devrais vous haïr ! me disait-il. Par une bi- » zarrerie que je ne puis m'expliquer, vous m'attachez plus » en me résistant par vanité que les femmes qui me cèdent » par tendresse ; vous me dégoûtez du plaisir en ne me don- » nant que du chagrin et du mécontentement.

» — Songez que vous partez s lui dis-je , ne nous quit- » tons pas en querelle : vous voyez que j'ai partagé le dé- » sir que vous aviez de me voir ; je suis seule , et ma porte » est fermée jusqu'à six heures.

» — Cela serait bien honnête, si vous ne vous en faisiez » pas un mérite.

» — Vous me forcez à vous faire remarquer ce que je » ne fais que pour mou plaisir. »

Nous continuâmes à causer ainsi avec le ton animé et de l'intérêt. Il était six heures , et j'entendis dans l'antichambre 31. de Mora qui disait à mon laquais :

» Elle est donc rentrée ? y a-t-il longtemps ?

» — Elle n'est pas sortie , » dit mon laquais en ouvrant la porte.

Je me sentis un peu d'embarras , parce que je me souvins que j'avais mandé à M. de Mora que je ne serais chez moi qu'à six heures; il en eut beaucoup plus que moi en me trouvant seule avec le duc de Wilfort; il voulut parler, sa voix était sensiblement altérée; je n'osai pas lui

adresser la parole. Le duc de TVilfort , qui ne voyait point le trouble qu'il causait, se mit à parler de la nouvelle du jour. Cela nous donna le temps de nous remettre à l'un et à l'autre, et, peu de moments après, mon frère et d'autres personnes arrivèrent : je vis que M. de Mora était soulagé, parce qu'il n'était plus dans la nécessité de parler ; il se mit dans la place la plus éloignée de celle où j'étais , et il me parut accablé de tristesse. La crainte que le duc de Wilfort ne s'en aperçût me fit faire effort pour l'entretenir ; et, par une suite naturelle de l'embarras où j'étais et de la lâche que je m'imposais, je passais la mesure, je pris le ton de la gaîté : c'était celui qui convenait le mieux au duc de Wilfort. Il fut très-aimable , très-occupé de me plaire et de me faire valoir. Je m'aperçus bientôt que la tristesse de M. de Mora en augmentait ; cela me troubla et ne m'arrêta pas ; voilà qui est inconcevable et qui ne peut s'expliquer que par la mobilité de mon âme , qui, dans le même instant , est susceptible des mouvements les plus contraires. ML de Mora avait l'air si souffrant , que j'entendis que mon frère lui demandait s'il n'était pas malade.

c Non, monsieur, je ne suis pas malade , mais je viens » d'être pris d'une douleur bien vive et bien profonde là, » en portant la main sur la poitrine.

Je me levai avec précipitation, sans répondre au duc de Wilfort, qui me parlait.

« Vous souffrez , M. de Mora ? lui dis-je avec trou- » ble et intérêt.

» — Oui, madame , et profondément , » dit-il en levant les yeux sur moi et avec un regard qui pénétra au fond de mon âme, et dont le souvenir me fait encore tressaillir ; il ajouta avec le ton le plus doux \

« — Ne vous occupez pas de moi ; ce que je souffre n'est » pas la douleur d'uu moment ; permettez-moi de rester » auprès de vous, et pardonnez-moi d'y être aussi maussade » et aussi triste. »

Je ne sais ce que je répondis, mais il dut être content de l'impression que je venais de recevoir. Tout ce qui était dans la chambre lui conseilla quelque chose, du thé, de l'éther. Le duc de AVilfort lui disait de prendre de l'eau de fleur d'oranger, et l'y détermina : il citait que souvent il en avait été soulagé.

« Est-ce que vous souffrez quelquefois, monsieur? lui » dit M. de Mora. Je croyais que la douleur n'approchait » pas de vous. »

Cela plut beaucoup au duc de AVilfort , qui est sans doute heureux , et dont la prétention est aussi de le paraître. Son bonheur, sa bonne humeur, sa gaîté devinrent le sujet de la conversation. M. de Mora n'y prit guère part , il ne dit qu'un mot, mais avec force et chaleur :

« Je suis si convaincu, dit-il, du bonheur de monsieur » le duc de Wilfort, que, tout-à-1'heure, je préférerais d'en » jouir à avoir la couronne de France ou à posséder toute » la gloire de Voltaire ou de César. »

Le duc de AVilfort fut charmé , il fit des plaisanteries très- aimables sur l'opinion que M. de Mora avait de sa sérénité et de son bonheur. Sur les sept heures , le duc de AVilfort dit qu'il partait à trois heures du matin, qu'il était forcé de s'en aller, qu'il allait faire une longue absence ; il se leva, et, en me disant adieu, il prit ma main qu'il baisa. Ce mouvement me déplut, il s'en aperçut , et me dit en riant, en regardant tout ce qui était là :

« Demandez, si, en prenant congé, c'est une trop grande » liberté.

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» — si, par hasard, je la jugeais telle, croyez-vous que » je dusse consulter ? »

Il me répondit de la manière la plus agréable, et il partit; ce fut pour moi un grand soulagement.

On parla de son esprit, de ses talents, et , comme je vis que M. de Mora ne prendrait pas de part à cette conversation , je fus me mettre dans un fauteuil à côté de lui :

« Vous m'inquiétez, lui dis-je.

» — Ah ! vous êtes trop bonne ! en me plaignant , vous » me faites mal; je suis condamné à souffrir. En grâce, ne » me faites point de questions. Dans ce moment, je suis si » souffrant, qu'il m'échapperait des choses dont je me re- » pen tirais.

» — Je n'ose insister, mais je suis bien affligée que vous » pensiez que le repentir suivrait votre confiance.

» — Je dois attendre la vôtre; mais je suis si malheu- » reux, que je n'ose la désirer.

» — Mais , dites-moi , que dois-je faire ? vous me faites » partager votre trouble; je ne sais que vous répondre ; au » moins, je ne suis pas comme vous, je ne crains pas vos » questions. Faites - moi toutes celles qu'il vous plaira , » et je vous assure que je répondrai avec la plus exacte vé- » rite.

» — Vous êtes trop aimable et trop généreuse , mais » vous oubliez que je viens de vous dire que je n'ai . pas la liberté d'user de la permission que vous me don- > nez... »

Et, tout de suite , en s'interrompant, il me fit remarquer que les gens qui nous entouraient pouvaient être étonnés de ce que je les avais laissés là pour m'occuper de lui.

« Vous êtes malade, il n'y a donc rien que de bien na- » turel à ce que je fais.

» — Oui, trop naturel, en effet! ■

El il se leva avec un mouvement vif. Je fus reprendre ma place, il se remit à la sienne, et il ne parla plus de la soirée. Il est vrai qu'il vint tant de monde, et surtout tant de femmes, qu'il n'y avait pas d'affectation à se taire ; mais moi, qui l'observais, je le vis abîmé dans la mélancolie. A neuf heures, il partir, et il prit le moment où je reconduisais des femmes pour que je ne pusse pas lui parler. J'étais engagée à souper , je fis dire que j'étais incommodée et que je ne sortirais pas. Mon frère s'en inquiéta , je le rassurai ; et, pour qu'il me laissât seule , je dis que j'allais me coucher. En effet, je me mis dans mon lit pour éloigner tout le monde de moi , et pour pouvoir me livrer sans distractions aux différentes pensées qui agitaient mon âme.

Ha ! qu'elle était triste ! qu'elle était agitée î qu'elle était flottante entre le désir de s'ouvrir toute entière à M, de Mora et le danger de perdre son estime ! En lui montrant mon sentiment, c'était encourager le sien , c'était lui dire que j'étais faible, c'était le prévenir enfin ; et plus j'attachais d'intérêt à être aimée de lui , et plus je craignais de m'y méprendre. Il y avait des moments où je me croyais aimée avec passion,, et, l'instant d'après , je trouvais mille bonnes raisons d'en douter. Pourquoi ce silence obstiné? pourquoi n'a-t-il voulu entrer dans aucun détail sur la passion qui a pensé le faire mourir? Peut-être existe-t-elle toujours. Les jours où je le vois plus accablé , c'est parce qu'il en a eu des nouvelles qui réveillent sa douleur ; et, après des heures de réflexion, je finissais par me persuader qu'il fallait que son sentiment pour moi fut bien faible,

puisqu'il conservait le pouvoir de le taire et qu'il semblait vouloir me le cacher. Je me rappelais tout ce que je lui avais entendu dire sur la facilité de madame de Valcourt, sur l'opinion où il était que l'amour , le véritable amour n'existait point à Paris; je rapprochais tout cela, et j'en concluais que je ne devais pas permettre un mot qui pût encourager M. de Mora. D'ailleurs , madame de Francheville me disait sans cesse que madame de Valcourt lui faisait des plaintes de la froideur de M. de Mora, et qu'elle y joignait une sorte de mépris pour son caractère ; elle lui disait que M. de Mora n'était pas digne d'être aimé par une femme de bonne compagnie qui mettait de la tendresse, de la vérité et de l'abandon dans sa conduite. Les jeunes gens de province, ajoutait-elle,, n'ont que deux manières de traiter avec les femmes : c'est une crapule , un libertinage infâme, ou bien ce sont des passions de roman; il faut une résistance éternelle, de la rigueur, de la métaphysique ; en un mot, ils feraient le bonheur d'un amour pareil à celui du chevalier de la Manche. Un jour qu'elle faisait ces observations sur le caractère des jeunes gens de province, et, en particulier, sur celui de M. de Mora, madame de Francheville lui dit :

« Mais , madame , puisque vous connaissez si bien » M. de Mora et la manière de l'attacher , pourquoi vous » y êtes- vous livrée si vite ? Car, pour une imagination ro- » manesque comme vous l'en accusez , il me semble que » vous avez été bientôt à la conclusion du roman ; du » moins, si je me souviens des détails que vous avez bien » voulu me confier, il fallait échauffer sa tête, le faire vivre » de crainte, et ne lui laisser qu entrevoir son bonheur, en » un mot, ne lui donner que de l'espérance.

» — Oui, madame, je vous entends, il fallait abandon-

9 ner mon caractère de vérité, il fallait être fausse et co- » quette : cela était au-dessus de mon pouvoir. J'ai été » tendre , vraie et passionnée; cela devait l'attacher, le » fixer à jamais : cela a eu un effet contraire; j'en suisdé- » solée quelquefois, mais plus souvent révoltée, et j'ai na- » turellement tant de fierté, que je l'accablerai plutôt de » mépris, que de lui laisser voir des regrets. Ha! Ton peut » à mon âge et avec ma figure, se consoler de cette perte; » il va bientôt retourner dans sa province , et je serai déli- » vrée des reproches que sa présence me forcerait à me » faire. Ses parents le croient encore amoureux de la » femme qu'il a déshonorée publiquement, et c'est préci- » sèment ce que cette aventure a de romanesque, qui l'at- » tache à cette femme qui n'est d'ailleurs, ni jolie, ni ai- » niable. »

Voilà ce que me contait madame de Francheville toutes les fois que je la voyais en particulier, et elle ajoutait des réflexions pleines de vérité et de sagesse sur la conduite des femmes.

« Elles se méprennent! souvent , disait-elle , non-seule- » ment aux sentiments qu'elles croient inspirer, mais à ceux » qu'elles croient éprouver. Elles sont pressées de jouir » d'un hommage qui flatte leur vanité, leur tète s'échauffe, » et elles disent qu'elles aiment avant que leur cœur ait » été dans le secret ; et de là ces belles liaisons que vous » voyez et la sotte conduite de madame de Valcourt, et » tous les impertinents propos que je ne me fais point de » scrupule de vous rendre, parce que l'on ne doit point le » secret à une femme qui sait si bien garder le sien. Elle » a dix confidents ou confidentes, madame de Sainville, » madame de Painfort, les Boursins, le duc de Mereuil, » que vous dirai-je? toute sa société. Je ne me suis point

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» permis d'en parler à M. de Mora , qui d'abord y a mis » de la prudence et de la réserve: mais je lui ai bien prouvé » qu'il se donnait un soin inutile, et que madame de Val- » court n'exigeait pas tant de mystère , puisqu'elle avait y mis toute sa société dans sa confidence; je lui ai conté » ce que m'en avait dit madame de Sain ville, alors il s'est » mis à son aise, et il m'a parlé avec une grande franchise ; » et je vous réponds qu'il ne l'aime pas, mais qu'au con- » traire il en est excédé, et qu'il fait l'impossible pour s'en » débarrasser. J'ai voulu savoir si c'était seulement le dé- » goût qu'elle lui inspirait, ou si cela tenait à quelque at- » tachement. Il n'a pas voulu se laisser pénétrer, il a dé- » tourné avec adresse et politesse ma curiosité, il a pris le » ton sérieux, et je n'ai plus osé lui faire de questions. Je a croirais, m'ajoutait madame de Francheville, qu'en effet, » il a une passion dans l'âme : je le trouve triste, dégoûté » de la dissipation, et ce qu'il y a de plus extraordinaire, » c'est qu'il était ou qu'il paraissait beaucoup plus gai les » premiers mois de son séjour ici ; cependant, il était plus » près de l'instant oùil avait eu un violent chagrin ; je n'en » sais aucun détail, et il n'a jamais voulu en faire à ma- » dame de Valcourt qui en avait la plus vive avidité. Elle » m'a dit seulement ce que ses parents lui ont appris, qu'il » était passionnément amoureux d'une femme de la pro- » vince qu'il habitait, qu'il avait été surpris avec elle par » son mari, que cette aventure avait fait le plus grand » scandale, que cette femme avait été emmenée dans une » terre éloignée par son mari, que M. de Mora avait été » envoyé à son régiment où il avait été près d'un an, et » que ses parents avaient craint pour sa vie. Hé bien, con- » tinuail madame de Francheville, madame de Valcourt » savait tout cela , et cette folle va se jeter à la tête de

» M. de Mora ; elle le persécute par son humeur et sa » hauteur, elle voudrait en faire un esclave , comme elle a » fait des fous et des sots qu'elle a eus, et elle est furieuse » de n'y avoir pas réussi. Convenez que voilà une femme » bien intéressante. Aussi , je vous réponds que M. de » .Mora en fait le cas qu'elle mérite; et d'après cet essai], « je ne crois pas qu'il soit tenté d'avoir des passades avec » nos belles dames qui ne demandent pas mieux : car j'en » connais plus d'une qui le trouvent d'une jolie figure, et » qui auraient une grande joie de l'enlever à madame de » Valcourt, et je ne le lui ai pas caché. Non-seulement il » n'en a pas été vain, mais il m'a montré du dégoût de » cette seule pensée, ce qui me confirme dans l'idée que » son âme est encore profondément affligée ou occupée* » Ce qu'il y a de sûr, c'est que cette femme qui en est » l'objet doit être bien malheureuse, si elle en est séparée » pour toujours, comme on le dit. Je n'ai jamais connu » d'homme qui fût fait pour mieux excuser la faiblesse » d'une femme ; je le crois, d'ailleurs, capable d'une » grande constance , si son amour était accompagné d'es- » Unie. »

Je me rappelais toutes ces conversations , je les joignais à mes propres observations, et je me fortifiais contre le penchant qui m'aurait entraînée à ouvrir mon âme à M. de Mora; et pour l'intérêt même de mon sentiment, je me condamnais à le lui cacher. Je ne m'imposais pas de mettre de la fausseté dans ma conduite, mais une extrême réserve, et pour cela il ne fallait pas lui parler du duc de Wilfort, parce que c'était lui fournir l'occasion de me parier de lui , et d'ailleurs j'étais blessée de l'idée qu'il pouvait croire que je voulais me justifier de ses soupçons. Enfin, cette conversation aurait amené des explications qui

LRSPINASSE, !»

ne m'auraient pas laissée maîtresse de mon secret : voilà quelles pensées et quelles incertitudes effrayantes remplissaient mes nuits et mes jours. »

Cette lettre est d'un sentiment vrai ; elle exprime à merveille les angoisses de cette âme en peine qui rêvait les félicités infinies., mais sans se faire illusion sur le néant de ces fragiles amours. L'exaltation et la fièvre de cette personne malheureuse ne sauraient se comprendre , si nous n'avions pas sous les yeux, mille révélations qui nous tiennent au courant de ces inexplicables passions, sitôt commencées, sitôt finies, ou pour mieux dire,, sitôt remplacées par d'autres passions qui arrivent, chose étrange! avec les années.

Mademoiselle de Lespinasse a donc pris le soin de faire elle-même, l'apologie de ce qu'elle appelle, à bon droit : ses exagérations y ses enthousiasmes , ses disparates , ses contradictions, ses folies, ses etc., etc., etc., etc.; quand on lit de sang-froid, ces pages écrites dans le délire des sens ou de la raison , on comprend très-bien que cette plume féconde et brillante ait semé, ça et là, tant de beaux mémoires sur le fond un peu terne d'une existence toute d'apparat, de représentation, pleine d'amitiés factices et d'amours trompeuses. Nous placerons ici cette singulière ■pièce justificative qui ne tient à rien, et qui méritait cependant d'occuper une grande place dans ce roman autobiographique la plus curieuse étude de physiologie qu'ait jamais rencontrée la plume d'un philosophe et d'un penseur.

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