‹ Lettres de mademoiselle de Lespinasse (volume 2)Chapitre 4 sur 175 · AO · texte numérisé non relu

AO

supplantée dans l'esprit de tous les beaux-eppritsde cette époque , le nom de madame Du Defîant n'est pas encore prononcé. Pas une allusion à notre bienfaitrice ! En revanche nous avons une tante, madame la duchesse de *** ; et si nous allons dans le monde, c'est pour faire enrager cette tante , jalouse de nos succès ! Dans cette haute fortune, où la tête lui tourne comme si elle était montée sur les tours de quelque château en Espagne , mademoiselle de Lespinasse n'a pas même un souvenir pour cet ami dévoué de sa vie orageuse, pour cet homme, d'où lui est venue toute sa considération personnelle , d'Alembert. Est-ce possible ? Rien n'est plus vrai ! les plus intrépides vanités de la grandeur ont monté à la tête de mademoiselle de Lespinasse. Être aimée d'un philosophe! fi donc! Elle ne voit que des duchesses et des princes , elle est aimée du beau duc de Wilfort, et rien n'empêche que ce duc de Wilfort ne soit le duc de Fitz-James , le duc de Richelieu , ou le beau Lauzun. — Vous le voyez , dans son livre, du moins , cette femme commence par être ingrate envers tous ceux qui l'ont aimée , mais patience , ils seront bien vengés par l'homme qu'elle aimera pour tout de bon.

Laissons-lui reprendre son roman :

Page 1