XLVI NOTICE
Lecture, que pendant les huit ou dix autres années que je me suiscru tant aimé de vous, vous n'avez pas encore trompé ma tendresse? Hélas! n'ai -je pas lieu de le croire, lorsque j'ai vu que dans cette multitude immense de lettres que vous m'avez chargé de brûler, vous n'en aviez pas gardé une des miennes? Par quel malheur vous étoient-elles devenues indifférentes, malgré les expressions de sensibilité, d'abandon et de dévouement dont elles étaient remplies? Pourquoi dans ce testament, dont vous m'avez fait le malheureux exécuteur, avez-vous laissé à un autre ce qui devait m'être le plus cher, ces manuscrits qui vous auroient sans cesse rappelée à moi, et où il y avoit
tant de choses écrites de ma main et de la vôtre
Hélas! pourquoi n'avez-vous pu ni aimer ni être aimée en paix ! Vbusm'avez dit tant de fois, et vous m'avez encore avoué en soupirant, quelques mois avant de mourir, que de tous les scntimens que vous avez inspirés, le mien pour vous et le vôtre pour moi étoient les seuls qui ne vous eussent pas rendue malheureuse? Pourquoi ce sentiment ne vous a-t-il pas suîfi? pourquoi a-t-il fallu que l'amour, fait pour adoucir aux autres les maux de la vie, fût le tourment et le désespoir de la vôtre?... Vcui ma chère et cruelle amie, vous qui m'avez dédaigné après m'avoir aimé, qui avez cessé de sentir le prix de mon cœur qui peut-être, hélas! ne l'avez senti jamais, où pouviezvous trouver une ame plus faite pour la vôtre? Tout, jusqu'à notre sort commun, sembloit fait pour nous réunir. Tous deux sans parens, sans famille, ayant éprouvé, dès le moment de notre naissance, l'abandon, lé malheur et l'injustice; la nature sembîoit nous avoir mis au monde pour nous chercher, pour nous servir d'appui mutuel, comme deux roseaux qui, battus par la tempête! se soutiennent en s'attachant l'un à l'autre. Pourquoi avez-vo us cherché d'autres appuis? Bientôt, pour votre malheur, ces appuis vous ont manqué; vous avez expiré en vous croyant seule au monde, lorsque vous n'aviez qu'à étendre la main pour retrouver ce qui étoit si près de vous, et que vous ne vouliez pas voir
Deux mois plus tard, d'Alembert reprit la plume, mais avec moins de vivacité et d'abandon; on sent trop cette fois l'apprêt, les citations littéraires sont trop abondantes, et le ton ne s'éloigne pas assez de celui des éloges des académiciens morts, auxquels le philosophe était voué en sa qualité de secrétaire perpétuel. Dans une de ces cérémonies mimes dont il était le héros obligé, il mêla à l'éloge académique de Louis de Saci, l'ami de la marquise de Lambert, de délicates allusions à ses propres chagrins. Sa domination académique commença à décliner; sa société était plus mêlée ; au bout de quelques mois, Mae Necker écrivait àGrimm : « Mademoiselle de Lespinasse n'est
plus: le mouvement qu'elle donnait à sa société > s'est
a de la peine à en devenir 1 organe, il réunit ses arn îrois jours de la semaine; mais on sein a ne dans ces assemblées, que les femmes remplissent les inter
"remière publication qui ramena sur M£dj L trois -orceau^Wos^e^^^
î^fiJW JSTSSS «5ff£ bienfai- ^sqt^eSnaissaitguére que ^Plaintesde d'Àlembert. C'est d'une autre source que devaien t venir
les indiscrétions sérieuses. Guibert était mort au deoui de la Révolution. Sa veuve entrepr, de pub <>« P«u sèment tous ses P^P'ers: travaux nPta.rescarnens
JT fom^rVbu^r?^ a atmges q^ 3£o, PouPr lapref ièrefmsen .80^ -uor e u b.^ rement intitule hlogedElpa. M de«™D
idée plus étonnante de sa. paît cul le *= Pu et
lettres adressées a son mari par M"«de Lespina , de vendre cette collection au libraire Colhn, qui lava» ènfreprisunebibliothèquede lettres de kmmes. Un Ml
paLeitresde Mademoiselle de Lespinasse écrites depuis l'année ,1773 iu«qu'à Tannée ,776 ; suivies de deux hapnres 'd'ans' le lenre du Voyage «g*»»"** <g£ le même auteur. Paris, chez Leopold Colhn, rue Oit le-Cœur n° 4.. 1800. 2 vol. m-00.
leLaTrefU écrite par Barère annonç^q^,^ lettres avaient été trouvées dans les papiersde M ae Lesrinasse, après sa mort. C'est peu probable , ce de vaïtTtre de's copies que Guibert en avait prises^ sans compter les feuilles qu^ en avait arrachées. M11' de