SIS
tué comine tout le monde. Le général m'a dit qu'il me dorerait ma croix.
Je vais, avec mon bataillon, faire la grande expédition d'Oran. Le premier bataillon reste pour opérer sur Médéah, Tazza et Boghar, et le colonel Cavaignac et moi, nous suivons le gouverneur à Oran. Comme on dévore la vie, frère ! Je suis à Blidah depuis midi ; demain, à cinq heures du matin, nous partons pour Alger, où nous serons le soir, et il y a douze lieues. Le 12, nous montons sur le bateau à vapeur, le 14 nous sommes à Oran et le 17 nous partons pour Mascara. Nous resterons jusqu'à la fin de juin à nous battre dans la province d'Oran et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l'émir. Partout il trouvera l'armée française, la flamme à la main.
J'espère que je serai un Africain complet après cette campagne, car de l'est à l'ouest, je connaîtrai toutes nos possessions en Afrique. . . .
AU MÊME
Alger, le id mai 1841.
Encore quelques lignes, frère, et tu ne regretteras pas les décimes qu'elles te coûteront, car ton cœur battra encore de plaisir en apprenant que, pour la
quatrième fois, je suis cité à l'ordre de l'armée. Comme à l'ordinaire, mes amis, mes connaissances de France, auront de mes nouvelles par le bulletin de Parmée d'Afrique, et mes enfants liront encore le nom de leur père, cité au milieu de ceux des bons diables qui se battent pour le pays.
Ce soir, à quatre heures, je serai embiarqué sur le Sphinx avec la moitié de mon bataillon. L* autre moitié sera avec le colonel sur le Cerbère, Tout cela vogue de conserve avec un troisième vapeur qui porte le Prince,, et après-demain nous débarquons à Mostaganem, d'où nous marchons d'abord sur Mascara jeter des vivres en masse. Tlemcen et Tékédempt auront leur tour. L'armée d'Alger marchera sur Boghar et nous verrons après la figure de l'éniir.
Le 10 juillet toute l'année sera rentrée dans son cantonnement pour se reposer et nous recommencerons en octobrç.