‹ Lettres de Mgr De Ségur de 1854 à 1881Chapitre 33 sur 35 · AUX FRERES AUGUSTIN, GREGOIRE ET DESIRE, NOUVEAUX PROFÈS · texte numérisé non relu

AUX FRERES AUGUSTIN, GREGOIRE ET DESIRE, NOUVEAUX PROFÈS

Paris, le Ier novembre 1876.

Mes bons frères et chers fils en Notre-Seigneur.

'avais voulu vous écrire pour le jour h même de vos noces éternelles, pou1' ivous dire toute mon affection, et aussi tout mon regret d'être retenu si loin de vous. Pendant que vous faisiez votre retraite, j'en prêchais une ; et les grands travaux de la Toussaint étant tenus immédiatement après, force m'a été de remettre ma correspondance jusqu'à présent. Mes bons enfants, vous voici donc pour toujours la chose de Jésus-Christ, son exclusive pro priété, la chair de sa chair et les os de ses os.

Comme la Toussaint sera belle pour vous un jour, lorsque, ayant accompli votre voyage, vous entrerez dans le repos de la béatitude de Dieu! A vos trois vœux, j'en joins un quatrième, celui de vous voir marcher toujours bravement dans la voie qui mène au paradis, et qui est pavée des belles pierres précieuses de l'humilité, de la douceur, de la patience, de l'innocence, du recueillement, et de toutes les autres saintes vertus et qualités qui embaument les vrais monastères.

Mes frères et mes chers enfants, quand me sera-t-il donné de me retrouver sous votre toit ? Demandez à notre commun Maître, Seigneur et Sauveur, d'avoir compassion de mes misères, de m'accorder la grâce de travailler beaucoup, et de beaucoup souffrir pour lui, et, bien que j'en sois cent fois indigne, de mourir pour lui et à cause de lui, au milieu des persécutions qui se préparent. Vivre pour Notre-Seigneur est déjà bien bon, travailler pour lui, c'est encore meilleur; souffrir pour lui meilleur encore ; mais mourir pour lui, c'est la perfection du genre.

Adieu. Mille tendres respects à votre excellent Père, dont il faut suivre les traces bénies. Mes meilleurs souvenirs aussi à tous les prêtres de la famille. Un bon baiser paternel sur le front pur

de chacun de vous, ainsi que des petits-frères et des scholastiques.

Soye% tous bien fidèles à la très sainte Eucharistie, à la bonne Vierge et au Pape. (Manu propria).

AU R. P. DOM GRÉA.

Janvier 1877.

Mon cher bon Père,

oici peut-être un petit chanoine qui se ^présente à vous, de loin et par avance, ^frappant à la porte du cher monastère» ou j'espère bien pouvoir aller nous retremper pendant ces vacances. Je vous le propose tout simplement, afin que vous puissiez l'accepter ou le refuser de même.

C'est un orphelin, que m'a envoyé et recommandé un de mes bons amis, l'abbé Dumax, sous-directeur de l'Archiconfrérie de N.-D. des Victoires. Il a quinze ans, est natif de Cessy au pays de Gex, à six lieues de Saint-Claude. Il a, paraît-il, une bonne petite physionomie, est fort et bien portant, et de mœurs innocentes. Ce que je lui ai dit des chanoines de Saint-Claude l'attire fort. Il n'a rien que le pauvre petit billet de deux cents francs que je lui mettrai annuellement sur

la tète. On me donne cent francs pour son voyage et ses frais d'équipememt blanc.

Voyez devant le bon Dieu et avec vos Pères si l'admission doit se faire, et, avec le Père économe, s'il y a de la place, et si la chose peut se faire.

Adieu. Veuillez ne pas oublier dans vos pénitences et dans vos prières votre vieil ami parisien.

P. S. Mon petit postulant s'appelle Louis- Jean-Marie. N'est-ce pas charmant ? Mon nom et celui du Pape mariés ensemble.

au r: p. dom créa.

Paris, le 22 mars 1877, Mon cher Père,

Vi-^/^otre heureux petit frère Louis- Jean- /7 Marie, se prépare à monter en chemin ÉSlMiisde fer, pour prendre la route du ciel de Saint-Claude, le lundi de Pâques. Il vous apportera un peu d'argent et un bon petit cœur. — A ce sujet, M. l'abbé Dumax, sous-directeur de l'Archiconfrérie de N.-D. des Victoires, me charge de vous demander si vous pourriez et voudriez accepter un bon petit enfant de treize ans, nommé Claude, dont voici la petite note, que j'ai vu deux ou trois fois, et qui m'a l'air bien innocent et bien décidé. L'abbé Dumax m'a ajouté qu'il se faisait

fort, sans en prendre l'engagement sur papier timbré, de trouver chaque année un ou deux billets de cent francs, à l'adresse de son petit protégé. — Voyez et décidez, mon excellent Père. Si le petit Claude avait le bonheur d'être accepté, il partirait avec l'autre ; et, au lieu d'un vous en auriez deux.

Veuillez, vous et vos chers frères et enfants, vous souvenir grandement de ma misère en ces grands jours de la grande miséricorde. Que Jésus crucifié vous bénisse tous, et vous donneles forces nécessaires pour les travaux de cette pénitence.

AU R. p. DOM GRÉA.

Saint jour de Pâques Ier avril 1877.

Mon cher bon Père,

oici nos deux petits agneaux de Pâques. Ils me semblent tous deux animés des meilleurs sentiments. Je leur paie leur voyage ; mais je n'ose confier à leur inexpérience les 400 francs que notre bon Méthol vous enverra demain par la poste: 200 fr. pour chacun d'eux. Le plus jeune Claude C", ne pourrait-il pas s'appeler frère Claude-Marie, et l'autre Louis - Marie?

En vous envoyant ces deux poissons d'avril,

je bénis de tout mon cœur, au nom de notre grand et bien-aimé cxBuo-, les chers pisciculi de saint Claude, gros et petits poissons. «. Nos enim pisciculi in aquis nascimur.» Prions bien les uns pour les autres, et aimons-nous de plus en plus, pour nous bien préparer au paradis.

A ' R. P. DOM CRÉA

Paris, le 14 janvier 1877.

Mon bon et cher Père,

^v aurais voulu vous envoyer des le prenier janvier cette petite aumône au nom ^©et pour l'amour du saint enfant Jésus. C'est aujourd'hui la fête de son saint nom ; il portera bonheur à mes modestes 300 francs.

Permettez-moi de recommander à vos meilleurs prières mon pauvre petit filleul, Pierre Méthol, fils aîné de mon excellent serviteur, qui doit subir, après-demain mardi, à deux heures, une grave opération à l'oeil gauche. Il a l'intention arrêtée de se consacrer à Dieu ; et il semble, que dans 1 intérêt même du bon Jésus, il serait utile que cette vue lui fût conservée. Il est du reste bien pieux, bien résigné, et me disait hier qu'il perdrait volontiers les yeux s'il pouvait seulement dire une seule fois la sainte Messe. Il a

— 4°2 — quatorze ans et demi, et ses études allaient très bien au petit séminaire de Saint-Vincent de Paul près Dax. Je le recommande à vos saints sacrifices et aux bonnes communions des petits et grands frères.

Quelles aimables lettres ils m'ont tous envoyées depuis quelque temps ! Je ne puis malheureusement trouver le loisir de leur répondre. Cette vie de Paris est un espèc; de tourbillon fiévreux; on est envahi de toutes parts, malgré toutes les précautions que l'on prend. Quelquefois c'est bien énervant, bien agaçant et mauvais pour l'âme.

Un de mes amis, fil est vrai qu'il est, pardessus le marché, vicaire général) disait il y a quelque temps : « Si quis dixerit hanc vitam non esse embetantissimam, anathema sit!»

Aurai-je enfin le bonheur de passer de nouveau quelques semaines avec vous au mois de septembre, et d'entendre encore chanter par les anges de Saint-Claude, les tranquilles, suaves et majestueuses prières de l'Eglise? Dieu le sait. Moi je le désire de tout mon cœur, et j'en forme la résolution. Ce qui me retient en grande partie, c'est ce malheureux argent: comme le bon Dieu, je voyage toujours à trois et ces trois ont beau ne faire qu'un, il faut payer pour trois ; et c'est cher.

J'ai à peine la place de vous dire, cher Père.et

à vous tous, mes Pères, frères et enfants bienairaés, combien je suis à vous en l'amour de

Notre-Seigneur.

A TOUTE LA COMMUNAUTE

Le Puy, le 8 août 1S77.

Mon bon Père.

Mes frères et mes très chers enfants,

'e suis comme ces pauvres nageurs, qui ^surpris par de grosses vagues, font de (vains efforts pour toucher au rivage ; au moment ou ils se croient sûrs de leur affaire, un nouveau flot survient qui les enlève, les rejette en pleine eau, et les oblige à recommencer de plus belle. Au moment où, après trois ans, j'allais enfin vous revoir et me reposer dans votre cher monastère, au milieu de vos blanches robes et de vos âmes plus blanches encore, je me vois obligé de filer d'un seul trait vers la Bretagne. Impossible dépenser à retraverser la Francepour aller vous donner, comme nous en étions convenus, les exercices de la retraite. Excusez-moi et plaignez-moi.

Je n'ai pas le temps, pour le moment, de vous en écrire davantage, absorbé que je suis, du matin au soir, par la direction du grand travail du

Congrès. Je prendrai cependant le temps de vous bénir, de vous embrasser tous du fond du cœur, et de vous recommander d'être de plus en plus fidèles à la grâce de la sainte communion et à celle de l'union intérieure avec Jésus-Christ, en quoi se résume toute la sainteté chrétienne et religieuse.

AU R. P. DOM GRÉA.

zs septembre 187-.

Cher bon Père,

wM/§ 01CI ^a petite lettre de bénédiction pour if^f) nos chers novices. Glosez-la-leur afin ^JS> de lui donner un peu de prix et de saveur; car «fides ex audit w». Quelle belle communauté vous entoure déjà ! J'en bénis Dieu de tout mon cœur. Mais quel malheur qu'on ne puisse la transporter un peu plus à l'écart, là où l'ombre des grands arbres abriterait ces oiseaux de paradis, et où lé silence et la verdure favoriseraient la paix et la joie du recueillement ! Je ne vois guère en ce moment par quelle voie je pourrais arriver à vous servir, en dehors de mes chers dix petits billets de cent francs, destinés à couvrir la tonsure de dix de vos petits ou grands frères, choisis entre les plus pauvres et les meilleurs. Cela peut se présenter inopinément ; et si

le bon Dieu nous fait cette grâce, je vous en avertirai aussitôt.

ÎS'hésitez pas, mon Père, à remettre à sa mère notre petit papillon de Paris. Votre première impression ne taisant que se confirmer, je vous demande instamment de trancher vite la question. « Ut quid enim terrain occupât? »

Ne m'oubliez jamais à l'autel, mon excellent Père et ami. Comptez toujours sur ma religieuse affection. Je recommande à toute la communauté l'ensemble et tous les détails de mon saint ministère, et principalement la retraite du petit séminaire de Sainte-Anne d'Auray, que je vais prêcher, s'il plaît au bon Dieu, du5 au 9 octobre.

Pax tecum.

AUX FRÈRES ALDEGRIN, CLAUDE ET LUPICiN A L OCCASION DE LEUR PROCHAINE PROFESSION.

Auray (Morbihan) le 24 septembre 1877.

Mes chers enfants et bons petits frères Aldegrin, Claude et Lupicin,

t *e m'empresse de répondre à vos lettres Nîsi pleines d'amour du bon Dieu et si Sjjbien marquées au coin de la sainte vocation. Moi aussi, je regrette de tout mon cœur de n'avoir pu réaliser mon désir, ou pour mieux

dire, ma résolution d'aller terminer au milieu de vous mes vacances. Quelle belle clôture eût été votre pieuse cérémonie de la Saint-Michel ! Le bon Dieu ne l'a pas permis : que son saint nom soit béni ! Rien n'arrive sans sa permission expresse ; rien, pas même la chute d'un seul cheveu de notre tête. Lui seul suffit; le reste, quel qu'il soit, n'est qu'accessoire.

Comme le bon P. Gréa doit être heureux de voir Notre-Seigneur multiplier ainsi sa petite famille de prière, de pénitence, de réparation, de ferveur et de véritable amour ! Fleurs de cette blanche couronne, tâchez tous, mes enfants, tous et chacun, de répandre de plus en plus, non-seulement dans votre petit monastère, mais en dehors et bien loin alentour, le céleste parfum de toutes les vertus de Celui qui habite et vit en vous, Jésus- Christ, Notre-Seigneur bien-aimé. A partir de votre consécration totale et éternelle, vivez tout en lui, afin qu'il puisse vivre tout entier en vous ! Que les recherches de l'amour-propre n'arrêtent .plus jamais les divines expansions de son humilité dans vos âmes ; que sa douceur ne soit plus jamais altérée par les filets de votre vinaigre ; que sa volonté et la vôtre ne fassent désormais plus qu'un dans la lutte contre les mauvaises passions, dont nous portons en nous-mêmes le

germe maudit, et qui servent au démon comme d'aiguillon pour nous piquer, nous arracher à la paix de Dieu, nous troubler dans son service, et endolorir notre voyage sur la terre.

O mes bons petits frères, profés de la Saint- Michel, soyez autant qu'il est donné de l'être a des hommes voyageurs, de bons petits archanges, afin de pouvoir devenir peu à peu des chérubins, comme vos frères aines et vos Pères, et enfin de bons vieux séraphins comme le P. Gréa.

En l'amour de ce bon Père, et par-dessus sa tête et ses ailes séraphiques, en l'amour de la très sainte Vierge et de Notre-Seigneur adorable et adoré Jésus-Christ,

Je vous bénis et vous embrasse tous sans oublier les petits anges qui vous suivent et les grands qui vous précédent (proprià manu).

AU R. P. DOM GRÉA.

Paris, le 21 mars 1S7S.

Mon cher et excellent Père,

'our le coup, j'espère que rien ne vienjS^'dra déranger nos petits projets, et que ^f/nous pourrons nous retrouver en juillet, dans le petit nid de colombes, dont j'ai gardé un si bon souvenir. Pourrions-nous organiser

cette visite ainsi qu'il suit : Je partirais de Paris le dimanche soir 14 juillet; j'arriverais au petit séminaire de Poligny, le lundi dans la matinée ; .je commencerais la retraite le lendemain soir, mardi 16, sous le patronage de N.-D. du Mont- Carmel ; je la terminerais le dimanche soir, 21, par la bénédiction apostolique solennelle, et dès le lundi, je filerais sur Saint-Claude. Nous terminerions mon petit séjour dans vos montagnes par la retraite annuelle. Cela vous irait-il, mon cher Père? Et cela arrangerait-il ces Messieurs du petit séminaire?

Le Saint-Père ayant daigné me charger de transmettre sa bénédiction à tous mes amis et aux œuvres et communautés que je porte dans mon cœur, je vous dois cette bonne bénédiction, et vous l'envoie par cette lettre avec grand amour, à vous d'abord, comme au Père et au chef de famille, mon cher Père ; puis à vos prêtres, à vos profès, puis enfin à vos chers petits frères, que j'aime déjà comme si je les connaissais tous. Donnez-la-leur au nom de Léon XIII, la première fois que vous les aurez tous assemblés à vos pieds.

Je remets au mois de juillet de vous raconter en détail mon pèlerinage de Rome. Prions bien Pie IX; déjà la fama miraculorum vient relever la

fama sanctitatis dont il brillait depuis tant d'années ; aidons-le dans le beau travail de sa béatification, et bon gré, mal gré, faisons-lui faire des miracles.

Adieu et mille tendres amitiés, pour suivre dignement les mille francs de l'autre jour.

Je compte sur la protection quotidienne des prières et des communions de mes petits merles blancs.

AU R. P. DOM GRÉA.

Mercredi, 10 juillet 187 Cher bon Père, j^otre cœur anticipe. C'est lundi 15 juil- ^§let, par l'express du soir, que nous de- §@g^t^)Yons partir de Paris, pour vous arriver à Poligny le lendemain matin. Le mercredi soir nous ouvrirons la retraite, et nous la terminerons dimanche soir par la bénédiction papale.

Le lundi ou le mardi suivant, nous partirons pour Saint-Claude.

Daigne le bon Dieu faire passer totalement votre goutte sur Garibaldi ou sur Bismarck ! Adieu, et mille tendres amitiés.

4io —

AUX FRÈRES PAUL I, LAURENT, SCHOLASTIQIE ET PAUL II, NOVICES, A L'OCCASION DE LEUR PROFESSION; ET A TOUTE LA COMMUNAUTÉ.

Château de Livet, par Aube (Orne), le 19 septembre 1878.

Mes bons amis, mes enfants, mes chers petits frères,

[u fond de la Normandie, je vous souhaite là tous quatre, et, par-dessus le marché, (au frère Vincent le traînard, une bonne et belle fête de consécration. Je viens de recevoir votre lettre de rappel, avec le petit mot du cher et très cher P. Gréa. Félicitez-le de ma part du beau petit cadeau qui commence la série des bénédicîions-La Chesnais (il saura ce que cela veut dire), et du gros cadeau que la Providence lui ménage au printemps, paraît-il. On ne lui donne rien pour vous, mes pauvres amis, par une raison très-simple, c'est que vous ne valez rien, ou si peu que rien, comme le proclamaient jadis prophétiquement les aigles romaines, dont on retrouve les vestiges surles vieux monuments: «S.P.Q.R.» Cette inscription mystérieuse vous concernait tous les quatre. Des archéologues insensés ont voulu faire croire que cela signifiait : Senatus Populus Que Romanus ; mais le vrai sens, le sens spirituel, est celui qui seul convient aux quatre fils Aymon de Saint-Claude : Si peu que rien.

On m'a dit, et j'en suis ravi, que nos deux lampes antiques de l'Oratoire font un superbe effet. Elles signifient: « Humilité, Obéissance », m'écrivait, il y a quelques jours le Père supérieur. L'obéissance cependant étant contenue dans l'humilité, je les baptiserais plutôt des deux noms qui résument Jésus-Christ tout entier, d'après son propre dire : « Humilité et Douceur. » La douceur est la joie et le lien des communautés dignes de ce nom ; c'est l'huile qui aide tous les ressorts à marcher sans peine, depuisle grand ressort principal qui est le Père supérieur, jusqu'à l'imperceptible petite roue, qui est mon vieil ami le petit frère Pierre. Donc mes amis et mes bons enfants, que ces deux belles lumières de l'humilité et de la douceur de Jésus-Eucharistique, illuminenttoute votre vie religieuse, et neviennent jamais àdéfaillir, pas plus que la lampe centrale du sanctuaire, qui signifie la foi, la foi brillante et ardente.

De grâce, ne m'oubliez jamais, ni dans ce pieux oratoire où j'ai eu le bonheur de prier souvent avec vous, ni au fond de cet autre sanctuaire, bien plus précieux encore, où vit dans l'Esprit- Saint, notre unique Jésus, le même en tous et en chacun, qui nous unit en lui par le lien d'un amour éternel.

Adieu. Je vous embrasse tous sans exception,

in osculo sancto, profès, novices, petits frères, et vous demande de ne pas vous lasser de prier pour moi et d'attirer sur ma misère la miséricorde de Jésus et de Marie.

\U R. P. DOM GRÉA.

. Séez, le 2j octobre 1878.

Mon cher Père,

'ai reçu votre bonne lettre au moment où j'allais partir de Paris pour venir prêcher iici la retraite des trois cents bons petits Normands du petit séminaire de Séez. Je suis en pleine retraite et en pleine confession pour deux jours encore, et je ne m'interromps, pour vous écrire ces quelques lignes, que dans la crainte de paraître oublier votre aimable et pieuse commission. Donc, si le cher nouveau petit frère de quinze ans a pu attendre jusqu'à présent, nous lui donnerons le beau nom de Frère Emmanuel, et par conséquent l'enfant-Jésus lui-même pour patron de sa vie religieuse.

Je le bénis paternellement avec vous comme le grand-père uni au père.

Adieu, et mille tendresses et bénédictions à tous vos enfants, depuis le plus vieux jusqu'au plus jeune, vous priant de prendre continuelle-

- 4«3 — ment sous la protection de vos communions et de vos prières

Votre pauvre vieil ami de la grande Babylone.

P. S. Le cher F. Paul a-t-il reçu la petite croix indulgenciée qu'il m'avait demandée et que j'ai jointe à la chasuble?

A TOUTE LA COMMUNAUTÉ

Paris, le 7 janvier 1879.

Epistola beati amici Parisiensis ad sanctos claudicantes.

?on cher Père supérieur, et vous tous les vieux Pères,les Pères-roquets, les grands [frères, les petits frères, les vieux saints, les petits saints, etc:

A tous et à chacun, la meilleure bénédiction de mon cœur, un bon baiser fraternel et paternel et mes vœux les plus complets de bonne et très bonne année.

Voici une année de grâce « specialissima » puisqu'elle commence par une bénédiction « specialissima » du vicaire de Jésus-Christ, roi de grâce. Je pense bien souvent à vous, et comme l'écrivait avant d'entrer dans vos rangs un petit frère, «mon cœur reste toujours tendu vers Saint. Claude ». Plus le monde devient pervers, révo-

lutionnaire, dépravé, ennemi de Dieu, plus il faut entrer et demeurer en Jésus-Christ, qui est le vrai ciel, le vrai centre de la paix et de la sainte joie. Ne vous fatiguez jamais, mes trèschers, de la bienheureuse monotonie de vos journées si pures, si heureuses et si véritablement bonnes. Réjouissez-vous profondément et gravement en Jésus-Christ, chantant ses louanges avec ferveur, priant au nom d'un monde qui ne prie plus, adorant et aimant Notre-Seigneur au nom de la multitude de ceux qui l'oublient et qui le blasphèment.

Daignez tous, tant que vous êtes, me prendre avec vous dans vos belles prières et de jour et de nuit ; car je suis tout à vous, par le cœur, et avec vous, à votre suite, tout en Jésus-Christ.

Je vous embrasse in osculo sancto, et vous bénis au nom de notre saint amour Jésus-Christ.

AU Ri P. DOM GRÉA.

Monastère de la Grande Trappe (Orne.) Le 18 avril 1879, Mon bon cher Père.

T^'ai reçu votre aimable petit alléluia, (mais qu'est-ce que cette misérable jgoutte vient faire au milieu des jubilations de la solennité pascale ? Et comment va-t-

elle choisir les pieds d'un pauvre homme qui a tant d'autres choses à faire, qui ne l'a point appelée, qui ne l'a point provoquée, et qui est resté deux ou trois jours de suite à vivre de l'air du temps et de l'Exultet jam angelica pour tout potage ? Je prie l'un de vos enfants, celui qui sera le plus charitable, de me donner bientôt de vos vraies nouvelles; et je fais appel au bon cœur de toute la communauté, depuis le plus vénérable des Pères profès jusqu'aux plus humbles des petits pères-roquets, pour s'unir à moi dimanche prochain « Quasimodo genili infantes », pour obtenir de la bonne "Vierge du monastère la guérison du bon P. Gréa. Unissons-nous tous d'intention, le rendez-vous sera dans le cœur Immaculé de la Mère de Dieu.

Et notre pauvre petit frère Louis-Marie ? Comment vont ses pauvres oreilles ? Cela me ferait tant de peine de le voir arrêté dans sa vie monastique et sacerdotale ! Dimanche matin, je le mettrai dans le même lieu de refuge que vous, mon cher Père, afin que la même miséricorde atteigne les pieds du père et la tête du fils. Qu'il ait bien soin de me tenir au courant des phases de cette épreuve, et qu'il soit bien doux et bien humble, bien uni à Jésus crucifié.

Comment va la poitrine de mon cher grand

frère Paul ? Et le menton imberbe du cher petit frère Pierre ? Le frère Claude-Marie rit-il toujours comme deux bossus, à lui tout seul ? Enfin tout ce cher petit peuple de grands et de petits enfants est-il bien humblement fidèle à la très sainte communion, qui est l'âme de chacune des journées de votre incomparable monastère ?

Je vous envoie ci-incluse une lettre qui me semble respirer un bon esprit. Si les renseignements étaient bons et très bons, pourrait-on utilement recevoir ce pauvre jeune homme au grand séminaire de Lons-le-Saulnier? Je donnerais bien volontiers pour lui une petite aumône.

Dès mon retour à Paris (je prêche ici le Jubilé aux Trappistes jusqu'à lundi), je vous ferai expédier par Dom Méthol les cinq cents francs du pauvre cher ami Clovis Cancalon. Figurez-vous que le fisc ou les hommes de loi prélèvent sur cette petite aumône quatre-vingt-cinq fr. de soidisant droits !

Dans ma première lettre, nous parlerons de l'époque et du jour de notre arrivée au cher Saint- Claude. Je m'en fais une grande joie.

Adieu, mon cher Père ; adieu, mes chers amis tout blancs, mes bons petits enfants, mes vieux novices, tout plus méchants les uns que les autres.

fiX^e-i^e veux jjfo^j IMmois sa 3^*J^ipuis aie

AU R. P. DOM GRÉA.

Paris, le 27 juin 187p.

Mon cher Père et mon vieil ami, >e veux vous écrire depuis plus d'un sans en trouver le loisir, et, je j£|§puis ajouter en toute vérité, sans en avoir le courage. Ce sera, en effet, pour vous, mon cher Père, et pour toute notre chère petite famille une déception que votre bonne affection vous rendra, je le crains, plus sensible que je ne le mérite. Vous savez peut-être déjà ce que je veux dire : l'état général de ma santé, quelque peu délabrée par les approches de la vieillesse et par des travaux qui augmentent au lieu de diminuer, me privera, cette année, du bonheur d'aller passer au milieu de vous les trois ou quatre semaines sur lesquelles je comptais, et sur lesquelles vous comptiez aussi un peu. Je dis bonheur ; car plaisir serait trop peu. Et puis, c'est si bon, si sanctifiant, si consolant de se trouver cœur à cœur, âme à âme, avec une bienheureuse troupe d'élus, au cœur pur, comme on n'en trouve guère plus dans le monde ! S'il plait à Dieu, je goûterai ce bonheur l'année prochaine. Pour cette année je vais me contenter d'aller me reposera plat dans le petit coin delà Bretagne, où je dois, toujours s'il plaît à Dieu, reposer un jour

plus longuement, auprès de ma mère, sur le territoire béni de sainte Anne. On m'assure qu'en me ménageant ainsi, je pourrai reprendre le travail de mon cher ministère après les vacances. J'ai à combattre des douleurs de reins qui annoncent de loin l'invasion d'une désagréable infirmité, trop graveleuse pour être nommée tout haut, et qui exige des précautions et des soins. Peut-être nos conventionnels modernes m'exempteront-ils de ce souci : à la garde de Dieu ! Mais il faut faire comme s'ils n'étaient pas là. Je me recommande à la protection de vos prières, plus encore au spirituel qu'au temporel.

Votre cher et vieil ami, Mgr de Conny, est-il déjà auprès de vous ? Si oui, je vous charge de l'embrasser bien cordialement de ma part, de lui souhaiter un bon voyage de Rome, et de lui dire que j'ai eU beau faire, je n'ai pu rien trouver de plausible à lui confier pour couvrir son expédition, sinon une petite affaire d'indulgences a rappeler à la sainte Congrégation, soit des Rites, soit des Indulgences, en faveur de mes bons amis, les Trappistes de Mortagne. La note ci-jointe lui expliquera le tout. S'il pouvait emporter la chose d'assaut, et nous rapporter la concession, il me ferait un bien grand plaisir, et encore plus aux âmes du purgatoire.

Je vous envoie en outre mon cher Père, une nouvelle lettre du jeune abbé L"*, dont vous deviez vous occuper, et qui me crie du fond de la Suisse, comme M° Barbe-Bleu à sa sœur Anne : « Ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Pauvre petit frère R*** ! Espérons que l'âge, l'expérience de la vie, et par-dessus tout la grâce du bon Dieu, donneront à sa vocation l'immutabilité qui lui manque encore. Dites-le lui bien de ma part, mon très cher Père ; qu'il reste saintement avec vous ! Les agneaux se perdent au milieu des loups ; et les loups d'aujourd'hui ont les dents plus longues et plus aiguës que jamais. Toutes ses pensées, ses velléités de changement de vie ne sont que des ruses de l'ennemi.

Adieu, et s'il plaît au Sauveur, au revoir ! Je vous envoie pour la chère communauté, surtout pour le noviciat et le petit noviciat une petite lettre d'affectueux souvenir.

Je les bénis tous, ces bons frères et ces chers enfants que j'aime avec vous du fin fond de mon cœur, et au milieu desquels je voudrais pouvoir vivre et mourir.

A TOl'TP 1 A COMMUNAUTÉ.

Paris, le 27 juin 1879.

Mes bons amis et mes chers enfants,

j^T écris aujourd'hui même à notre excellent jC^Père Gréa pour lui annoncer la pénible $B>nécessité où je me trouve de remettre à l'année prochaine mon cher séjour parmi vous. Cette année je me vois obligé de demeurer dans mon coin, sicut nycticorax in domici'.io. Il est bien imprudent n'est-il pas vrai ? de parler d'année prochaine dans un temps comme le nôtre.

Où seront-nous l'année prochaine ? Ce qu'il y aurait de plus charmant sans contredit, ce serait de nous retrouver tous martyrs en Paradis ; mais ne serait-ce pas trop beau ? Et les républicains auront-ils la main assez heureuse pour nous rendre cet incomparable service ? Il faut avouer cependant que, Dieu aidant, nous avons tous quelques chances: moi, à Paris, au centre de la civilisation et du progrès, au coeur de la francmaçonnerie, il est évident que j'ai des chances d'être massacré à domicile ; vous, surtout le Père Gréa et ses grenadiers en tête, ses petits frères en queue, avez chance d'être jetés par-dessus le parapet du pont suspendu, ou bien d'y être tout simplement pendus. Préparons nous-y joyeusement,

sanctifions-nous en conséquence ; il faut faire de dignes reliques, et pour cela, devenir, sinon de grands saints, du moins de petits saints.

Mes chers enfants soyez énergiquement fidèles à la sainte, à la très sainte communion. Là est tout le secret de la sainteté de la vie de chaque jour. Sans Jésus qui vous appelle à lui chaque jour, vous ne pouvez rien; en lui, vous pouvez tout. L'Eucharistie est le pain quotidien, vivez de telle sorte que vous puissiez sans inconvénient communier tous chaque jour, aller chaque jour au Dieu de votre cœur et au cœur de votre Dieu. En lui vivez tout innocemment, dans la joie spirituelle, dans l'espérance, dans le recueillement.

Je vous envoie par la poste à tous et à chacun, un billet de chemin de fer qui vous servira beaucoup. Je les adresse au Père Gréa qui en fera la distribution ; ils sont payés d'avance ; car le voyage que je vous propose est fort long, et je ne voudrais pas lui en imposer les frais. Vous me direz si vous êtes tous décidés à vous en servir.

Je félicite de tout mon cœur notre cher petit frère Louis- .Marie d'avoir retrouvé l'ouïe ; un instant, j'ai eu véritablement peur. La sainte Vierge et saint Joseph soient bénis de ce petit miracle de miséricorde ; et que le bon frère Louis-

Marie ne se fasse jamais tirer les oreilles, quand il s'agira de marcher bravement dans les voies de la perfection.

Je salue et embrasse cordialement tous ceux d'entre vous que je ne connais pas encore, certain que je suis de les connaître parfaitement dès maintenant dans le cœur de Jésus.

Mille bénédictions spéciales à l'illustre petit frère Pierre, et aux non moins illustres Père et Frères Paul Benoît et Paul tout court, dont nous allons après demain célébrer la fête.

Je vous embrasse tous et vous bénis de tout mon vieux cœur, mes chers Pères, frères et fils, en me recommandant très-instamment à la protection de vos prières et de vos pieuses communions.

Pensez quelquefois à votre vieil ami, en regardant sa lampe, dans l'oratoire de votre monastère.

A'J R. P. DOM GRÉA.

Paris, le 10 juillet 1879.

Mon cher bon Père, >e suis heureux de pouvoir vous envoyer, [avant l'expiration de l'année scolaire, (les quatre cents francs ci-joints, qui couronnent ma petite dette d'affection et de

sainte charité. Quels beaux pauvres vous êtes ! Si l'écorce de la misère humaine rend si souvent opaque ce qui enveloppe Jésus-Christ et le dérobe à nos regards dans le prochain, chez vous, c'est tout autre chose ; et le divin prochain Jésus, Roi céleste qui est tout en tous, qui est le pauvre par excellence, que nous assistons et que nous vénérons dans les pauvres, apparaît à travers la transparence de chacun d'entre vous : de vous, en tête de tous les autres, mon cher Pèrela-Goutte, et en proportion de l'innocence et de la grâce de chacun, à travers les grands et les petits frères du monastère de l' Immaculée-Conception.

J'écrirais bien volontiers un peu plus souvent à la chère famille de Saint-Claude, suivant votre pieux désir, qui répond si fort à tout ce que Jésus a mis pour vous dans mon cœur. Si, en effet, il est bon de s'aimer, il est bon et très bon de se le témoigner. Au ciel, cela ne sera plus nécessaire ; mais en ce monde, c'est autre chose.

Adieu, mon cher et très cher Père. Ma première lettre à Saint-Claude sera pour notre bon fils, le frère Augustin que je remercie d'avance de sa bonne petite épitre.

Mille bénédictions à chacun et à tous. Tâchons de réparer par la ferveur de notre adoration et

de notre amour, les blasphèmes publics du temps présent ; et apprêtons-nous saintement à souffrir. La persécution semble approcher à grands pas. Et Mgr de Conny? Vous ne m'en dites mot. J'en conclus que vous avez eu sa bonne visite et que mes papiers sont partis pour Rome avec lui. Voilà un homme liturgique et qui ne plaisante pas avec les règles.

\U R. P. DOM GRÉA.

23 juillet 1879.

Mon cher bon Père, @$hÈie réponds à votre aimable sollicitude en vous envoyant un petit bulletin de san-

)té, dès mon installation à « Kermadio (par Àuray, Morbihan) ». Comme plus digne que tout autre, le cher Saint-Claude a droit à ma première lettre. « Epistola prima ad claudicantes. » Nous voici, l'abbé Diringer et moi dans une vraie solitude, sur le territoire de Sainte- Anne d' Auray, où l'on entend voler les mouches, excepté en cette année de fléau où il n'y a pas même de mouches, de peur qu'elles n'entendent les blasphèmes des républicains et ne deviennent enragées. S'il plaît à Dieu, nous allons vivre ici jusqu'au commencement d'octobre, sans en bou-

ger, sans voir personne, sans autre visite qu'au Saint-Sacrement, qji repose à vingt minutes de la maison que nous habitons, dans une jolie petite église bretonne toute neuve, ornée du meilleur curé du monde et d'un excellent vicaire. A quelques pas et sur le chemin de l'église repose ma bonne mère, à qui nous allons également rendre visite, en allant ou en revenant de l'église. Le vendredi il, j'ai eu, sans aucune douleur, sans aucune raison apparente, une légère attaque de paralysie à la langue. Des remèdes énergiques ont été appliqués sans délai, et le mal a pu être conjuré. Au bout de trois ou quatre jours, la parole était déjà beaucoup plus dégagée ; et c'est dans cet état pittoresque que j'ai l'honneur de me trouver aujourd'hui. On m'ordonne un repos complet de tête et de travail ; et comme nous avons tout près d'ici, dans le bras même de ce qu'on appelle la mer d'Auray, un parc aux huîtres très bien entretenu, je vais fonder là une petite succursale du monastère de Saint-Claude, n'est-ce pas? mes bons petits frères ; et pendant que vous autres, qui avez de la tête, vous ouvrirez de saintes lèvres pour chanter ensemble les belles louanges de Notre- Seigneur Jésus-Christ, moi qui n'en ai plus qu'une à moitié démolie et réduite à l'impuis-

sance, je serai là, au milieu de mes sœurs les huîtres, qui bâilleront au soleil pour laisser échapper le trop-plein de leur imagination et de leur cœur.

Le matin, j'espère pouvoir dire, comme j'ai commencé à le faire, la sainte messe dans une petite chapelle improvisée ; nous ne travaillerons que ce qu'il faut pour ne pas nous laisser attraper par l'ennui ; et nous tâcherons de beaucoup vivre au grand air, nous efforçant de vivre bien fidèlement et paisiblement au jour le jour, à l'heure l'heure, ainsi que l'ordonne le Sauveur dans son Evangile. De temps en temps, une petite lettre à mes bons vieux amis et enfants me dilatera et reposerale cœur que j'ai encore, sans me fatiguer la pauvre cervelle que je n'ai plus guère à moi.

Je remercie affectueusement et prie la sainte Vierge de bénir tous les bons enfants, de Saint- Claude qui ont bien voulu et qui voudront bien encore avoir pitié de leur « -pove.ro cieco » prier et communier pour lui, et implorer pour toutes ses misères les miséricordes de Jésus et de Marie.

Adieu, mon cher Père. Votre pauvre goutte vous tourmente-t-elle encore ? Comme vous êtes un témoin suspect quand il s'agit de vous-même, un de mes amis, le plus méchant de vos enfants, voudra bien me dire ce qu'il en est. Je vous em-

brasse de tout mon cœur et vous bénis ainsi que toute la chère communauté.

P. S. Il fait ici us temps relativement charmant, «n peu froid pour la saison. A Paris, pluie, orage, vent froid, temps républicain.

Page 1