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|4>^l^ noux et moi, nous nous unissons au
frère Baudime pour vous rappeler notre bonne
petite Société de la rue de Grenelle, dont les
deux sièges de Paris avaient un instant dispersé
les membres. Il faut lui faire retrouver son
ancienne vie. Venez donc; vous y serez toujours
reçu avec une cordiale affection. Désormais les
instructions s'y donneront souvent sous formes de
Conférences,
Les réunions ont toujours lieu le dimanche et les jours de fête, à midi. Mercredi prochain, Ier novembre, après les vêpres et le salut, nous prierons tous ensemble pour nos chers défunts.
La veille au soir, je serai à vous attendre rue de Grenelle à partir de sept heures, ainsi que le lendemain matin, avant la messe de communion, qui aura lieu, comme d'habitude, à huit heures et demie.
Venez ; revenez ! Dans des temps comme ceux que nous traversons, la religion est le seul
port de salut qui puisse abriter de ia tempête.
Vive le frère Baudime !
Paris, 10 mars 1872.
Mon cher Frère,
^onne nouvelle, presque inespérée ! Le |P. Perny, missionnaire apostolique, l'un ^J^^des otages de la Commune et auteur de la relation palpitante que vous avez lue sans doute, veut bien nous prêcher notre retraite. Outre que c'est un rude chrétien, il a des faits à raconter qui parlent plus haut et vont plus droit au cœur que tous les discours. Sur les lettres d'invitation, vous auriez la bonté de mettre: « La retraite sera dirigée, etc., et prèchée par le Père Perny, missionnaire apostolique en Chine. » Tout à vous en notre bon Seigneur.
Lettre circulaire écrite par Mgr de Ségur au nom du frère Baudime :
Paris, 22 octobre 1872.
Mon bien cher ami,
-^vÈé^/fous êtes toujours des nôtres. Monseis ;/vy?;gneur de Ségur me prie de vous le rap- ?âfôr;Pe'ei'i et de vous rappeler aussi nos bons vieux usages de la Société : à toutes les grandes fêtes, elle convoque le ban et l'arrièreban, et elle réunit joyeusement aux pieds du bon Dieu ses anciens et ses nouveaux enfants. Venez donc, mon très cher. Vous serez, comme toujours, le bienvenu, et vous le serez doublement si vous amenez avec vous quelque bon ami, quelque brave camarade.
Pour moi, je suis tout à vous, en l'amour de Notre Seigneur.
Signé : Frère Baudime-Marie , homme de lettres distingué, artiste éminent, bien que légèrement disloqué, pris par la patte, et qui, pour cette raison philosophique, ne saurait courir après vous. Du reste, brave homme au fond. Fiez-vous-v ! ! !
Kermadio, 10 septembre 1873.
ci un siècle que nous nous sommes Û quittés , mes chers amis. Aussi allons- " nous bientôt nous retrouver ensemble et reprendre de plus belle nos chères réunions du dimanche. Ces vacances n'ont pas été brillantes pour moi; j'ai été souffrant une partie du temps ; c'est évidemment le frère Baudime qui m'a jeté un sort afin de me dégoûter des voyages et m'obliger à rester toujours à mon poste, auprès de vous. Nous avons cependant fait de la grande et belle besogne à ce Congrès de Nantes, où mille Directeurs , Présidents ou protecteurs d'Œuvres ouvrières se sont trouvés réunis pendant une semaine pour s'entendre sur les moyens les plus efficaces de procurer le salut, le vrai bonheur et le bien être des apprentis, des ouvriers et des jeunes commis, par toute la France. Le bon abbé de Cabanoux vous a peut-être déjà parlé de cette touchante Assemblée nationale des vrais amis de la classe ouvrière ; à notre retour nous en causerons encore. Il y a tant de gens qui osent dire que l'Eglise oublie, dédaigne le pauvre peuple! Il est bon de faire toucher du doigt que le contraire est la vérité, que le prêtre et le religieux sont les oremiers et les meilleurs
amis du travailleur, que seuls ils l'aiment véritablement et se dévouent constamment à son bonheur, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, jusqu'à la mort. Nos bons Frères étaient dignement représentés au Congrès de Nantes : deux d'entre eux brillaient au bureau d'honneur, parmi les gros bonnets, les généraux, les amiraux, les prélats, les présidents de Congrès, etc.; un autre avait été nommé par le Congrès, secrétaire des assemblées générales. En outre, dans l'assemblée de clôture, le Congrès a voté par acclamation une supplique au Saint-Père, pour hâter la béatification du Vénérable Jean-Baptiste de la Salle, fondateur de l'Institut des Frères. Que n'étiez-vous là, frère Baudime ! le crayon sur l'oreille, l'œil brillant sous des lunettes neuves, l'air modeste et crâne, vous auriez été porté sur le pavois et proclamé dessinateur en chef de Y Union des Associations ouvrières catholiques I Ce sera pour une autre fois.
Et vous, mes braves amis, êtes-vous toujours de bons enfants, de bons chrétiens ? Si vous ne me répondez pas tous « oui », je vous coupe les oreilles dès mon retour. Je vous recommande, en attendant, à tous et à chacun, de faire bien exactement, bien religieusement vos prières de chaque jour ; ne les manquez jamais, surtout le
matin, où l'on est plus exposé à les oublier. Dans le courant de la journée pensez souvent au bon Dieu, et élevez vers lui votre cœur, surtout quand vous entendez blasphémer. Gardez-vous du respect humain, du découragement, des mauvaises habitudes, des mauvais camarades, des journaux révolutionnaires et des mauvais livres.
Je vous embrasse tous, mes chers enfants, le bon frère Baudime en tête. Gardez toujours une petite place dans votre cœur pour votre vieil ami et vieux père.
onseigneur de Ségur sera malheureusement privé aujourd'hui du bonheur ^de se trouver au milieu de ses chers entants ; pour le remplacer il envoie une petite collection d'ustensiles de mâchoires (i) espérant que le frère Baudime ne gardera pas tout pour la sienne.
io juin 1874.
étaient des gâteaux et autres friandises.
Paray-le-Monial, 23 septembre 1874. Mes biens chers enfants,
^rrS^epuis bientôt trois semaines, je cherche, % ^fsans pouvoir le trouver, le loisir de vous "yj^pgécrire. de me rappeler à votre bon souvenir et à vos prières, et de vous annoncer enfin mon retour au milieu de vous pour le jeudi 8 octobre. C'est de Paray-le-Monial, du grand sanctuaire des révélations du Sacré-Cœur, que je vous écris aujourd'hui. Ce matin, j'ai prié de mon mieux Notre-Seigneur de vous bénir, de sauver éternellement vos âmes, et de nous réunir tous un jour dans son paradis bienheureux. Nous ne sommes, en effet, sur la terre que pour aller au ciel ; et l'unique malheur véritable, parce qu'il est irréparable, c'est d'oublier cela en pratique.
Je vous ai quittés plus tôt que je ne devais, le 3 1 juillet, tout souffrant et tout brisé ; s'il plaît à Dieu, je vais vous revenir en meilleur état, quoique je sente venir tout doucement la fatigue de l'âge et les premières atteintes de la vieillesse. Vieux ou jeunes, servons et aimons Dieu, mes bons enfants. Je vous le répète, c'est l'unique nécessaire, tout le reste n'est que de labagatelle.
Je vous bénis et vous embrasse cordialement,
le cher Frère en tête, et vous souhaite d'avance le bon jour que j'espère vous donner de vive voix le dimanche 1 1 octobre.
Pax vobis !
Mon bien cher Frère,
E^W^M,e Frère directeur nous apprenant la $| vffîffî cruelle nécessité où vous êtes de re- ^ ;Z?t noncer à la direction d'une Œuvre qui était devenue la vôtre et qui a fait bénir votre nom dans tout ce quartier depuis plus de quinze ans, nous croirions tous manquer à un véritable devoir de reconnaissance et d'affection, si nous attendions un seul instant pour vous exprimer nos regrets, vous remercier une fois de plus d'un dévouement que vos infirmités rendaient bien méritoire, dans ces derniers temps surtout, et vous promettre un constant et cordial souvenir. Nous savons déjà ce qu'est et ce que sera votre vénéré successeur, le cher frère Alexandre ; mais vous pouvez être bien assuré que ses soins ne nous feront point oublier les vôtres, et que notre affection pour lui ne nuira point à celle que nous vous avonsvouée. Nous espérons vous voir à toutes nos fêtes. Priez bien pour nous, afin que le bien com-
mencé continue et aille toujours en grandissant. Veuillez, mon cher Frère, garder ces quelques lignes comme l'expression de nos sentiments à tous, et ne point passer un seul jour sans prier la sainte Vierge et saint Joseph pour vos vieux amis et vos nombreux enfants de la chère petite Société du faubourg Saint-Germain.
7 Louis-Gaston de Ségur
Chanoine Évêque de Saint-Denys, Directeur spirituel de l'Œuvre.
Ch. de Cabanoux.
Vicaire à Saint-Thomas d'Aquin, Sous-Directeur spirituel de l'Œuvre.
Ont aussi signé :
Ch. Honores ; Arthur Vichery ; Joseph Grandin;FernandSoisson; Gustave Réant; Hubert Opportun; Henri Renault; A. Roth ; AmÉdée Gaudet : Léon Renault.
Au nom des membres absents,
Le secrétaire du Conseil, E. Simon.
Bien que les lettres adressées à l'Association depuis la retraite du frère Baudime ne nous aient
pas été communiquées, Monseigneur de Ségur continua à l'évangéliser, à la diriger spirituellement et resta l'aumônier volontaire de ses membres jusqu'à la fin de sa vie.
LETTRES
ADRESSEES A MONSIEUR PHILIPPE L., SON FILS SPIRITUEL, ANCIEN SOCIETAIRE DU PATRO- NAGE DE LA RUE DE GRENELLE.
LETTRES ADRESSEES A MONSIEUR PHILIPPE L., SON- FILS SPIRITUEL, ANCIEN SOCIETAIRE DU PATRO- NAGE DE LA RUE DE GRENELLE.
21 septembre 1861.
Mon cher Philippe,
^'■iK%^& savais déjà la bonne nouvelle relative i$sll ir^à Paul ; après bien des peines, le pauvre ■i^j^Jggï garçon semble entrer dans la paix (1). M. *** n'emportera pas en paradis ce qu'il a fait dans ces derniers temps. Plus que jamais mon enfant, sois ferme et énergique ; le mauvais milieu où tu te trouves rend absolument nécessaire une grande vigilance sur tes paroles. Pose-toi franchement en honnête garçon et en chrétien décidé, et tâche de te faire aimer par ta douceur, de te faire estimer par ton travail, ta bonne tenue et ta vie irréprochable. Ris de ce dont on peut
(1) Allusion à des épreuves qui déterminèrent la vocation sacerdotale d'un jeune ouvrier, fils spirituel de Mgr de Ségur. aujourd'hui prêtre dans le diocèse de Poitiers.
rire, mais pas de lâchetés, pas de respect humain. Soigne encore plus qu'avant tes prières de chaque jour et ta communion du dimanche. A Dieu, mon bon Philippe, je t'embrasse avec une tendre affection.
Laigle, 2$ août 1862.
A mes chers fils en N.S., saint Paul, saint Alphonse, saint Edmond, les bienheureux Adolphe et Alphonse, et le vénérable Philippe, presque martyr (1).
Mes bons Enfants,
^7^;;" yant pour vous un même cœur et de plus \Wùyë;^, beaucoup à faire aujourd'hui, je vous yjt^jjk écris une seule et même lettre, et vous envoie, pour la Saint-Louis une seule et même bénédiction, qui est tout entière pour chacun. Il en est ainsi de tout ce qui vient de Dieu ; Notre-Seigneur est pour chacun de nous ce qu'il est pour tout le monde, et comme c'est lui qui m'a fait votre père et votre ami intime, il fait que je
(1) Tous, sauf le dernier, sont devenus ou prêtres ou religieux.
puis vous aimer chacun de tout mon cœur. Il faut avouer que vous me rendez ce devoir paternel bien facile et bien doux, car vous êtes tous de bons et fidèles enfants, pleins de loyauté et de courage, fermement décidés à ne jamais broncher dans le chemin du devoir, malgré les difficultés de votre âge. Mais avec de l'énergie et la grâce que Dieu nous donne en profusion par la sainte communion de l'Eucharistie, tout combat devient facile, et la vie change de face. Les chutes se réparent vite ; les faiblesses disparaissent peu à peu, et après une ou deux années d'efforts, on est tout étonné de se voir comme métamorphosé; l'homme a fait place au chrétien, les mauvaises mœurs à une admirable pureté, l'attrait des mauvais plaisirs au chaste bonheur de la piété.
Du courage donc, mes bons et chers amis. Pendant mon absence, faites comme si j'étais là, et pour rien au monde, ne négligez une seule de vos communions. La communion est le centre, et la vie est la circonférence.
Je vous embrasse tous les six, en vous bénissant du fond de mon cœur et en vous confiant à la garde de la Mère très-chaste, du Refuge des pécheurs, du Salut des faibles, de Marie immaculée.
26 août 1863.
Mon bon Philippe,
"Il Rflli0 échange de ta lettre de la Saint-Louis, §É Fulii)e t'envoie *a meilleure bénédiction de ^l^mon cœur. Comme c'est la bénédiction même du Sauveur, elle te gardera, je l'espère, dans la bonne joie et dans la paix des vrais enfants de Dieu. Combien je suis reconnaissant au cher P. Raphaël (capucin) de l'affection si consolante qu'il te témoigne ! Dis-le-lui, quoiqu'il le sache déjà, et sois pour lui, un bon fils, un bon petit Tobie. Moi je suis un vieux Tobie aveugle, absent, bien loin, et je t'ai confié au bon ange Raphaël qui empêche et empêchera le mauvais démon de te tordre le cou.
Adieu, mon bon fils. Ne t'occupe pas, ou du moins occupe toi le moins possible, de toutes les tentations ; les mépriser, n'en pas tenir compte, est le meilleur moyen de les émousser. Prie beaucoup et aime davantage la sainte Vierg-e qui est le canal de la vie. Je t'embrasse, te bénis et t'aime du fond de mon cœur, en l'amour de Jésus et de Marie et aussi du bon père saint François.
26 août 1865.
Mon bon Philippe,
jfo e réponds en ta personne à notre bon frère \h) Jules Papin, (aujourd'hui P. Pascal, cap^pucin,) qui m'a écrit comme toi pour la Saint-Louis ; remercie-le bien ainsi que Georges et ton bon père pour leur souvenir. Dis à Jules et à Georges que je ne les oublie pas devant Notre-Seigneur, non plus que leurs grandes et saintes intentions (1). Au mois d'octobre, nous tâcherons de régler quelque chose de définitif, après avoir bien pesé le pour et le contre.
En attendant, soyez tous, mes chers enfants, de très fidèles et très doux serviteurs du bon Dieu ; sans amertume ni fiel dans le cœur, sans aucune crainte que celle de pécher, sans autre prétention que de faire au jour le jour la volonté de Dieu, de bien aimer Jésus, et d'aller droit au paradis.
Adieu, cher Philippe ; je t'embrasse tendrement, à la franciscaine, et je te prie de passer ce baiser de paix à tous ceux que nous aimons en Notre-Seigneur et en saint François.
(1 ). Us pensaient à entrer chez les capucins.
2$ août 1866.
Mes bons enfants, saint Philippe, saint Alfred et saint Clovis,
e vous remercie de vos aimables souhaits t-j [M de bonne fête et vous embrasse en §§L«U||C échange sur chacune des six joues qui encadrent vos trois nez. Restez toujours de fidèles serviteurs du bon Dieu ; ne vous découragez pas dans vos petites défaillances qui ne sont que des effets nécessaires de l'infirmité humaine, et puisque vous êtes tous trois du cher Tiers- Ordre , visez à devenir de vieux séraphins à deux pattes et sans ailes. Je vous souhaite les plus douces grâces de Notre-Seigneur, et vous bénis en son nom avec un très irrand amour.
17 septembre 1S67.
Au R. P. Provincial et, à son défaut, à tous les Pères Capucins passés, présents, et futurs.
Salut et bénédiction en saint François.
grwffiL^e prie humblement le cher Père provinwpy[ |§<vincial et tons ses enfants de Versailles, ^«jJSç/'de Crest et d'Aix, sans compter Lyon et Paris, de vouloir bien recevoir à leur table et sous leur toit le plus méchant de tous les tertiaires franciscains, Philippe L***, en religion frère Louis du Saint Sacrement, et malgré tous ses méfaits, sous-maitre des novices de la Fraternité de Paris. — Si .en passant, il met le feu à quelque maison, je m'engage à payer le dégât ; et s'il tue quelque Père gardien, je m'engage à l'étrangler de mes propres mains, à son retour, sans miséricorde. En foi de quoi, j'ai signé.