Grimra, Corresp. litt., t. IX, p. 8Î
2. Telle est du moins notre opinion gur les rapporta de mademoiselle de Lespinasse avec Bernardin de Saint-Pierre, opinion foudée sur les lettres qu'on lira pages 319, 320 et 321. Aimé Martin, le biographe cl Tarai de Tauicur de Paul et Virginie, les a présentés sous un tout auUe jour, à l'occasion d'un démêlé que celui-ci avait eu avec réditeur de son Voyagea l'Ile-de-France^ et qui, sans sa modération, aurait dégénéré en voies de fait. « Le soir, dit Aimé Martin, encore tout ému de cette aventure, il la raconta chez mademoiselle de Lespinasse. L'abbé Arnaud approuva franchement sa conduite ; d'Alembert se récria sur la faiblesse de ne pas tuer un pareil coquin ; un évêque janséniste dit en souriant que M. de Saint-Pierre avait l'àme très-chré ieiine ; Coadorcet applaudit à ce bon mot, et mademoiselle de Lespinasse ajouta d'un air, moitié sérieux, moitié railleur : Voilà une vertu de Romain. » Puis, ouvrant une des huke.è de LssLons qui étaieut toujours sur sa cheminée : t Tenez, lui dit-elle d'un air iroi.liaft, vous êtes doux et bon. » Cependant l'aventure passa de bouche en bou-iV', et M. de Saint-Pierre vit avec chagrin que sa vcrti faisait beaucoup de ',ruit, et que les perfides éloges s'étaient changea ea amèrcs critiques. Chaque fois qu'il y avait un cercle nombreux, roadenioiscKe de Lespinasse le priait de faire le récit de son aventure, et quand il arrivait au dénoûmeut, elle l'interrompait en disant : Croyez >moi, ne parlons pas de cela. • Jkimé Mat lin. Mémoires sur la vie de B. de Saint-Pierre, 1826, p. 265.)